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Les aliments surgelés sont les plus contaminés

Pour votre santé "Mangez 5 fruits et légumes par jour". Certes, mais pas n'importe lesquels ! Le Ministère de la santé devrait peut-être ajouter dans leur leitmotiv qu'il serait tout aussi bon de vérifier la composition des fruits et légumes consommés.

En effet, dans le numéro de septembre 2018, le magazine 60 millions de consommateurs met en garde contre certaines marques de fruits et légumes en boîte ou surgelés qui contiendraient pour certains une forte concentration de pesticides ou de perturbateurs endocriniens.

Au total, l’association de consommateurs a analysé 134 références de fruits et légumes surgelés.

Plus précisément, 8 familles de fruits et légumes, bio ou conventionnels, frais, surgelés ou en conserve" ont été passés au peigne fin : les haricots verts, les petits pois, les champignons de Paris, les carottes, les tomates, les framboises, les abricots ou encore les ananas.

Suite aux analyses, le constat est sans appel : les aliments surgelés seraient plus contaminés par les pesticides que leurs versions fraîches. Et pour cause, les fruits et légumes sont congelés immédiatement après leur récolte. Si cette pratique permet aux aliments de conserver leurs qualités nutritionnelles, elle empêche la dégradation naturelle des substances chimiques initialement présentes.

Pour la nutritionniste Alexandra Retion, "que les légumes soient frais ou surgelés, c’est toujours mieux de privilégier des légumes bio pour éviter d’avoir des résidus de pesticides".

Deux à trois substances interdites en France

Parmi ces fruits et légumes, certains contiendraient plusieurs types de pesticides "interdits en France et en Europe", révèle le magazine : carbendazime et iprodione (2 fongicides), le linuron, (herbicide), pour ne citer qu'eux.

C'est principalement dans les haricots verts qu'on retrouve ces substances indésirables. 60 millions de consommateurs pointe notamment du doigt les haricots verts exa-fins surgelés de chez Picard®, mais félicite ceux de chez Carrefour® Bio et Jardin Bio®.

Sur les 19 marques de petits-pois également analysées 5 se sont avérées contenir 1 à 3 composants susceptibles d'être des perturbateurs endocriniens : Notre Jardin de chez Leclerc® étant le "mauvais élève" dans cette catégorie.

Les fruits non plus n'échappent pas à la présence de composants nocifs : les framboises surgelées sont deux fois plus contaminées que leurs équivalents frais, et les abricots en oreillons surgelés de chez Carrefour® doivent également être évités.

Le conseil de la nutritionniste : "Tournez-vous vers des petits producteurs locaux et bio pour éviter d'ingérer trop de pesticides."

Quels produits congelés privilégier ?

Haricots verts

Les haricots verts très fins surgelés Carrefour Bio, les haricots verts sans marque, bio, au rayon frais achetés sur le marché, les haricots verts extra-fins coupés en conserve de Jardin Bio.

Petits pois

Le Petit Pois extra-fondant (surgelés) Bonduelle, les petits pois très fins en conserve de Danival et les petits pois achetés chez un producteur (frais).

Champignons de Paris

Les champignons émincés au naturel en conserve Bonduelle, les champignons de Paris émincés surgelés de Marque Repère-Notre jardin (Leclerc) et les champignons de Paris émincés 1 er choix surgelés de Thiriet bio.

Carottes

Les carottes en rondelles surgelées Leader Price, les carottes achetées sur un marché, les carottes extra-fines en conserve Auchan.

Tomates

Les tomates en quartiers pelées surgelées Picard, les tomates entières pelées en conserve Naturalia et les tomates cocktail en grappes sans pesticides Savéol.

Framboises

Les framboises entières surgelées bio Thiriet, les framboises Driscoll’s au rayon frais et les framboises sans marque achetées en grande surface au rayon frais.

Abricots

Les abricots de Méditerranée en conserve St Mamet, les abricots oreillons en conserve U, les abricots bio Le Verger bio de Véronique au rayon frais.

Ananas

L’ananas en tranches au jus Del Monte en conserve, l’ananas en tranches en conserve Cora, l’ananas en morceaux Picard.

Ingestion de pesticides : quels sont les risques ?

Plusieurs études, dont une menée par l'Institut national de la recherche agronomique et rapportée dans l'article de 60 millions de consommateurs, a révelé les effets de six pesticides dont quatre ont été retrouvés dans l'étude du magazine.

Effectuée uniquement sur des souris de laboratoire, l'étude rapportait que sur du long terme et à hautes doses, les composants ont entraîné "une prise de poids, une augmentation du taux de masse grasse et un diabète", chez les sujets.

Pour l'OMS, les effets indésirables provoqués par les pesticides seraient bien plus graves.

"Ils peuvent favoriser certains cancers, mais aussi avoir un impact sur la procréation et sur les systèmes immunitaires ou nerveux. Avant de pouvoir en autoriser l’utilisation, il faut les tester pour rechercher tous les effets possibles sur la santé et les résultats doivent être analysés par des experts pour évaluer les risques éventuels pour l’être humain."

Selon l'experte, "il est évident qu’une utilisation excessive de pesticides est néfaste pour la santé. Heureusement, de nouvelles méthodes plus naturelles sont en train de se développer".

Bon à savoir : le même produit chimique peut avoir différents effets selon la dose, c’est-à-dire que l’effet dépendra de la quantité du produit à laquelle une personne est exposée. Il peut varier également en fonction la voie d’exposition, ingestion, inhalation ou injection, par exemple.

Perturbateurs endocriniens : des effets nuisibles sur la fertilité

Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui dérèglent le fonctionnement hormonal des organismes vivants et peuvent entraîner des effets néfastes sur la santé et l’environnement.

Ils peuvent ainsi interférer avec toutes les grandes fonctions des organismes vivants : croissance, reproduction, comportement, nutrition, métabolisme, système nerveux…

En perturbant le système endocrinien, ces substances peuvent altérer différents processus tels que la communication entre cellules ou tissus et la régulation d’étapes clés du développement d’un organisme.

Certaines de ces substances peuvent aussi entrainer des effets sur la reproduction, et nuire à la fertilité ou perturber le développement du fœtus.

Des études récentes montrent que les perturbateurs endocriniens peuvent également avoir d’autres effets au niveau de l’organisme comme des effets métaboliques, neuro-développementaux ou immunitaires.

Sources

Fruits et légumes à la chasse aux pesticides, 60 millions de consommateurs, n°541 Octobre 2018.

Les perturbateurs endocriniens, ANSES, 3 septembre 2019. 

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