Mortalité en hausse de 1.5 % en France en 2025 : comment l’expliquer ?
Plus de décès que de naissances. Le bilan démographique pour 2025 présenté ce mardi par l’Insee marque le pas car pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale le solde naturel de la population est négatif en France. Il “s'établit ainsi à ‑ 6 000 sur l'année écoulée, nous apprend l'institut national de la statistique, rapporte France Info. Il était déjà négatif en 2024, mais pour la seule France métropolitaine.” En d’autres mots, on a comptabilisé 6000 décès de plus que de naissances sur l’année écoulée, une tendance qui avait déjà été observée ces derniers mois et qui se confirme en ce début 2026.
Baisse de la natalité, augmentation de la mortalité ? Comment peut-on expliquer cette situation jamais vue depuis 80 ans ? En juillet dernier, alors que ce solde négatif se dessinait déjà (le décompte entre le 1er juin 2024 et le 31 mai 2025 montrait un excédent de décès de 1000 comparativement aux naissances, loin toutefois du solde que l’on découvre aujourd’hui) France Info avait interrogé le démographe Didier Breton. Ce dernier avait expliqué que cette “tendance à la baisse du solde naturel en France” était installée depuis 2007. En cause ? D’un côté la hausse de la mortalité et de l’autre la baisse de la natalité.
Baisse de la natalité ou hausse de la mortalité : que se passe-t-il ces derniers mois ?
“En vingt ans, la part des adultes ne souhaitant pas avoir d'enfants a aussi augmenté”, explique le démographe. Une étude de l’Ined (Institut national d’études démographiques) publiée en juillet dernier confirme que les jeunes ne veulent plus ou plus autant d’enfant que les génération précédentes : “Chez les jeunes de 18 à 29 ans, les intentions de n’avoir qu’un seul enfant ou aucun dépassent celles d’en avoir 3, et les intentions de n’en avoir aucun dépassent celles d’en avoir 4 ou plus”.
Un phénomène qui touche toutes les catégories sociales et qui peut s’expliquer selon les chercheurs (en partie au moins) par de “l’inquiétude vis-vis de l’avenir – qu’il s’agisse du changement climatique, de l’affaiblissement de la démocratie ou des perspectives pour les générations futures” : les personnes très inquiètes pour l’avenir des générations futures souhaitent en moyenne 0,11 enfant de moins que les autres.
A cela s'ajoute un second phénomène qui aggrave le solde négatif : le baby boom. “La population en "âge de mourir" (au-dessus de 85 ans) est de plus en plus nombreuse : de 1945 à 1973, il y a eu énormément de naissances durant "le baby-boom" d'après-guerre.” précise Didier Breton.
Hausse de la mortalité de 1.5 % en France : les explications avancées par l’Insee
Mêmes causes, mêmes conséquences : les explications avancées par l’Insee ce début 2026 se confondent avec celles mises en avant par le Didier Breton en juillet dernier ; des explications confirmées par les chiffres. La natalité par exemple, enregistre son niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale avec seulement 1.56 enfant par femme en âge de procréer. En 2025, les naissances ont chuté de 2.1 % par rapport à 2024, et l’écart est bien plus important si l’on regarde sur le long terme : entre 2010 et 2025, 24 % de bébés en moins ont poussé leur premier cri en France.
La hausse des décès (+1.5% par rapport à 2024) peut s’expliquer, comme l’avait suggéré le démographe en juillet 2025, par le nombre plus important de personnes en fin de vie. A cela il faut ajouter, indique l’Insee, les vagues de chaleur et l’épidémie de grippe, qui touchent les plus faibles et les plus âgés. En revanche, l’espérance de vie continue de progresser : elle s’établit à 85,9 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes en 2025, soit +0,1 an les deux sexes confondus. Un niveau historiquement élevé.