Qu'est-ce que l'apnée du sommeil ?

Le syndrome d’apnée du sommeil, appelé aussi « syndrome d’apnée-hypopnée obstructive du sommeil (SAHOS »), est un trouble de la ventilation nocturne qui entraîne par ailleurs des conséquences sur les activités quotidiennes.

Des pauses respiratoires nocturnes trop fréquentes

Le syndrome d’apnée du sommeil se caractérise par la survenue d’épisodes anormalement fréquents d’interruptions (apnées) ou de réductions (hypopnées) de la respiration durant le sommeil. Ces pauses de respiration durent de 10 à 30 secondes, voire plus, se produisent au moins 5 fois par heure de sommeil et peuvent se répéter une centaine de fois par nuit. Elles sont dues à des obstructions répétées complètes ou partielles des conduits respiratoires de l'arrière-gorge survenant au cours du sommeil. Cette réduction ou interruption de la ventilation pendant le sommeil provoque un manque en oxygène. Le cerveau réagit et la personne se réveille pour reprendre sa respiration. Ces éveils sont de courte durée : on parle de « micro-éveils » dont la personne n'a pas conscience. Des ronflements nocturnes y sont très souvent associés, mais ils peuvent cependant être absents parfois.

Les conséquences en journée des apnées du sommeil

Une somnolence diurne excessive est la conséquence la plus fréquente de ce syndrome. En effet, un sommeil très perturbé et saccadé entraîne une envie de dormir au cours de la journée, une baisse de vigilance, voire des endormissements incontrôlables. On note en ce sens une augmentation significative des risques d’accident au volant ou d’accidents du travail chez les personnes souffrant du SAHOS. Difficultés de concentration, troubles de la mémoire ou de la concentration sont également associés au syndrome d’apnée du sommeil. Le manque d’oxygène entraîné par les apnées (hypoxie) peut provoquer à long terme des troubles du rythme cardiaque et une hypertension artérielle. Le SAHOS augmente donc la mortalité et particulièrement celle de cause cardiovasculaire. « Parmi les conséquences des apnées du sommeil, on retrouve également un risque augmenté d’infarctus, d’AVC, de diabète, d’hypercholestérolémie et de dépression » précise le Docteur Madiha Ellaffi, Pneumologue.

Apnée du sommeil : une cause d'hypertension chez les enfants ?

Les apnées du sommeil de l'enfance sont-elles responsables des maladies cardiaques de l'âge adulte ? L'apnée obstructive du sommeil est courante chez les enfants et les adolescents. Elle touche en effet entre 1 et 6% d'entre eux. Selon une nouvelle déclaration de l'American Heart Association, publiée dans le Journal of the American Heart Association ce mercredi 18 août, elle pourrait être responsable d'hypertension et de problèmes cardiaques chez les enfants et adolescents. Selon la présidente du groupe de rédaction de la déclaration, le Dr Carissa M. Baker-Smith, directrice du traitement préventif pédiatrique à l'Hôpital pour enfants Nemours de Wilmington et professeure agrégée de cardiologie pédiatrique au Sidney Kimmel Medical College de l'Université Thomas Jefferson de Philadelphie (États-Unis), "les troubles du sommeil dus à l'apnée du sommeil ont le potentiel d'augmenter la pression artérielle et sont liés à la résistance à l'insuline et aux lipides anormaux, qui peuvent tous avoir un impact négatif sur la santé cardiovasculaire globale plus tard dans la vie".

Schéma de l'obstruction de la ventilation dans le Syndrome d'apnée du sommeil 

 Schéma de l'obstruction de la ventilation dans le Syndrome d'apnée du sommeil

Crédit : Habib M’henni / Wikimedia Commons — Travail personnel basé sur : http://topnews.in/health/files/sleep-apnea_0.jpg-

Les trois types d'apnée du sommeil

Syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS)

Type le plus courant, une apnée obstructive résulte d’une obstruction (fermeture partielle ou complète) des voies respiratoires. Le corps fait un effort important pour respirer, mais l’air ne passe pas. Environ 9 personnes sur dix qui font de l’apnée souffrent d’apnée obstructive. Dans la plupart des cas, l'air s'arrête de circuler en direction des poumons à cause d'un blocage dans les voies aériennes supérieures, dans le nez ou dans la gorge. Les efforts répétés pour respirer se terminent souvent par un éveil soudain accompagné d’un effort intense pour dégager l’obstruction, généralement combiné à un bruit tonitruant. Certaines personnes apnéiques ronflent si fort que le bruit produit par leurs ronflements peut dépasser les normes environnementales relatives au bruit la nuit ! Il peut être utile pour le médecin de voir la conjointe ou le conjoint du patient pour raconter le bruit produit par les ronflements ou les comportements nocturnes de la personne.

Apnée centrale du sommeil (ACS)

Au cours d’une apnée centrale, aucun effort pour respirer ne se manifeste et aucun volume d’air ne passe par les poumons : l’automatisme de la respiration est tout simplement interrompu. Souvent, les apnées centrales sont aussi accompagnées d’apnées obstructives du sommeil. Les apnées centrales « pures » sont assez rares. Des problèmes médicaux peuvent entraîner ce syndrome d’apnée centrale du sommeil, telles que l’insuffisance cardiaque, les AVC, et l’insuffisance rénale. La prise de certains traitements médicamenteux dans la prise en charge de la douleur, comme les opioïdes, peuvent aussi être incriminés.  Les personnes souffrant d'une ACS ronflent rarement et par conséquent cette pathologie peut rester non détectée.

Apnée mixte du sommeil

L'apnée mixte du sommeil est l'association des 2 mécanismes au sein d’une apnée, avec un début d’évènement central et la suite sur un mode obstructif.

Quelle est la fréquence de ce trouble de la ventilation nocturne ?

L’incidence du syndrome d’apnées du sommeil augmente de façon quasiment linéaire en fonction de l’âge chez les adultes : 7,9 % des personnes âgées de 20 à 44 ans, 19,7 % des 45-64 ans et 30,5 % des personnes de plus de 65 ans sont concernées. Néanmoins, ces chiffres sont probablement sous-estimés compte tenu du caractère asymptomatique du syndrome chez certaines personnes.

Par ailleurs, ce syndrome touche entre 2 % et 5 % des enfants avec un pic entre 2 et 6 ans, le plus souvent en raison de grosses amygdales et des végétations qui obstruent leurs voies respiratoires. « Chirurgie, orthodontie et traitement des allergies le cas échéant sont les principaux traitements dans ce cas » précise notre expert.

Quels sont les symptômes et signes de l'apnée du sommeil ?

Les signes de l’apnée du sommeil se manifestent pendant la nuit et ont un impact important sur la journée.

Les symptômes au cours de la nuit 

  • Un ronflement sévère et quotidien, source de gêne pour le conjoint.
  • Des épisodes de respiration haletante pendant le sommeil.
  • L'apparition de sueurs nocturnes est fréquente et des épisodes de somnambulisme peuvent survenir dans environ 10 % des cas.
  • Des réveils en sursaut avec sensation d'asphyxie ou d'étouffement.
  • Un sommeil très perturbé,  entrecoupé de micro-éveils à répétition.
  • Un besoin d'uriner plus d’une fois au cours de la nuit. On parle alors de nycturie.

Les conséquences des apnées et hypopnées du sommeil pendant la journée

  • Une fatigue anormale au réveil, souvent associée à des maux de tête.
  • Une somnolence diurne excessive.
  • Des difficultés de concentration.
  • Des troubles de la mémoire et de l’humeur.
  • Une certaine irritabilité, voire parfois un état dépressif.
  • Baisse du désir et dysfonction érectile.

Quelles sont les causes de l'apnée du sommeil ?

L’apnée du sommeil est provoquée par l’obstruction des voies supérieures aériennes dont les causes peuvent être multiples comme par exemple un rétrécissement du pharynx, une obstruction des voies nasales ou encore une augmentation significative des amygdales, de la langue ou de la luette. Aussi, les personnes les plus susceptibles d’avoir un syndrome d’apnée du sommeil sont celles qui ronflent de manière importante, qui présentent un surpoids (surcharge de tissus graisseux) ou des anomalies de la gorge ou du visage qui peuvent encombrer les voies respiratoires (menton rentré, grosse langue, malformation des voies respiratoires, déviation de la cloison nasale…).

Il est à noter que les somnifères et une consommation d’alcool peuvent augmenter l’affaissement des muscles et être une des causes de l’apnée du sommeil.

Les facteurs favorisant l'apnée du sommeil

L’apnée du sommeil peut être favorisée par différents facteurs limitant le bon fonctionnement des voies aériennes supérieures. Ainsi, on peut citer :

  • Une composante anatomique : une petite mâchoire, point d’ancrage du système pharyngé, réduit l’espace rétro-lingual (derrière la langue) et le passage de l’air.
  • L’obstruction nasale. Les personnes ayant souvent le nez bouché, par exemple en raison d’allergies, sont plus sujettes aux apnées du sommeil.
  • La prise de certains médicaments, comme les somnifères, les relaxants musculaires ou les anxiolytiques.
  • L’hérédité : bien qu’aucun gène associé à ce syndrome n’ait été identifié à ce jour, le fait d’avoir un père ou une mère atteint du syndrome d’apnée du sommeil accroît le risque pour soi-même.
  • Le tabagisme et la consommation d’alcool.
  • L’hypothyroïdie.

Quelles sont les personnes à risque ?

  • Les personnes âgées. En effet, l’âge constitue le principal facteur de risque d’apnées du sommeil. Le vieillissement est en effet associé à une perte de souplesse des voies aériennes respiratoires, probablement en raison de l’affaiblissement neuromusculaire, conduisant à une plus grande facilité "d’effondrement" du pharynx. On estime que 30 % des plus de 65 ans sont concernés.
  • Les personnes en surpoids. Le surpoids, et plus particulièrement l’obésité, est un second facteur de risque important. L’apparition de dépôts graisseux le long du pharynx entraîne un rétrécissement des voies aériennes et une diminution du volume du conduit respiratoire.
  • Les hommes seraient deux fois plus exposés que les femmes.
  • D’après la littérature médicale, les Afro-Américains et les Asiatiques ont un risque plus élevé d’apnée du sommeil. 

Durée de la pathologie

Quelle est la durée de l'apnée du sommeil ?

Réponse du Docteur Madiha Ellaffi , Pneumologue :

« La durée de l’évènement pathologique durant le sommeil est de 2 cycles respiratoires. Il a été standardisé pour aider à l’interprétation des examens à 10 secondes minimum chez l’adulte et 5 secondes chez l’enfant , c’est la durée minimale pour qu’une apnée ou hypopnée soit considérée comme pathologique ».

S’agit-il d’une pathologie chronique ou peut-on en guérir durablement ?

Réponse du Docteur Madiha Ellaffi, Pneumologue :

« Il est possible de guérir de l’apnée du sommeil à l’âge adulte lorsqu’une chirurgie et/ou une perte de poids significative permettent de libérer les voies aériennes. C’est d’autant plus vrai que le patient est jeune, ou que la perte de poids est importante. La prise en charge est évolutive et personnalisée, à adapter à chaque patient ».

Qui, Quand consulter ?

Si vous pensez souffrir d’apnée du sommeil, consultez votre médecin traitant. Il vous adressera vers un spécialiste avec compétence en pathologies du sommeil (Pneumologue, ORL, Neurologue, Somnologue…).

Diagnostic et test de l'apnée du sommeil : questionnaire Epworth et examens

Le diagnostic de l'apnée du sommeil se fait en deux temps. Lors d’une première consultation médicale, si le syndrome d’apnée du sommeil est suspecté à la suite des dires du patient, le médecin dispose d’échelles d’appréciation afin de poser son diagnostic. La principale d’entre elles est l’échelle d’Epworth .

Échelle de somnolence d'Epworth 

La somnolence est la propension plus ou moins irrésistible à s’endormir. L’échelle de somnolence d’Epworth se traduit par un questionnaire dont l’objectif est de déterminer la possibilité que vous vous assoupissiez ou que vous vous endormiez dans les conditions suivantes :

  • Assis en lisant.
  • En regardant la télévision.
  • Assis inactif dans un lieu public (par exemple au théâtre ou lors d’une réunion)
  • Comme passager d'une voiture roulant depuis 1 heure sans arrêt.
  • En s’allongeant l’après-midi pour une sieste, lorsque les circonstances le permettent.
  • Assis en discutant avec un proche.
  • Assis tranquillement après un repas sans alcool.
  • Au volant d'une voiture immobilisée depuis quelques minutes dans un embouteillage.

Pour répondre, il est recommandé d’utiliser le chiffre le plus approprié pour chaque situation. 0 : pas de risque de s'assoupir ; 1 : petite chance de s'assoupir ; 2 : possibilité moyenne de s'assoupir ; 3 : grande chance de s'assoupir.

Un électrocardiogramme sur 24 h peut également être effectué pour dépister d’éventuels troubles du rythme cardiaque, ainsi qu’un examen ORL pour rechercher des anomalies anatomiques qui pourraient être à l’origine de l’obstruction des voies aériennes supérieures (cloison nasale déviée, grosses amygdales, grosse langue…). 

Dans un second temps, le praticien prescrira un bilan du sommeil qui est généralement pratiqué en unité spécialisée où l’on réalise diverses mesures objectives. « Cela étant dit, ces enregistrements sont de plus en plus souvent effectués à domicile » ajoute le Docteur Ellaffi. Les enregistrements du sommeil peuvent être réalisés selon deux techniques différentes :

Examen polysomnographique

Après l’étude des symptômes, le médecin confirme le syndrome d’apnée du sommeil par un enregistrement de la respiration et de l’activité cérébrale au cours d’une polysomnographie. L’examen se passe la nuit en général dans un laboratoire du sommeil. Des électrodes sont posées sur la tête, le visage, la poitrine et les jambes du patient pour étudier notamment :

  • L’activité cérébrale (par électro-encéphalogramme),
  • L’activité musculaire (électromyogramme),
  • Les mouvements oculaires (électro-oculogramme).

Simultanément, les rythmes cardiaque et respiratoire, ainsi que les mouvements des jambes, sont enregistrés afin de caractériser certains troubles ou certaines pathologies nocturnes.

Ces données vont permettre de suivre et d'identifier les différentes phases du sommeil et sa qualité : micro-réveils, sommeil perturbé et fragmenté, présence de pauses respiratoires, mouvements périodiques des membres inférieurs... La polysomnographie permet de confirmer le diagnostic d'apnées du sommeil et d'en évaluer la gravité en déterminant les stades du sommeil ainsi que le nombre, la durée et la gravité des apnées et hypopnées.

L'importance du syndrome d'apnées du sommeil se mesure au nombre d'apnées/hypopnées par heure de sommeil (IAH ou indice d'apnées/hypopnées).

  • Entre 5 et 15, l'apnée du sommeil est légère.
  • Entre 16 et 30, l'apnée du sommeil est modérée.
  • Si l'indice d'apnées/hypopnées (IAH) est supérieur à 30, l'apnée du sommeil est sévère.

Polysomnographie d'un patient atteint d'AOS :

 Polysomnographie d'un patient atteint d'AOS :

Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Examen polygraphique ventilatoire

Cet examen permet d’enregistrer l'électrocardiogramme, les mouvements respiratoires et le débit d'air entrant et sortant par les narines. Il nécessite un enregistrement qui dure au moins 6 heures, et s’effectue généralement au domicile du patient.

Complications et évolution 

Il est important de reconnaître et de traiter précocement les apnées du sommeil car elles peuvent entraîner des troubles du rythme cardiaque, une hypertension artérielle, une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral ou encore causer une insuffisance respiratoire. La somnolence diurne a des répercussions également non négligeables au quotidien. Elle diminue les capacités intellectuelles et peut provoquer des accidents du travail ou de la route. Enfin, chez l’enfant, la maladie peut se manifester par une hyperactivité la journée et une respiration difficile la nuit. Elle peut être responsable de difficultés scolaires et d’un retard de croissance dans les cas les plus sévères.

En raison de possibles complications à long terme (cardiovasculaire et pulmonaire), il est important de dépister l’apnée du sommeil et de la traiter à temps.

Traitement par orthèse d'avancée mandibulaire ou gouttières anti-ronflements

Les propulseurs mandibulaires (ou orthèses ) ont pour fonction de pousser la mâchoire inférieure en avant et d’empêcher ainsi la langue de se replier et de bloquer la voie aérienne. Ces appareils augmentent l'espace compris entre la base de la langue et le pharynx.

Pour assurer son bon maintien, l'orthèse doit être réalisée sur mesure et ajustée ou thermoformée adaptée directement sur les arcades dentaires. Elle doit être portée toutes les nuits.

Ces appareils conviennent surtout pour les apnées du sommeil de moyenne gravité (indice apnées-hypopnées ou IAH compris entre 15 et 30) en l'absence de maladie cardiovasculaire. Ils peuvent aussi être utilisés en cas d'apnée du sommeil sévère, après échec ou intolérance d'un traitement par pression positive continue.

En cas d'échec du traitement par orthèse, un traitement par pression positive continue peut être proposé.

Photo illustrant une orthèse d'avancée mandibulaire pour traiter l'apnée du sommeil :

Photo illustrant une orthèse d'avancée mandibulaire pour traiter l'apnée du sommeil :

Crédit : DMY — Travail personnel - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Traitement par ventilation nocturne : appareils et masques respiratoires PPC (Pression Positive Continue)

Le traitement le plus efficace, après le traitement des causes des apnées, est celui de la pression positive continue (PPC). Une assistance respiratoire va pousser de l’air sous pression pour lui permettre de dépasser l’obstruction et d’arriver plus facilement jusqu’aux poumons. On propose donc au patient de respirer la nuit pendant le sommeil à travers un masque maintenu en place sur le nez grâce à un harnais et relié à un petit compresseur qui envoie un débit d’air continu avec une certaine pression. En général bien tolérée, elle est cependant palliative car les apnées réapparaissent si elle est interrompue.

Apnée du sommeil : le traitement par PPC pourrait vous éviter Alzheimer

Une étude menée par des chercheurs de l’université du Michigan, aux États-Unis, vient de démontrer que traiter vos apnées du sommeil pourrait vous éviter d'avoir la maladie d'Alzheimer ou d’une autre forme de démence. Cette étude avait pour but d'observer les liens entre le traitement par pression positive continue (PPC).

Les chercheurs ont ainsi mené leurs recherchers sur plus de 53 000 patients âgés de plus de 65 ans et victimes d’apnée obstructive du sommeil. Une partie des participants à l'étude étaient traités par pression positive continue pour soigner leurs apnées obstructives du sommeil. Ils ont ainsi découvert que ces personnes sous PPC avaient moins de risque d'être diagnostiqués d'une démence ou de la maladie d'Alzheimer que les autres souffrant également d'apnées du sommeil, mais non traités.

"Nous avons constaté un lien significatif entre l’utilisation de la pression positive continue et la réduction du risque d’Alzheimer et d’autres types de démence sur trois ans, ce qui suggère que la PPC pourrait protéger les personnes atteintes de SAOS du risque de démence", conclut Galit Levi Dunietz, autrice principale de cette étude, au Michigan Health Lab. Une étude supplémentaire qui souligne l'impact du sommeil sur la fonction cognitive.

Image : le traitement par CPAP, avec un masque de ventilation nasal ou bucconasal, permet à la fois de réduire le ronflement et l'apnée du sommeil

Image : le traitement par CPAP, avec un masque de ventilation nasal ou bucconasal, permet à la fois de réduire le ronflement et l'apnée du sommeil

Crédit : PruebasBMA — Travail personnel - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Traitement chirurgical de l’apnée du sommeil

Le traitement chirurgical n'est indiqué qu'en cas d'échec des autres traitements de l’a pnée du sommeil et il est notamment réservé à des cas particuliers, liés à des anomalies anatomiques de la sphère ORL ou maxillo-faciale.

2 classes de médicaments, la réboxétine et le butylbromure, pourraient lutter contre l'apnée du sommeil

Une nouvelle étude publiée dans The Journal of Physiology le 26 juin 2021 a identifier deux médicaments susceptibles de réduire la gravité de l'apnée du sommeil chez les patients d'au moins 30 %. A ce jour, il n'existe aucun traitement médicamenteux capable de venir à bout de ce fléau.

Or, dernièrement, le Pr Danny Eckert, chercheur principal à NeuRA et professeur et directeur de l'Adelaide Institute for Sleep Health à l'Université Flinders, a voulu tester l'efficacité de deux médicaments existants contre l'apnée du sommeil.

Alors que des recherches antérieures ont montré que deux classes de médicaments, la réboxétine et le butylbromure, étaient capables de maintenir les muscles actifs pendant le sommeil en favorisant la respiration, les chercheurs les ont ciblés pour traiter l'apnée du sommeil.

Ces médicaments impliqueraient l'équilibrage de l'activité électrique des muscles autour des voies respiratoires, la prévention de l'effondrement de la gorge pendant le sommeil et l'amélioration de la régulation du dioxyde de carbone et de la respiration. Les résultats de l'étude ont montré que ces médicaments augmentaient en fait l'activité musculaire autour des voies respiratoires des participants. Les médicaments semblent réduire la gravité de l'apnée du sommeil des participants jusqu'à un tiers.

Prévention de l'apnée du sommeil 

Quelques conseils peuvent améliorer le syndrome d’apnée du sommeil, mais pas totalement le guérir, notamment s’il est provoqué par une anomalie de la gorge ou du visage. Pour les personnes obèses ou en surpoids, un régime bien mené peut améliorer grandement le sommeil. Les médecins demandent également l’arrêt du tabac, de l’alcool, surtout après le repas du soir, et la prise de somnifères, qui accentuent la fermeture des voies aériennes. Enfin, la position couchée sur le côté est préférable à celle sur le dos qui favorise le ronflement.

Apnée du sommeil : pourquoi faire du sport est un bon traitement

Faîtes de l'exercice pourrait bien sauver vos nuits. Selon une récente étude réalisée par l'American Heart Association et publiée dans la revue Circulationl'entraînement physique pourrait être un traitement complémentaire utile pour les personnes souffrant d'apnée obstructive du sommeil modérée à sévère. "L'exercice physique semble être un traitement non pharmacologique attrayant et complémentaire", a en effet, déclaré la chercheuse principale de l'étude Linda Massako Ueno-Pardi, professeure agrégée à l'École des arts, des sciences et des sciences humaines de l'Université de São Paulo au Brésil et collaboratrice de l'Institut américain de cardiologie.

Résultat, au bout de six mois, les personnes ayant réalisé de l'exercice ont montré une amélioration de la capacité du cerveau à utiliser le glucose, une réduction des symptômes d'apnée du sommeil et une amélioration de la fonction cognitive, y compris une amélioration de 32% de l'attention et de la fonction exécutive.

"Nos traitements actuels impliquent en grande partie de pousser l'air dans les voies respiratoires des gens, ce qui est formidable, et cela fonctionne. Mais c'est une sorte d'instrument contondant. L'entraînement physique est une option qui pourrait être bénéfique et peut-être même curative. Ceci est particulièrement important avec une maladie où notre traitement de référence n'est pas curatif", assure Michael Grandner, directeur du programme de recherche sur le sommeil et la santé, et professeur agrégé de psychiatrie au Collège de médecine de l'Université d'Arizona à Tucson. 

Sites d'informations et associations

JAD'AIR - Association des Insuffisants Respiratoires

SOS Ronflement

Société française de Recherche et Médecine du sommeil (SFRMS)

 

Sources

Entretien avec le Docteur Madiha Ellaffi, Penumologue

Apnée obstructive du sommeil - Le Manuel MSD

Apnée centrale du sommeil - Le Manuel MSD

Apnée du sommeil - Vidal

Treating Sleep Apnea May Reduce Dementia Risk, Michigan Health Lab, 8 avril 2021. 

Obstructive Sleep Apnea Treatment and Dementia Risk in Older Adults, Sleep, 26 mars 2021.

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