Sang dans les selles : reconnaître une rectocolite hémorragique, la maladie dont souffre Shinzo Abe

Shinzo Abe, Premier ministre du Japon, a annoncé sa démission le 28 août 2020, en raison de problèmes de santé. Il souffre, en effet, de rectocolite hémorragique. Mais quelle est donc cette maladie et comment la reconnaître ? La présence de sang dans les selles est-elle systématique ? Quels sont les examens réalisés pour la diagnostiquer ?
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Cela faisait sept ans et huit mois que Shinzo Abe dirigeait le gouvernement japonais. Ce vendredi 28 août, l’homme politique de 65 ans a annoncé sa démission, en raison de problèmes de santé. En cause, une rectocolite hémorragique, qui est une maladie inflammatoire intestinale chronique.

L’ex-Premier ministre avait déjà été contraint de se retirer de la politique en 2007, pour les mêmes raisons. Shinzo Abe souffre de colite ulcéreuse depuis l’adolescence, mais au fil des ans, sa maladie s’est considérablement aggravée. Au point qu’il a dû se rendre à l’hôpital à deux reprises au mois d’août, et dois désormais suivre un traitement plus lourd. Ce dernier risque de l’affaiblir, c’est la raison pour laquelle il a choisi de renoncer à sa fonction. Il assurera néanmoins l’intérim, jusqu’à l’élection d’un nouveau chef du gouvernement.

Qu’est-ce que la rectocolite hémorragique ?

La rectocolite hémorragique (RCH) est une inflammation chronique de la muqueuse du côlon et du rectum. Dans certains cas, les manifestations peuvent atteindre d’autres organes : articulations, foie, peau, œil... D’origine inconnue, cette pathologie fait partie, avec la maladie de Crohn, des maladies inflammatoires chroniques des intestins.

En France, 1 personne sur 1 000 est atteinte, avec chaque année 5 nouveaux cas pour 100 000 habitants, selon le site de l’Assurance maladie. La RCH concerne surtout les jeunes adultes, puisqu’elle se déclare majoritairement entre 20 et 40 ans. “Un second pic de fréquence, plus faible, a lieu entre 50 à 70 ans”, précise Ameli.fr.

Il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse, et son origine est probablement multifactorielle, c’est-à-dire qu’elle associe une prédisposition génétique et des facteurs immunologiques et environnementaux.

Les symptômes de la rectocolite hémorragique

Ce trouble est souvent associé à une inflammation articulaire chronique de la colonne vertébrale (spondylarthrite). Les principaux symptômes de la rectocolite hémorragique sont une diarrhée chroniqu e (émissions fréquentes de selles, parfois jusqu’à 10 fois par jour), ainsi que la présence de mucus et de sang dans les fèces - on parle de rectorragie.

Des douleurs abdominales extrêmement fortes et des troubles du transit complètent ces symptômes, qui apparaissent par poussées. Bien souvent, ces dernières occasionnent une fatigue importante, de la fièvre et une altération de l’état général du patient. C’est cet ensemble de signes, plus que la seule présence de sang dans les selles, qui doit faire évoquer une rectocolite hémorragique.

Rectocolite hémorragique : comment est posé le diagnostic ?

Les symptômes précédemment évoqués peuvent orienter le médecin traitant vers la piste de la rectocolite hémorragique. Le praticien commence donc par interroger le patient sur ses signes et par l’examiner. Puis, des examens complémentaires sont nécessaires pour confirmer le diagnostic.

Le principal est l'iléocoloscopie, qui consiste à introduire un tube souple muni d’une petite caméra dans l’anus du patient, afin d’examiner le rectum, le côlon et l’extrémité de l’intestin grêle. Cet examen permet d’évaluer l’étendue des lésions provoquées par la rectocolite hémorragique. À cette occasion, des biopsies sont généralement effectuées, car l’analyse de ces prélèvements aide au diagnostic.

Un bilan sanguin et une analyse des selles peuvent aussi être réalisés, pour évaluer les effets de la maladie sur l’organisme, et écarter d’autres causes possibles de diarrhées sanglantes. D’autres examens ophtalmologiques ou radiologiques peuvent aussi être réalisés et, à terme, “la coloscopie est aussi utile pour suivre l'évolution de la maladie”, précise le site de l’Assurance maladie.

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