Manucure et pédicure en institut : les vrais risques et 5 points à vérifier

Publié par La Rédaction Médisite
le 03/01/2026
hygiène institut de beauté
Istock
Le risque de transmission d'infections (mycose ou pire staphylocoque ou hépatite) est-il réel dans les salons de beauté ? Voici la réponse ainsi que la liste des 5 mesures d'hygiène à vérifier lors de votre prochaine visite en institut.

La question mérite d'être posée sans détour : un moment de détente peut-il se transformer en cauchemar sanitaire ? La réponse est sans équivoque : c'est vrai, le danger est bien réel. Pourtant, autant on se méfie chez le dentiste (un cabinet dentaire avait même dû fermer en Normandie plus tôt cette année), autant on est moins vigilant dans un institut de beauté. C’est une erreur, car les salons de beauté, s'ils ne respectent pas des protocoles drastiques, deviennent des terrains fertiles pour la prolifération bactérienne et fongique. Il est essentiel de comprendre les risques d'infections liés aux outils pour ongles mal entretenus. Les limes non jetables, par exemple, sont des vecteurs de contamination redoutables. La Confédération Nationale de l'Esthétique Parfumerie (CNEP) souligne d'ailleurs que la lime constitue un "excellent vecteur dans la transmission des mycoses**".

Au-delà des champignons, le danger concerne des agents pathogènes plus agressifs. Une simple micro-lésion causée par une pince à cuticules peut ouvrir la porte à des bactéries résistantes. Le trio mycose, staphylocoque et hépatite représente une menace tangible si le matériel entre en contact avec du sang et n'a pas été stérilisé. Face à cela, la loi française est stricte. Le Règlement Sanitaire Départemental encadrant la manucure (article 118) impose que tout objet utilisé soit entretenu pour ne jamais transmettre d'affections contagieuses. Pourtant, entre la théorie et la pratique, l'écart subsiste parfois.

Observer pour se protéger : les premiers indicateurs

Avant de confier vos mains, votre vigilance doit s'exercer dès l'entrée dans la cabine. L'hygiène en institut de beauté commence par un geste simple mais non négociable : le lavage des mains du professionnel. Celui-ci doit procéder à un savonnage méticuleux ou utiliser un liquide antiseptique devant vous, avant chaque prestation. La zone de lavage doit elle-même respirer la propreté. Ensuite, portez une attention particulière aux consommables. Les limes, blocs polissoirs et bâtonnets de buis doivent être à usage unique. Si la praticienne sort une lime usagée d'un tiroir, refusez le soin. Ces outils poreux ne peuvent être désinfectés efficacement et doivent être jetés après chaque client ou vous être remis personnellement.

Comment éviter les infections dans un institut de beauté ?

Pour les instruments métalliques comme les pinces à envies ou les ciseaux, un simple spray d'alcool ne suffit pas. C'est ici que se joue la différence entre un nettoyage de surface et une véritable sécurité sanitaire. Vous devez vérifier la méthode de stérilisation des instruments de manucure. L'idéal reste l'utilisation d'un autoclave, seul appareil garantissant l'élimination totale des virus et bactéries. N'hésitez jamais à demander comment les outils ont été traités ; un professionnel sérieux ne verra aucun inconvénient à vous expliquer son protocole.

L'inspection doit s'étendre à l'environnement global. La table de travail, la lampe UV et les fauteuils doivent être nettoyés entre chaque passage. De même, la gestion des éventuelles lésions est révélatrice : en cas de petite plaie, le professionnel doit adapter son matériel ou refuser certaines pratiques. Ces 5 points de vigilance sur l'hygiène en institut ne sont pas des détails, mais des garants de votre santé. Une tendance intéressante pour limiter ces risques est l'adoption croissante de la "manucure à sec" ou manucure russe, qui évite le trempage dans l'eau, limitant ainsi la prolifération bactérienne. Soyez un client averti : votre santé vaut bien quelques questions exigeantes.

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