Constipation : elle peut cacher cette maladie neurologique grave selon la neurologue

Publié par Edouard Korvaul
le 27/10/2026
IRM du cerveau
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Photo d'illustration
Dans un entretien accordé au quotidien espagnol La Vanguardia, la neurologue Alexandra Pérez Soriano rappelle que les signes avant-coureurs de la maladie de parkinson sont trop souvent négligés. C’est le cas de la constipation.
 

Pour la neurologue espagnole Alexandra Pérez Soriano, les altérations motrices visibles ne représentent que l'aboutissement tardif d'un dysfonctionnement organique silencieux. De fait, les recherches médicales confirment désormais que l'axe intestin-cerveau joue un rôle pivot dans la genèse de cette affection neurodégénérative qu’est la maladie de Parkinson. Décrypter les perturbations digestives permet aujourd'hui d'anticiper la reconnaissance des tout premiers stades de la pathologie.

La constipation chronique, un signal digestif précurseur

La maladie de Parkinson ne se cantonne pas aux tremblements de repos. La Dre Alexandra Pérez Soriano précise d'ailleurs dans un loingue interview parue début octobre 2026 dans le journal barcelonais La Vangardia qu'« une personne peut souffrir de cette maladie sans jamais présenter de tremblement ». Bien avant les gênes motrices, une constipation persistante s'installe fréquemment dix à vingt ans en amont, affectant à terme 50 % à 80 % des patients selon des études parues dans les revues Neurology et The Lancet Neurology.

Cette “dormance” explique le retard habituel de prise en charge. Comme l'observe la médecin, « quand apparaissent les premiers symptômes moteurs du Parkinson, le processus biologique s'est développé depuis des années ». À ce moment précis, 50 % à 80 % des neurones dopaminergiques de la substance noire sont déjà détruits. Le véritable signe cardinal initial reste la bradykinésie, cette lenteur des mouvements qui complique les gestes fins comme boutonner une chemise ou couper ses aliments.

Maladie de parkinson : l'axe intestin-cerveau au cœur de la dégénérescence

Les travaux parus en 2003 dans Journal of Neural Transmission ont mis en lumière la trajectoire suivie par la maladie : la protéine toxique alpha-synucléine s'agrège d'abord dans les plexus nerveux de la paroi intestinale. Elle chemine ensuite le long du nerf vague, véritable voie de communication directe reliant les viscères au tronc cérébral. Les cohortes scandinaves de patients ayant subi une section de ce nerf pour traiter un ulcère ont d'ailleurs affiché une baisse de 40 % à 50 % du risque ultérieur de Parkinson.

L'équilibre bactérien du microbiote conditionne directement cette dynamique. « On prête une grande attention à l'axe intestin-cerveau : chez les personnes atteintes de Parkinson, des altérations de la composition et de la fonction du microbiote ont été observées », souligne la spécialiste. Un microbiote sain libère des acides gras à chaîne courte, tels que le butyrate, essentiels pour freiner l'inflammation intestinale et préserver l'intégrité neurologique.

Parkinson : quels sont les autres signaux précoces de la maladie ?

Plusieurs manifestations non motrices doivent inciter à la vigilance. Le trouble du comportement en sommeil paradoxal figure parmi les plus caractéristiques : le patient extériorise violemment ses songes en parlant, criant ou assénant des coups de pied par manque d'atonie musculaire nocturne.

Une perte d'odorat graduelle survient également chez près de 90 % des malades, devançant le diagnostic clinique de cinq à dix ans. Le dysfonctionnement du système nerveux végétatif provoque des urgences mictionnelles ou des chutes de tension artérielle au lever, souvent accompagnées d'anxiété ou d'un état dépressif. Des indices physiques discrets, tels qu'une écriture miniaturisée, un visage moins expressif ou l'absence de balancement d'un bras à la marche, complètent ces signaux.

Age : comment préserver sa réserve cérébrale au quotidien ?

Le vieillissement constitue un facteur de fragilité sur lequel agissent la génétique et l'exposition aux toxiques environnementaux comme les pesticides. Pourtant, la Dre Pérez Soriano rappelle que « vieillir est inévitable, mais développer une maladie neurodégénérative ne l'est pas ».

L'exercice régulier, combinant endurance aérobie et renforcement musculaire, demeure une intervention majeure pour stimuler la plasticité cérébrale. Une alimentation méditerranéenne riche en fibres et en polyphénols nourrit la microflore protectrice, tandis qu'un sommeil de qualité favorise l'évacuation des toxines cérébrales. Cultiver des liens sociaux et maintenir des projets actifs fortifient les défenses neurologiques face au temps.

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  • La Vanguardia
  • Science et Vie
  • Savica, R., Carlin, J. M., Grossardt, B. R., Bower, J. H., Ahlskog, J. E., Maraganore, D. M., Bharucha, A. E., & Rocca, W. A. Medical records documentation of constipation preceding Parkinson disease: A case-control study. Neurology, 2009. DOI: 10.1212/WNL.0b013e3181c34af5.
  • Schrag, A., Horsfall, L., Walters, K., Noyce, A., & Petersen, I. Prediagnostic presentations of Parkinson's disease in primary care: a case-control study. The Lancet Neurology, 2015. DOI: 10.1016/S1474-4422(14)70287-X.
  • Cheng, H. C., Ulane, C. M., & Burke, R. E. Clinical progression in Parkinson disease and the neurobiology of axons. Annals of Neurology, 2010. DOI: 10.1002/ana.21995.
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  • Unger, M. M., Spiegel, J., Dillmann, K. U., Grundmann, D., Philippeit, H., Bürmann, J., Faßbender, K., Schwiertz, A., & Schäfer, K. H. Short chain fatty acids and gut microbiota differ between patients with Parkinson's disease and controls. Parkinsonism & Related Disorders, 2016. DOI: 10.1016/j.parkreldis.2016.08.019.
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