L'apnée du sommeil appelé aussi "syndrome d’apnée-hypopnée obstructive du sommeil (SAHOS)", est un trouble de la ventilation nocturne impliquant des interruptions répétées et incontrôlées de la respiration pendant le sommeil. Ce syndrome entraîne des micro-réveils fréquents dont le patient n'a pas conscience, pendant la nuit. "Il en résulte des somnolences diurnes, des difficultés de concentration ou de mémoire. Il en résulte aussi des complications cardiovasculaires, sources de surmortalité", déplore l'Inserm.

Aujourd'hui, au moins 30 % des personnes de plus de 60 ans sont concernées en France. Néanmoins, ces chiffres sont probablement sous-estimés compte tenu du caractère asymptomatique du syndrome chez certaines personnes. Ce phénomène est dû au relâchement des muscles des parois du pharynx.

Les causes peuvent être multiples : un rétrécissement du pharynx, une obstruction des voies nasales ou encore une augmentation significative des amygdales, de la langue ou de la luette. Aussi, les personnes les plus à risque sont celles qui ronflent de manière importante, qui présentent un surpoids ou des anomalies de la gorge ou du visage. Le tabagisme et l'alcool font aussi partie des facteurs de risque.

A travers une récente étude publiée dans l' European Respiratory Journal, des scientifiques ont établi que plus vous passez d'heures devant la télévision, plus vous augmentez vos risques d'apnée du sommeil.

Apnée du sommeil : écrans et sédentarité vous mettent en danger

Il s'agit d'une des premières études à évaluer simultanément l'activité physique et le comportement sédentaire en relation avec le risque d'apnée du sommeil.

L professeur Tianyi Huang (professeur adjoint et épidémiologiste au Brigham and Women's Hospital et à la Harvard Medical School,USA) et ses collègues ont analysé les données de santé de plus de 138 000 personnes américaines. Au début de l'étude, ces dernières n'étaient pas concernées par l'apnée du sommeil. À la fin de la période de suivi (qui a duré plus de 10 ans), 8 733 participants ont présenté un diagnostic d'apnée du sommeil.

Premier constat : les personnes les plus actives physiquement étaient les moins susceptibles de développer une apnée du sommeil. Le risque était 54 % inférieur, comparé à ceux qui étaient sédentaires.

Pourquoi la télévision peut-elle être propice aux apnées du sommeil ?

En outre, il s'est trouvé aussi que les personnes qui passaient plus de quatre heures par jour à regarder la télévision avaient un risque d'apnée du sommeil 78% plus élevé que les autres. Cette observation est loin d'être surprenante puisque nous savons à quel point les écrans sont propices à la sédentarité.

"Nous avons constaté une relation claire entre les niveaux d'activité physique, les comportements sédentaires et le risque d'apnée du sommeil, établi le Pr Huang. Les personnes qui ont suivi les directives de l'Organisation mondiale de la santé en matière d'activité physique, consistant à faire au moins 150 minutes d'activité modérée par semaine, et qui passaient moins de quatre heures par jour à regarder la télévision, présentaient un risque considérablement plus faible".

Le risque d'apnée du sommeil en fonction du temps passé devant la télévision pourrait s'expliquer par d'autres comportements liés aux écrans. En effet, les personnes qui ont tendance à passer plus de temps devant la télévision auraient l'habitude de grignoter et de consommer davantage de boissons sucrées, ce qui est propice à la prise de poids. Or, on sait que le surpoids est facteur de risque d'apnée du sommeil.

Sources

Physical activity, sedentary behavior, and incidence of obstructive sleep apnea in three prospective US cohorts, European Respiratory Journal, juillet 2021

Apnée du sommeil, Inserm

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