Qu’est ce que l’artérite (AOMI), cette maladie qui donne des crampes ?

Publié par Lise Khaim
le 05/02/2026
crampes mollets
Istock
Les crampes sont courantes, mais ce type de crampes quand vous marchez peut aussi cacher une Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI), une maladie artérielle sérieuse qui expose à un risque cardiovasculaire élevé.

Cette sensation de gêne musculaire à l'effort est bien plus qu'un simple signe de vieillissement. Elle traduit souvent une mauvaise circulation sanguine dans les artères des jambes. Ignorer ce signal retarde une prise en charge nécessaire pour éviter des complications sévères.

Qu’est-ce l'Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI) ?

L'Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs, ou AOMI, se définit par une obstruction progressive des artères qui irriguent les membres inférieurs, de l'aorte jusqu'aux pieds. Ce phénomène résulte de l'athérosclérose : l'accumulation de plaques d'athérome réduit le diamètre des vaisseaux (sténose) et limite l'apport en sang oxygéné aux muscles. C'est ce manque d'oxygène, appelé ischémie, qui provoque la douleur.

Le symptôme le plus caractéristique est la claudication intermittente. Elle se manifeste par une douleur semblable à une crampe dans le mollet, la cuisse ou la fesse, survenant uniquement à l'effort. Elle vous oblige à vous arrêter et disparaît en moins de dix minutes au repos. Si la distance de marche sans douleur diminue, cela signifie que l'obstruction s'aggrave. Il faut toutefois rester vigilant face aux formes silencieuses : chez les patients diabétiques, l'atteinte des nerfs peut masquer la douleur, rendant l'AOMI asymptomatique mais tout aussi évolutive.

Quels sont les profils à risque cardiovasculaire ?

Le tabagisme est le principal ennemi de vos artères et le facteur de risque majeur de cette pathologie. Cependant, d'autres éléments favorisent l'encrassement vasculaire : le diabète, l'hypertension artérielle ou encore l'hypercholestérolémie. La fréquence de la maladie augmente nettement après 65 ans, ou dès 50 ans en présence de ces facteurs de risque. La sédentarité et le surpoids jouent également un rôle aggravant.

L'AOMI ne doit pas être vue comme une maladie isolée des jambes, mais comme un marqueur de risque global pour la santé. Si les artères des membres inférieurs sont touchées, celles du cœur et du cerveau le sont probablement aussi. Environ un patient sur deux souffrant d'artérite est également coronarien. L'espérance de vie s'en trouve réduite en raison d'un risque accru d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral (AVC).

Dépister l'AOMI pour protéger son cœur

Le diagnostic repose sur un examen de référence simple, rapide et non invasif : la mesure de l'Index de Pression Systolique (IPS). Le médecin compare la pression artérielle à la cheville et au bras. Un résultat inférieur ou égal à 0,90 confirme l'AOMI. Un écho-Doppler artériel complète souvent l'analyse pour localiser précisément les lésions.

La prise en charge vise à réduire le risque cardiovasculaire global et à améliorer le périmètre de marche. Elle impose une modification stricte du mode de vie, avec l'arrêt total du tabac et le contrôle du cholestérol et de la tension. Le traitement médicamenteux associe généralement des statines, des antiagrégants plaquettaires et des inhibiteurs de l'enzyme de conversion.

Enfin, la rééducation à la marche est indispensable. L'exercice physique supervisé favorise le développement de vaisseaux de secours. En l'absence de traitement, la maladie peut évoluer vers une ischémie critique, avec des douleurs de repos et un risque élevé d'ulcères, de nécrose, voire d'amputation.

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