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D’après les statistiques de la Haute autorité de santé, 15% des adultes de 18 à 65 ans présentent des troubles anxieux sévères au cours de l’année.

"L’angoisse est une peur particulière qui trouve son origine dans l’enfance et notamment dans les traumatismes infantiles, rappelle Laure Fillette, psychologue à Paris. L’angoisse, contrairement à la peur dite classique, ne se manifeste pas face à un danger réel dans le présent : le sujet angoissé fantasme, inconsciemment, un danger qui n’existe pas (peur de mourir, de devenir fou, d’être atteint d’une maladie grave, etc.). En psychanalyse, on parle de névrose d’angoisse pour désigner la tendance inconsciente d’une personne à alimenter ces fantasmes terrifiants."

À quoi ressemble une crise d’angoisse ?

Les crises d’angoisse sont des manifestations spectaculaires de l’angoisse. Elles se manifestent comme des épisodes soudains d’une peur intense, qui entraînent des symptômes physiques inquiétants. "La crise d’angoisse se caractérise par un sentiment de peur et par un ensemble de sensations physiques qui mettent le sujet dans une posture d’inconfort majeur", résume la psychologue parisienne.

Le sujet en crise voit son rythme cardio-respiratoire s’accélérer, sa gorge se nouer, ses muscles se tendre. "Il s’agit d’une posture de fuite : toutes ces sensations accompagnent les mécanismes physiologiques qui permettent de partir en courant. Le problème est qu’il n’existe, dans la réalité, aucun danger à fuir. Ainsi le sujet, bloqué, vit des instants pénibles qui le conduisent volontiers au malaise. Souvent, pour éviter cette issue, il éprouve le besoin de quitter le lieu où il se trouve : se mettre en mouvement apaise temporairement l’inconfort physique", explique la spécialiste.

Comment se sentir mieux pendant une crise d’angoisse ?

"Il est au départ très difficile de se soulager rapidement d’une crise d’angoisse", insiste dans un premier temps Laure Fillette. Ces crises peuvent durer quelques minutes, voire une heure, avec une moyenne de 20 à 30 minutes. La spécialiste propose cependant quelques étapes pour soulager ces crises traumatisantes.

Quitter le lieu où on se trouve

"C’est souvent une étape indispensable pour la personne qui fait une crise d’angoisse ; elle a comme besoin de sortir", confie Laure Fillette. "Je dirai que cette solution de la fuite doit être acceptée si c’est la seule qui rassure le patient. Cette alternative lui permet de prendre conscience qu’il peut parfaitement quitter le lieu dans lequel il se trouve pour, éventuellement, le réintégrer par la suite. C’est le plus souvent indispensable, au moins lors des premières crises. L’erreur serait de contraindre quelqu’un qui fait une crise d’angoisse à rester en place.", ajoute la spécialiste.

Prendre conscience de son angoisse

"Il convient ensuite d’essayer de travailler sur la prise de conscience, la connaissance des fantasmes inconscients qui sont à l’origine de l’angoisse et des crises", explique-t-elle. Ce travail se fait généralement avec l’aide d’un professionnel de la santé mentale, mais vous pouvez tenter d’identifier les éléments déclencheurs de la crise d’angoisse. Posez-vous par exemple ces questions : "est-ce que quelque chose m’a touché, peu de temps avant ma crise ? Qu’est-ce qui m’inquiète en ce moment ? Qu’est-il arrivé aujourd’hui qui a pu me perturber ?".

Reprendre contact avec la réalité

Une fois l’élément déclencheur en partie identifié, il s’agit ensuite de se reconnecter avec la réalité. "Il faut essayer de se rassurer et de comprendre que cette angoisse n’est pas ancrée dans la réalité en remettant sa situation en perspective", explique la spécialiste. Si vous n’y arrivez pas seul, vous pouvez en parler à un parent ou à un proche qui vous connaît suffisamment pour trouver les mots qui vous rassureront.

Crise d'angoisse : les solutions pour l'apaiser

Pratiquer la cohérence cardiaque

Les exercices de respiration peuvent permettre de diminuer la survenue des crises d’angoisse. "Aux personnes qui sont souvent angoissées, je conseille de faire, régulièrement, des séances de cohérence cardiaque", souligne Laure Fillette.

Cette méthode qui se base sur la résonance cardiaque, implique d’inspirer pendant 5 secondes, puis d’expirer pendant 5 secondes, le tout sur une durée de 5 minutes. Idéalement, il faut faire cet exercice 3 fois par jour.

Consulter un spécialiste

S’il est important de soulager les crises d’angoisse lorsqu’elles surviennent, il faut aller à leur source. "Consulter un spécialiste permet d’identifier l’origine de l’angoisse, explique la psychologue. S’il y a des périodes de la vie plus ou moins propices à l’émergence de crises d’angoisse, ces symptômes trouvent toujours leurs origines dans l’enfance et seul un travail d’analyse de qualité permet d’en venir à bout".

Utiliser l'aromathérapie

L’aromathérapie peut également être un complément naturel efficace aux antidépresseurs en cas de crise d'angoisse. En effet, l’orange sauvage (citrus sinensis) aurait un "effet déstressant et apaisant" selon Mélodie Dewever, naturopathe. "Ce que j’ai tendance à conseiller, c’est la diffusion de cette huile essentielle le matin, trois gouttes dans de l’eau, car elle élève l’humeur et donne une énergie positive mais calme", précise la spécialiste auprès de Medisite. Elle assure que pour les troubles dépressifs, on privilégie "l’odorat" et non l’application par voie cutanée. En cas de véritable crise d’anxiété soudaine, il est aussi possible de sentir directement la bouteille. L’huile essentielle de verveine odorante peut également être intéressante en diffusion pour apaiser.

"Je le recommanderai plutôt en deuxième partie de journée, contrairement à l’orange qui est plutôt recommandée en première partie de journée jusqu’à 14 heures. En cas d’anxiété, on peut aussi sentir la bouteille ou appliquer quelques gouttes sur un mouchoir qu’on va sentir", explique Mélodie Dewever, naturopathe. Il reste indispensabe de demander l’avis d’un professionnel avant d'utiliser les huiles essentielles, surtout quand on suit un traitement anitdépresseur pour éviter d'eventuelles contre-indications.

Sources

Remerciement Laure Fillette, psychologue à Paris.

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