Des chercheurs de l’Inserm et du Muséum National d'Histoire Naturelle se sont intéressés à l’appendice. Dans une étude publiée dans le Journal of Anatomy, ils ont montré que les mammifères ayant un appendice auraient une plus grande longévité que les mammifères en étant dépourvu.

L’appendice, un diverticule signe de longévité

Les scientifiques de l’Inserm et du Muséum National d'Histoire Naturelle ont étudié 258 espèces de mammifères. Parmi eux, 219 ne possédaient pas d’appendice, tandis que 39 espèces avaient cette petite excroissance du cæcum (la première partie du côlon). Dans un communiqué, le chercheur Eric Ogier-Denis (Inserm ) a ainsi déclaré : “l’idée de s’intéresser à la longévité nous a été suggérée par nos travaux portant sur la relation entre appendicite/appendicectomie, rectocolite hémorragique et l’implication du système immunitaire. Avec un système immunitaire plus actif et mieux éduqué, on doit théoriquement mieux résister à l’environnement et vivre plus longtemps. Nous avons donc testé cette hypothèse en nous associant avec deux experts de l’évolution internationalement connus du Muséum National d’Histoire Naturelle. Il s’agit de la première démonstration de l’existence d’une corrélation entre la présence de l’appendice et un trait de l’histoire de vie des mammifères.” D’après le communiqué de l’Inserm : “Ces travaux ouvrent donc de nouvelles pistes solides pour répondre à la question controversée de la fonction de l’appendice. Ils seront complétés dans les mois à venir par des études de terrain avec différentes espèces de mammifères pour confirmer le lien entre appendice et longévité.”

L’appendice, un réservoir de bactéries intestinales

Selon les scientifiques, la présence de l’appendice permettrait de diminuer la mortalité par diarrhée infectieuse. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, ce type d’infection serait la deuxième cause mondiale de décès avant l’âge de 5 ans chez l’Homme. La diarrhée infectieuse serait également la cause de nombreux décès chez d’autres mammifères. Le rôle de l’appendice serait donc d’être un réservoir bactérien particulièrement efficace pour lutter contre ces infections intestinales. Les chercheurs ont ainsi émis l’hypothèse que, de par sa forme, l’appendice favoriserait la constitution d’un « sanctuaire bactérien » nécessaire au microbiote intestinal. D’ailleurs, selon une autre étude parue dans World Journal of Gastroenterology, l’appendice pourrait avoir un effet protecteur grâce à cette réserve de bactéries qui maintiendrait l’équilibre fragile de la flore intestinale.

Appendicite : l'appendicectomie reste nécessaire

Si certaines études ont montré que l’appendice était loin d’être inutile, il est important de noter que l’appendicectomie reste nécessaire en cas d’infection de ce dernier (appendicite). D’ailleurs, des études ont montré que l’ablation de l’appendice avant 20 ans permettrait de réduire les risques de développer un jour une inflammation chronique du côlon et du rectum, également appelée rectocolite hémorragique. D’après la Fondation pour la Recherche Médicale, 200 000 personnes seraient concernées en France par ces maladies (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique). Selon l’Inserm, la fréquence des cas de rectocolite hémorragique est la même que celle de la maladie de Crohn : 5 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants.

Crise d’appendicite : les symptômes

Si l’appendice est peut-être un signe de longévité, il est impératif de pratiquer une appendicectomie en cas de crise d'appendicite. Pour rappel, les symptômes de la crise d’appendicite aiguë sont :

  • Douleur la fosse iliaque droite (en bas à droite du nombril) ;
  • Une douleur progressive ;
  • Une fièvre modérée entre 37,5 °C et 38,5 °C ;
  • Une perte d’appétit ;
  • Des nausées ;
  • Une constipation ;
  • Langue blanche ;
  • Haleine nauséabonde.

En cas de suspension d’appendicite, le médecin effectuera plusieurs examens. Généralement, il élimine le diagnostic d’une infection urinaire, puis effectue une prise de sang. Cette dernière montrera qu’il y a des signes d’infection (augmentation des globules blancs et élévation du taux de protéine C-réactive ou CRP). Enfin, une échographie abdominale sera réalisée afin de confirmer une appendicite aiguë. L’ablation de l’appendice ou appendicectomie sera alors envisagée par le chirurgien.

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Sources

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/joa.13501

https://www.wjgnet.com/1007-9327/full/v19/i34/5607.htm

https://presse.inserm.fr/lappendice-nest-pas-une-structure-inutile-et-serait-correle-a-un-allongement-de-la-duree-de-vie/43545

https://www.frm.org/recherches-maladies-rares/maladies-inflammatoires-chroniques-de-l-intestin/les-maladies-inflammatoires-chroniques-de-l-intestin-en-chiffres

mots-clés : appendicite, longévité
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