Parkinson : “Les tremblements ne sont pas le signe le plus fréquent de la maladie, l’ignorer retarde le diagnostic”

Publié par S. Coucke-Haddad
le 11/04/2026
Maladie de Parkinson
Istock
À l'occasion de la Journée mondiale de la maladie de Parkinson, une enquête inédite menée par France Parkinson révèle que le 1er symptôme de la maladie est ignoré par 70 % des Français. Car contrairement à ce que l’on pense souvent à tort, les tremblements ne sont pas le signe le plus courant de cette maladie. Le hic ? Cela retarde considérablement la prise en charge des patients.

270 000 personnes sont actuellement touchées par la maladie de Parkinson en France, soit un adulte sur 250 personnes. Une maladie beaucoup plus courante qu’on l’imagine : la moitié des personnes interrogées lors de la grande enquête menée par l'association France Parkinson et révélée lors d'une conférence de presse le 31 mars 2026 pense qu’il y a dix fois moins de malades. Pire, pour près de 30 % des Français, la maladie de Parkinson concerne 100 fois moins de patients que dans la réalité. Des chiffres loin du compte, et qui pourtant sont en augmentation constante.

Avec le vieillissement de la population mais aussi les impacts environnementaux (15 pesticides ont été identifiés par la Fondation pour la recherche Médicale comme des causes probables), une étude publiée dans le British Medical Journal prévoit un triplement des cas d'ici 2050. Une publication de The Lancet Neurology souligne qu'il s'agit de la pathologie neurologique à la croissance la plus rapide au monde, affichant une hausse de 274 % de sa prévalence mondiale entre 1990 et 2021.

Pourtant, malgré cette augmentation et les campagnes d’information, cette maladie reste mal appréhendée. Ce qui explique sans doute une errance médicale certaine. Il s'écoule en moyenne dix ans entre les premières manifestations physiologiques et le diagnostic officiel, souvent posé autour de 55 ans pour les formes précoces.

40 % des Français confondent Parkinson avec Alzheimer

L’enquête réalisée par l'institut Viavoice pour l'association France Parkinson surprend avec un autre constat : 40 % des Français assimilent à tort la maladie de Parkinson à une forme de démence ou de perte de mémoire de type Alzheimer. Parkinson est en réalité d'une affection neurodégénérative causée par la disparition des neurones à dopamine, et non d'une maladie prioritairement cognitive. Autre erreur courante : résumer Parkinson aux tremblements.

Identifier des symptômes largement ignorés

Or, ce symptôme - même s’il est souvent révélateur - est totalement absent chez environ 30 % des patients au moment du diagnostic d'après les données de Santé publique France. Résultat de cette confusion : moins d'un Français sur deux identifie correctement les symptômes de la maladie, qui incluent prioritairement la lenteur des mouvements (akinésie) et la rigidité musculaire (hypertonie). D'autres signes étonnants peuvent alerter plus tôt, comme une écriture qui rétrécit progressivement, des troubles du sommeil, une fatigue chronique, de l'anxiété, des troubles de la déglutition ou de la voix, de l'essoufflement ou de l’hyperémotivité. Des symptômes en outre très invalidants au quotidien.

Une campagne nationale pour changer le regard, déployée jusqu’à la fin mai

Afin de briser les tabous, l'écrivaine Leïla Slimani, prix Goncourt 2016, s'engage comme porte-parole pour porter la voix des malades et rappeler l'absence de guérison définitive à ce jour. Une large campagne de sensibilisation est déployée du 11 avril à la fin du mois de mai, et sera largement diffusée à la télévision, à la radio, dans la presse, sur les supports d’affichage ainsi que sur les réseaux sociaux. Enfin, une vaste mobilisation territoriale prévoit l'organisation de plus de 60 événements à travers la France pour informer efficacement les aidants et les professionnels de santé.

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  • Conférence de presse France Parkinson du 31 mars 2026
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