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Une tumeur du cerveau est une masse plus ou moins volumineuse due à une multiplication anormale de cellules.

Pour des raisons encore inconnues, il arrive que certaines cellules se modifient et continuent à se multiplier au lieu de disparaître naturellement. Elles se multiplient alors jusqu’à former une tumeur.

Les différentes sortes de tumeur

Il en existe un très grand nombre. Selon leur localisation, leur volume et leur agressivité, c’est-à-dire la vitesse à laquelle elles se développent, ces tumeurs n’entraînent pas les mêmes symptômes et n’ont pas la même gravité.

L’apparition de symptômes peut être soudaine ou très progressive, selon la rapidité à laquelle la tumeur se développe. Certaines tumeurs ne provoquent aucun symptôme, ce qui signifie généralement qu’elles se développent lentement.

D'autres, exercent rapidement une pression sur les formations cérébrales voisines, altérant leur fonctionnement.

Certains symptômes de tumeur cérébrale peuvent être retrouvés également en cas d'accident vasculaire cérébral, d'abcès cérébral, d'hématome intracérébral ou encore dans certaines malformations artérioveineuses, risquant alors d'égarer le diagnostic.

Pour apprendre à les identifier, il est essentiel de connaître les trois types de tumeurs. Tout d'abord, celles malignes :

  • Gliomes ou astrocytomes : ces tumeurs apparaissent surtout après 50 ans. Il existe 4 grades de gravité. Le glioblastome (grade IV) est une tumeur au pronostic très sombre ;
  • Médulloblastomes malins (surtout chez l'enfant) ;
  • Paragliomes (épendymome, kystes colloïdes, papillomes des plexus choroïdes, pinéalomes) ;
  • Hémangioblastome cérébelleux bénin ;
  • Métastastes cérébrales (bronches surtout mais aussi sein, rein, mélanome, rectum, estomac, thyroïde, organes génitaux). Ce sont les plus fréquentes des tumeurs cérébrales malignes de l'adulte.

Puis, viennent celles bénignes et curables par la neurochirurgie :

  • Méningiomes ;
  • Neurimone de l'acoustique ;
  • Adénome de l'hypophyse ;
  • Craniopharyngiome. Il se développe à partir des vestiges du tractus pharyngo-hypophysaire. Chez l'enfant, il provoque des signes d'hypertension intracrânienne, ou un retard staturopondéral. Chez l'adulte il provoque des troubles visuels et des signes de déficit endocrinien. Des calcifications sont parfois visibles sur les radios du crâne.

Enfin, il existe les tumeurs intermédiaires dites "atypiques" ou "évolutives" :

  • Bénignes au début, elles peuvent se transformer en cancer dans un laps de temps variable.

Comment diagnostique-t-on une tumeur ?

Le médecin traitant joue un rôle important dans le diagnostic, car c’est souvent lui qui est consulté en premier.

En cas de suspicion de tumeur, l’intervention de plusieurs médecins spécialistes est ensuite indispensable : neurologue, neurochirurgien, neuro-oncologue, radiologue, anatomopathologiste (appelé aussi pathologiste)…

Le diagnostic d’une tumeur du cerveau se fait en plusieurs étapes :

  • un examen clinique et neurologique complet ;
  • des examens d’imagerie ;
  • un examen anatomopathologique, qui consiste à analyser un échantillon de tumeur.

Quelles sont les causes d'une tumeur au cerveau ?

Les causes des tumeurs du cerveau sont mal connues. On ne sait pas pourquoi, à un moment donné, les cellules se multiplient de manière incontrôlée jusqu’à former une tumeur.

Toutefois, deux facteurs de risque reviennent réguliérement dans les études scientifiques : l'environnement (en raison des substances chimiques cancérigènes que l'on respire) et l'hérédité (selon l'Institut National du cancer, un risque héréditaire existe pour deux types de tumeurs du cerveau : le neurinome et le neurofibrome).

À noter : les tumeurs du cerveau ne doivent pas être confondues avec les métastases au cerveau. Les tumeurs du cerveau naissent directement à l’intérieur du crâne. On parle de tumeur "primitive" ou "primaire". Les métastases au cerveau, quant à elles, sont des tumeurs dites "secondaires", qui se développent à partir d’un cancer situé dans une autre partie du corps.

Des maux de tête intenses

Des maux de tête intenses

"Lorsqu’une tumeur se développe dans le cerveau, de l’eau ou un œdème peuvent se former autour. Le crâne étant une boîte rigide, cela peut comprimer le cerveau et causer de maux de tête" explique le Dr Julien Geffrelot, cancérologue.

Quels sont les symptômes d’alerte ? "En général les douleurs sont intenses, elles apparaissent le matin lorsqu’on est allongé, la pression du corps est encore plus élevée. Elles sont souvent suivies de nausées et de vomissements" indique le spécialiste.

Il est important de souligner que ces maux de tête sont provoqués par une augmentation de la pression à l’intérieur du crâne, appelée hypertension intracrânienne (abrégé en HIC ou HTIC).

Cette hypertension a trois causes possibles. Elle peut être due :

  • à un gonflement du cerveau tout autour de la tumeur, appelé œdème cérébral ;
  • à une compression du cerveau par la tumeur. En augmentant de volume, la tumeur appuie sur le cerveau, provoquant ce que les médecins appellent un effet de masse ;
  • à une mauvaise circulation du liquide céphalo-rachidien.

Une vision trouble

Une vision trouble

Les lobes occipitaux sont les parties du cerveau qui contrôlent la vision. Situés à l’arrière, ils permettent de s’orienter et de distinguer les contours des images. Si la tumeur se trouve dans l’un de ces lobes, elle peut entraîner des troubles de la vue.

Quels sont les symptômes d’alerte ? Lorsque le nerf optique est affecté, le patient peut être atteint de vision trouble conduisant à la cécité, ou encore voir en double.

"C’est une installation progressive, les symptômes vont empirer et la vue ne se rétablira pas à la différence d’un AVC" souligne le Dr Geffrelot. L’apparition de ces symptômes doit faire l’objet d’une consultation médicale.

Un changement de personnalité

Un changement de personnalité

Lorsqu’une tumeur se développe à l’intérieur du crâne, elle risque d’abîmer le cerveau ou de gêner son fonctionnement. Selon la zone où elle se développe, elle provoque des symptômes très différents.

Ainsi, la présence d’une tumeur au niveau du lobe frontal (zone reliée à tout ce qui touche la personnalité, ndlr) peut pousser une personne à avoir un comportement totalement incohérent, voire des troubles de la mémoire.

Quels sont les symptômes d’alerte ? "Certaines personnes peuvent changer de personnalité et devenir agressives. D’autres vont perdre toute notion d’interdit, tout ce qui est moral n’intervient plus dans nos actes. On a déjà vu des patients uriner dans le couloir de l’hôpital, par exemple" raconte le Dr Geffrelot.

Des difficultés à parler ou à s’orienter

Des difficultés à parler ou à s’orienter

La compréhension, la parole ou même le sens de l’orientation sont contrôlés par une partie du cerveau appelée "lobes pariétaux". Si la tumeur se situe dans cette région, elle peut empêcher l’assimilation d’informations transmises par nos sens.

Quels sont les symptômes d’alerte ? "Le patient peut avoir des difficultés à parler, à retrouver son chemin mais surtout à comprendre (un texte…)", énumère le Dr Geffrelot. Si vous observez ces symptômes, parlez-en à votre médecin traitant.

Sachez que de manière générale, une tumeur située du côté droit du cerveau cause des troubles dans le côté gauche du corps, et inversement. Une tumeur dans le lobe pariétal droit par exemple, peut provoquer des sensations d’engourdissement dans le côté gauche du corps.

Tous ces symptômes ne sont pas forcément synonymes de tumeur du cerveau. C’est leur durée et leur persistance qui doivent alerter et faire consulter son médecin.

La disparition des règles

La disparition des règles

Thyroïde, testicules, ovaires... L’hypophyse située dans notre cerveau régule les glandes hormonales de notre organisme. Lorsqu’une tumeur est située dans cette région, elle peut la comprimer et diminuer le taux de sécrétion hormonale.

Quels sont les symptômes d’alerte ? La glande sécrètera moins d’hormones. "Les symptômes évoluent avec la maladie. Chez les femmes par exemple, on peut constater une diminution voire une disparition des règles", explique le Dr Geffrelot. Si vous observez ces symptômes, parlez-en à votre médecin traitant.

N'oubliez pas cependant que ces symptômes ne sont pas "spécifiques" des tumeurs cérébrales. Ils peuvent avoir d’autres causes. C’est leur caractère persistant ou inhabituel qui doit amener à consulter son médecin.

Des problèmes de motricité

Des problèmes de motricité

Nos mouvements sont contrôlés par la partie de notre cerveau que l’on appelle le cervelet. Il reçoit les messages de nos sens. La présence d’une tumeur peut ici rendre difficile l’assimilation de ces messages et causer des problèmes de motricité.

Quels sont les symptômes d’alerte ? "La personne a du mal à coordonner ses gestes, elle peut avoir l’air très maladroit, un peu comme quelqu’un qui aurait trop bu" donne pour exemple le Dr Geffrelot.

Tous ces signes doivent vous conduire à consulter un neurochirurgien et à faire des examens complémentaires.

Des crises d’épilepsie

Des crises d’épilepsieaur

Notre cerveau est constitué de neurones qui communiquent entre eux comme une sorte de courant électrique. Si une tumeur se forme dans le cerveau, elle perturbe leur fonctionnement et cause une sorte de court-circuit. Une crise d’épilepsie peut alors se déclencher.

Quels sont les symptômes d’alerte ? "Ce sont des crises partielles c'est-à-dire qu’un seul membre sera touché puisque la tumeur ne touche qu’une partie du cerveau" précise le Dr Geffrelot. Ces crises durent généralement 1 à 2 minutes et peuvent être impressionnantes pour l’entourage. Elles doivent toujours être suivies médicalement.

Il existe différents types de crises d’épilepsie. Lorsqu’elles touchent l’ensemble du cerveau, on parle de crises généralisées. Lorsqu’elles touchent seulement une partie du cerveau, ce sont des crises partielles appelées aussi crises focales.

Selon les cas, les symptômes varient et peuvent s'avérer impressionants pour les proches :

  • pertes de conscience s’accompagnant de chute, de perte d’urine, de morsure de la langue ou de convulsions ;
  • mouvements soudains et involontaires des bras et des jambes ;
  • raideur des muscles ;
  • sensations étranges ou inhabituelles, comme des impressions de déjà vu ou une odeur désagréable que le patient est le seul à sentir ;
  • sentiment soudain de peur ;
  • absences (la personne cesse quelques instants son activité, puis la reprend comme si de rien n’était).

Ces crises d’épilepsie entraînent parfois une perte de mémoire immédiate : le malade n’a aucun souvenir d’avoir fait une crise. Il peut même avoir du mal à croire ses proches qui lui décrivent la crise.

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Sources

Remerciements au Dr Julien Geffrelot, oncologue et radiothérapeute au Centre François Baclesse à Caen.

http://www.ligue-cancer.net/

Tumeurs du cerveau : points clés, Institut national du cancer, Juin 2010. 

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