Ulcère du pied diabétique : quand une petite blessure devient mortelle

Publié par Elodie Vaz
le 08/01/2026
Ulcère de pieds diabétique
Istock
Souvent indolore au départ, l’ulcère du pied diabétique peut pourtant être fatal. Une étude révèle qu’un patient sur cinq meurt dans l’année suivant son apparition, et autant sont amputés.

On l’imagine souvent comme une simple blessure qui tarde à cicatriser. En réalité, l’ulcère du pied diabétique est l’une des complications les plus redoutables du diabète. Une étude française publiée en novembre 2025 le confirme : cette plaie apparemment banale est une véritable urgence sanitaire, associée à un risque élevé d’amputation… et de mortalité.

Menée à Paris sur plus de 3 100 patients hospitalisés entre 2017 et 2023, ce travail de recherche dresse un constat glaçant : un patient sur cinq est décédé dans l’année suivant son premier ulcère du pied, et près d’un sur cinq a perdu tout ou partie de sa jambe.

Chez les personnes diabétiques, la sensibilité des pieds diminue. Une petite coupure, une ampoule ou un frottement dans une chaussure peuvent passer inaperçus. La plaie s’infecte, s’aggrave, et finit parfois par nécessiter une hospitalisation en urgence. « L’ulcère du pied n’est pas qu’un problème de peau, c’est le révélateur d’un organisme déjà fragilisé », expliquent les chercheurs.

Qui sont les patients les plus à risque ?

L’étude montre que certains profils sont particulièrement vulnérables. Le risque de décès dans l’année suivant l’ulcère augmente fortement chez les patients âgés, souffrant de maladies cardiaques, atteints d’insuffisance rénale ou hépatique, ayant eu un cancer, ou présentant un état inflammatoire important. Autrement dit, cette plaie du pied agit comme un signal d’alarme général et survient souvent chez des patients déjà lourdement atteints par d’autres maladies.

Autre chiffre marquant : près de 20 % des patients ont été amputés après leur premier ulcère. Les chercheurs identifient plusieurs facteurs qui augmentent fortement ce risque :

  • être un homme,
  • souffrir de mauvaise circulation dans les jambes,
  • être hospitalisé en urgence,
  • présenter une inflammation sévère.

Quand le sang circule mal, la plaie cicatrise difficilement. L’infection progresse, les tissus meurent, et l’amputation devient parfois la seule solution pour sauver la vie du patient.

Une bombe sanitaire silencieuse

Chaque amputation entraîne une perte d’autonomie, un choc psychologique, et souvent une exclusion sociale. À l’échelle collective, ces complications représentent des milliers d’hospitalisations, des séjours longs et coûteux, et une pression croissante sur les services hospitaliers. Pour les chercheurs, le message est clair. L’ulcère du pied doit être considéré comme une urgence médicale, au même titre qu’un infarctus ou un AVC.

Comment éviter le pire ?

La bonne nouvelle, c’est que beaucoup de drames sont évitables. Les spécialistes insistent sur quelques gestes simples mais vitaux :

  • examiner ses pieds tous les jours,
  • consulter au moindre doute (rougeur, ampoule, petite plaie),
  • porter des chaussures adaptées,
  • surveiller sa circulation sanguine,
  • et bénéficier d’un suivi médical régulier.

« Une plaie prise à temps peut guérir. Une plaie négligée peut coûter une jambe… voire une vie », résument les médecins.

Google News Voir les commentaires