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Environ 400 personnes par jour en France décèdent d’une maladie cardio-vasculaire. "Plus de la moitié sont des femmes…, déplore l'association Agir pour le coeur des femmes. Les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité chez elles : près d’une femme sur trois en décède chaque année".

En cause ? L’évolution du mode de vie des femmes qui s'opère depuis plus de 30 ans. "En vivant au même rythme que les hommes, elles en ont adopté les mêmes mauvaises habitudes d’hygiène de vie qui vont faire le lit des maladies cardio-vasculaires : tabac, stress psycho-social, surmenage, manque d’activité physique, alimentation peu équilibrée, alcool …", ajoute l'association. Ces habitudes entraînent une diminution de la protection vasculaire que leur assuraient leurs hormones naturelles avant la ménopause.

On souligne aussi que les femmes ont tendance à se sentir protégées. Très longtemps, les maladies cardiaques ciblaient davantage les hommes. Résultat : aujourd'hui encore lorsqu'une femme est victime d'un malaise, nous avons du mal à imaginer qu'il puisse s'agir d'un infarctus.

A cela s’ajoutent des symptômes très souvent atypiques. "Près de la moitié des femmes de moins de 55 ans victimes d’un infarctus du myocarde n’ont pas ressenti le symptôme classique des hommes, à savoir la douleur brutale en étau dans la poitrine irradiant le bras gauche et la mâchoire", précise Agir pour le coeur des femmes.

"Il y a plus de variations dans les symptômes d'une crise cardiaque chez une femme, explique de son coté le Dr Rekha Mankad, cardiologue et directrice de la Women's Heart Clinic du campus de la Mayo Clinic à Rochester (USA). Ce n'est pas toujours cette image classique de quelqu'un serrant le côté gauche de sa poitrine". Quels symptômes sont révélateurs chez les femmes en cas d'infarctus ? C'est ce que nous allons déterminer.

Un essoufflement

Chez la femme, l’infarctus peut être associé à une gêne respiratoire. Ce signe est une conséquence du retentissement de l’infarctus sur le fonctionnement de la pompe cardiaque.

Description : "Souvent, les femmes indiquent comme seuls symptômes d’infarctus du myocarde une difficulté à respirer soudaine et inattendue" explique le Dr Jean-Loup Dervaux, ancien assistant des hôpitaux de Paris. Elles peuvent aussi se sentir essoufflées.

Que faire : "Les femmes doivent penser à leur cœur en cas d’essoufflement. Ces difficultés associées à une forte fatigue persistante, peuvent évoquer l’angoisse et orienter le diagnostic à tort vers une anxiété ou une dépression" prévient le Pr Claire Mounier de la FFC. Si vous êtes essoufflée sans raison apparente, consultez sans attendre.

Une fatigue inhabituelle

Une fatigue inhabituelle et persistante ne doit pas être négligée. Chez la femme, elle peut être le signe caché d’un infarctus.

Description : "Les femmes peuvent indiquer une grande faiblesse, une fatigue inhabituelle comme symptôme d’infarctus même si c’est plus rare" indique le Dr Jean-Loup Dervaux.

Que faire : Devant toute fatigue qui persiste, surtout s'il y a une hypertension, un surpoids, un peu trop de cholestérol ou un tabagisme, il faut consulter rapidement un médecin. Une femme victime d’une crise cardiaque peut présenter des symptômes cliniques atypiques comme la fatigue, l’anxiété, des troubles gastriques, des palpitations, une douleur dans le dos ou à l’épaule alors qu’une autre peut les ressentir tous en même temps. Dans le doute, on consulte !

Hoquet, éructations, douleurs dans l’estomac…

"Les femmes doivent se méfier des symptômes pris à tort pour des problèmes digestifs" prévient le Pr Claire Mounier Vehier, cardiologue et médecin vasculaire au CHRU de Lille, 1ère vice-présidente de la FFC. Ils peuvent parfois cacher un véritable infarctus du myocarde.

Description : Hoquet et éructations (parfois incessantes), nausées, vomissements, sueurs, douleurs dans le creux de l’estomac… font parties des signes digestifs pouvant évoquer un infarctus.

Que faire : En présence de ces signes, mieux vaut consulter un médecin surtout si vous avez des facteurs de risque cardio-vasculaires connus. Sachez que quand une femme ne se sent pas bien et présente un symptôme d’infarctus, son entourage met en moyenne une heure de plus que pour un homme avant d’appeler le numéro d’urgence. Une fois arrivée aux urgences, il y a encore en moyenne une heure de retard avant une prise en charge par un cardiologue.

La douleur dans la poitrine

Chez l’homme, la douleur dans la poitrine va faire penser rapidement à l’infarctus. Chez la femme, le symptôme est souvent moins net.

Description : La douleur se situe dans la poitrine, en arrière du sternum. Elle est intense, serre "comme un étau", oppresse, peut se propager au cou, à la mâchoire, au bras gauche ou aux deux bras, et parfois vers le dos ou le ventre. Et surtout, elle ne passe pas. La douleur de l’infarctus survient souvent au repos, la nuit ou le matin.

Que faire : Toute douleur dans la poitrine persistant plus de 30 minutes est suspecte et nécessite l’appel du 15. Le médecin régulateur du SAMU saura guider la prise en charge. Il n’y a jamais d’appel inutile en prévention !

A savoir : Chez la femme, la douleur peut être tronquée, uniquement une lourdeur dans le bras, une douleur à l’épaule, un point de coté, une douleur dans le dos, une gêne dans la mâchoire. Toutefois, la douleur thoracique reste, même atypique, le signe d’alerte le plus fréquent d’infarctus du myocarde.

"Les femmes peuvent aussi présenter la douleur dans le dos. Cette dernières peut même se situer exclusivement entre les omoplates ou encore dans le cou et dans la mâchoire", confirme le cardiologue américain, Dr Rekha Mankad.

Des infarctus sans symptômes chez la femme diabétique

Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’infarctus* est parfois asymptomatique. En clair, pas de douleur, pas de gêne respiratoire, pas d’angoisse, pas de malaise. "C’est plus particulièrement le cas chez les femmes diabétiques, précise le Dr Jean-Loup Dervaux. L’infarctus est découvert à l’occasion d’un électrocardiogramme « systématique » par exemple lors d’un bilan de santé."

*Arrêt total de la circulation sanguine dans une partie du muscle cardiaque.

Infarctus : pour les femmes, c’est plus dur de s’en remettre

Les femmes sont pénalisées par le diagnostic souvent tardif de leur infarctus. Or, "la rapidité de prise en charge reste déterminante pour les chances de survie et de bon rétablissement" rappelle le Dr Nathalie Assez, médecin urgentiste au Samu au CHRU de Lille. Les femmes ont plus de risques de décéder ou de refaire un accident cardiovasculaire dans l’année qui suit leur infarctus, comparativement aux hommes. Notamment, parce qu’elles sont moins bien traitées et moins nombreuses à suivre un programme de réadaptation cardiaque.

Ce programme de réadaptation est recommandé notamment quand l’infarctus a nécessité une chirurgie cardiaque ou une angioplastie coronaire. Il se compose d’exercices physiques progressifs pour ré-entraîner le muscle cardiaque et de séances d’éducation thérapeutique. Participer à un tel programme permet de diminuer de moitié le risque de récidive d’infarctus avec de nouveaux réflexes d’hygiène de vie.

Sources

Fédération française de cardiologie, brochure Cœur, artères et femmes 

Fondation cœur et artères

Infarctus et maladies cardio-vasculaires chez la femme, Dr Jean-Loup Dervaux, Editions Dangles, 2009

https://www.agirpourlecoeurdesfemmes.com/alerter/infarctus-du-myocarde/Une-progression-alarmante-de-l-infarctus-chez-les-femmes 

https://medicalxpress.com/news/2022-02-women-heart-symptoms-vary.html

Vidéo : Infarctus : ces signes que les femmes ignorent

mots-clés : Fatigue intense
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