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Le chagrin d’amour se caractérise par une tristesse intense provoquée par la fin d’une relation sentimentale. Selon l’investissement consacré au couple et l’attachement créé, l’intensité de la souffrance varie. Et parfois, le mal-être est tel qu’il peut entraîner une dépression, voire d’autres troubles de la santé.

"La relation amoureuse peut être une drogue", reconnaît même Véronique Kohn, psychologue, psychothérapeute et auteur du livre “Quand la peur de perdre l'autre... me le fait perdre !” (éditions Tchou). “Une addiction à l'intensité mais pas que.. aussi un moyen de satisfaire des besoins essentiels comme se mettre en confort et en sécurité pour son avenir affectif et financier, récupérer de la tendresse et de la sexualité,éprouver des sentiments amoureux, fuir la solitude, se sentir beau et intelligent grâce au regard de l'autre, avoir quelqu'un pour partager des activités, être solidaire pour élever une famille", ajoute-t-elle.

Ainsi quand on a le coeur brisé lors d'une rupture, le sentiment d’abandon et la dévalorisation apparaissent.

Alma : “Je me suis sentie vidée”

Alma a une trentaine d’années et se remémore son histoire avec un petit pincement au cœur. “C’était en 2014, alors que j’étais encore à l’école de journalisme. Le garçon que je fréquentais m’a annoncé que même s’il tenait à moi et qu’il était très bien avec moi je ne lui avais pas manqué à son retour de voyage chez ses parents. Cela a été pour lui un déclic et il a donc pris la décision de stopper la relation car il craignait que mes sentiments ne soient plus forts que les siens.”

“L’annonce était chez lui alors que je lui amenais un pique-nique romantique. Je ne m’y attendais pas du tout et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, espérant pouvoir lui faire changer d’avis. On venait de passer des jours merveilleux ensemble et cette décision a été un véritable coup de massue.”

Alma a alors peu à peu sombré dans un état léthargique pendant plusieurs mois.

“Physiquement, je me suis sentie vidée. Je passais mes journées à pleurer et j’ai même dû être absente une journée au travail tellement ma douleur était grande. Je me suis sentie totalement indifférente à ce qui se passait autour de moi pendant des mois. Folle amoureuse, je n’avais pas la force de cesser de le voir quand il revenait vers moi, même sans promesse de futur, et espérais à chacune de nos retrouvailles qu’il me revienne et réalise ses sentiments.”

“J’ai même entamé l’écriture d’un livre que j’avais baptisé "Sans lui" (rires) pour extérioriser ma peine.”

“Cette relation malsaine m’a plongé dans un profond désarroi et j’ai perdu beaucoup de poids à cette période. Je ne supportais plus le seul instant de solitude alors que j’adore rester chez moi habituellement et me suis mise à sortir le soir de manière compulsive pour oublier et ne pas penser. Il n’y avait plus que lui dans mes pensées et l’idée d'être sans lui me paraissait inimaginable. J’ai même entamé l’écriture d’un livre que j’avais baptisé "Sans lui" (rires) pour extérioriser ma peine. Un amour aussi passionnel est très destructeur quand les sentiments ne sont pas égaux de chaque côté.”

“Après près de six années à ne plus lui parler et refuser tout contact, je l’ai revu pendant la pandémie et il m’a présenté ses excuses. Si cela a été un certain soulagement qu’il reconnaisse enfin ses fautes, j’ai réalisé dès que j’ai posé mes yeux sur lui que quel que soit le temps qui passe, il aurait toujours une petite partie de mon cœur. Je crois que quand on a aimé aussi fort, on ne cesse vraiment jamais d’avoir des sentiments pour cette personne".

“Une profonde peur de l'abandon”

"Évidemment j’ai fait mon deuil de la relation il y a bien longtemps, mais la manière dont j’ai envisagé ma relation aux hommes a été considérablement impactée par cette rupture pendant des années. Quand on a autant aimé et que l'on n'a pas été choisie, il y a pendant longtemps une perte d'estime de soi peu importe le nombre de personnes que l'on séduit et rencontre par la suite. Au-delà de la blessure d'orgueil, j’en ai gardé une profonde peur de l’abandon encore à ce jour.”

Camille : “Mon stress a provoqué une péritonite”

“En juin 2009 j’ai 17 ans, je venais de passer mon bac, j’en étais débarrassée après une année difficile ; et depuis peu, je sortais avec un garçon dont j’étais éperdument amoureuse. Nous étions heureux, on passait tout notre temps ensemble, on s’était dit qu’on s’aimait et on se projetait ensemble pour la rentrée... La vie était donc parfaite.

“Sans m’y attendre, le 25 juin, le jour même de la mort de Michael Jackson, mon petit copain m’explique qu’il ne ressent pas du tout la même chose que moi finalement et décide d’arrêter la relation sur laquelle, dans ma tête de jeune fille en fleur, j’avais tout misé et commençait à naïvement me persuader qu’on allait faire notre vie ensemble.”

“Je n’ai jamais ressenti autant de chagrin qu’à ce moment-là, à tel point que cette douleur émotionnelle était physique comme si tout mon cœur se déchirait.”

“Je n’ai jamais ressenti autant de chagrin qu’à ce moment-là, à tel point que cette douleur émotionnelle était physique comme si tout mon cœur se déchirait. Je n’ai fait que pleurer, tous les jours qui ont suivi. Je ne mangeais plus, car le nœud que j’avais dans l’estomac dû à l’angoisse de me sentir seule, abandonnée alors que je l’aimais encore de tout mon être, me coupait l’appétit.”

“Une bonne semaine et demie après cette rupture, j’ai commencé à avoir des douleurs abdominales et dans le bas ventre qui m’obligeaient à rester pliée en deux allongée dans mon lit. J’ai mis ça sur le compte de la tristesse.”

“Sauf qu’un après-midi, la douleur était telle que je ne pouvais me retenir d’hurler. Mon grand frère qui vivait encore avec nous, a alors appelé SOS Médecin en urgence. Le médecin m’a très vite auscultée et nous a directement envoyé aux urgences. Il soupçonnait une péritonite et appendicite.

Une fois sur place, la jeune fille a rapidement pu faire des examens en salle d’opération sous anesthésie générale. Ils révèlent que Camille souffre bien d’une péritoniteMais pas à cause de l’appendicite.

“Elle a été provoquée à cause d’un kyste ovarien formé par le stress qui, en éclatant, a engendré une péritonite. Le stress était probablement d’abord causé par le bac que je venais de passer, mais surtout par le chagrin d’amour ensuite.”

Flore : “Je n’étais plus capable de manger”

“Avec les hommes, je ne suis allée que de désillusions en désillusions. Et ça a commencé dès l’adolescence. Je n’ai jamais vraiment cru au « prince charmant ». A chaque début d’histoire, je me fais à l’idée qu’il faut en profiter puisqu’elle finira par se terminer. Je suis quelqu’un de passionnée et je suis capable d’aller très loin pour une personne à qui je tiens. La plupart de mes relations ne m’ont apporté que des ennuis : soit elles étaient interdites, soit risquées ou compliquées. Or, un beau jour, j’ai connu un homme avec qui tout était simple.”

J’avais l’impression que nous étions sur la même longueur d’onde. Il n’y avait aucun obstacle entre nous. Il avait suffit d’un regard, d’une phrase échangée lors d’une soirée estivale pour que je comprenne qu’il y avait une connexion entre nous.

“ On ne parlait pas de lendemain mais pour moi, c’était devenu plus qu’une relation sans lendemain.”

“Je l’ai rencontré en vacances en Espagne alors que je n’avais que 23 ans. Il avait 10 ans de plus que moi, mais il aimait la vie, la fête… Nous étions faits pour être ensemble. Au départ, c’était léger entre nous. Puis il a commencé à m’inviter à passer des week-ends chez lui (il vivait à 700 km de chez moi). C’est arrivé une fois, puis deux, puis quatre, puis cinq … On profitait tout simplement. Il m’emmenait dîner au restaurant, faire des musés, des balades, des baignades à la mer. On ne parlait pas de lendemain mais pour moi, c’était devenu plus qu’une relation sans lendemain.

“Un beau jour, il m’annonce qu’il vient s’installer à Paris. Si je n’ai jamais cru qu’il venait pour moi, j’ai quand même imaginé que son emménagement dans ma ville allait donner une nouvelle impulsion à la relation.”

“En réalité, c’était tout le contraire. A peine arrivé, le confinement lié à la pandémie de Covid-19 a été instauré. Ni une ni deux, il s’est échappé à la campagne sans se préoccuper de moi. J’ai appris quelques semaines plus tard qu’il passait la quarantaine avec une autre femme.”

“Je n’avais jamais connu de déception aussi grande. Il m’a fallu plusieurs semaines pour passer à autre chose. Les premiers jours, j’avais cette sensation de nausée qui ne me quittait pas. Je n’étais plus capable de manger, ni de rire. J’avais très mal au ventre rien qu’en pensant à lui. J’ai perdu 2 kg en une seule journée lorsque j’ai ouvert les yeux.”

“Il est très vite revenu vers moi : il continuait à m’appeler et à m’écrire alors qu’il était avec une autre. Il s’est même arrangé pour passer ses vacances d’été au même endroit que moi, deux années de suite. De mon côté, je n’avais qu’une envie c’était qu’il disparaisse. Il a tout essayé pour me retrouver. Or, malgré tous ses efforts, il ne m’attirait plus. Je peux être très attachée à une personne, mais à partir du moment où elle me fait du mal, je n’ai plus d’envie. Je lui ai pardonné, mais je n’avais tout simplement plus envie de lui. C’était plus fort que moi. Il a insisté pendant près de 2 ans : il a presque tout tenté pour me (re) séduire. Je n’ai jamais cédé. Il n’a pas supporté : il a fini par quitter la France en se disant sans doute que je ferai tout pour le retenir. Je n’ai pas levé le petit doigt. Aujourd’hui, il est loin de mes yeux et (très) loin de mon cœur.”

Sources

Merci à Alma, Camille et Flore pour leur précieux témoignage.

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