Un vent d’espoir souffle sur la recherche médicale française. Une équipe de scientifiques de l'Université d'Aix-Marseille a mis en évidence les capacités du Bemnifosbuvir (AT-527) à stopper la réplication du Sars-CoV-2 sous toutes ses formes existantes et à venir. Ce potentiel futur médicament pour traiter le Covid-19 est actuellement en essais cliniques de phase II/III.

Le Bemnifosbuvir : une molécule capable de stopper tous les variants

Cette molécule a initialement été élaborée pour traiter l'Hépatite C, une pathologie causée par un virus à ARN dit “classique” c’est-à-dire avec un génome deux à trois fois plus petit que celui du Sars-CoV-2. Mais d’après les résultats publiés dans la revue Nature Communications, le Bemnifosbuvir s’avère très efficace pour traiter le Covid-19. En effet, cet antiviral cible simultanément deux sites actifs du virus, permettant de stopper la synthèse de génomes viraux et rendant plus difficile l'acquisition de résistance virale. Et bonne nouvelle, la molécule cible plus précisément une partie du virus peu variable, ce qui signifie qu’elle serait efficace contre tous les variants existants et à venir du Sars-CoV-2.

Une molécule non toxique et non mutagène

Les avantages de cet antiviral ne s’arrêtent pas là ! Contrairement aux autres médicaments Favipiravir, Remdesivir et Molnupiravir, le Bemnifosbuvir serait dénué de toxicité. Mieux encore, sa base guanine naturelle rend ce médicament non mutagène, c’est-à-dire que contrairement aux trois autres molécules, celle-ci n’est pas capable de produire des mutations du matériel génétique des cellules vivantes. Enfin, ce médicament est administrable par voie orale, ce qui simplifie son transport, son stockage et sa prise par les malades.

Pour l’instant, la molécule a été administrée à plusieurs patients atteints de comorbidité aux États-Unis. Les premiers résultats cliniques sont encourageants puisque le Bemnifosbuvir empêcherait les formes graves du Covid-19. D'autres essais cliniques sur un plus large panel de patients auront lieu au printemps.

Covid-19 : une vaccination efficace mais pas suffisante

La vaccination contre le Covid-19 s’avère être une arme efficace pour lutter contre la pandémie actuelle. Néanmoins, elle a ses limites et la recherche de nouveaux traitements est nécessaire. Ce médicament pourrait notamment être proposé aux personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner, comme les immunodéprimés qui représentent environ 250 000 personnes en France. Ce sont par exemple les personnes qui suivent un traitement anti-cancer par chimiothérapie, les malades du VIH ou encore des patients ayant subi une greffe d’organe il y a peu de temps.
Le Bemnifosbuvir pourrait également être bénéfique chez certaines personnes vaccinées mais présentant des comorbidités (trisomie 21, diabète, obésité, hypertension, etc) et qui sont donc plus à risque que les autres de faire des formes graves de la maladie. Enfin, cet antiviral pourrait peut-être soulager les personnes atteintes d’un Covid long. Selon les données de l’OMS, un patient sur dix environ ressent toujours des symptômes douze semaines après l’infection au Sars-CoV-2.

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Sources

https://www.insb.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-bemnifosbuvir-527-stoppe-la-replication-du-sars-cov-2-en-ciblant-simultanement-deux 

https://www.nature.com/articles/s41467-022-28113-1#Sec2 

https://www.euro.who.int/fr/health-topics/health-emergencies/coronavirus-covid-19/news/news/2021/2/new-policy-brief-calls-on-decision-makers-to-support-patients-as-1-in-10-report-symptoms-of-long-covid 

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