Joy Milne, une écossaise de 69 ans, fait avancer la médecine grâce à son odorat ultra-développé. La femme, atteinte d’hyperosmie depuis la naissance (un trouble qui décuple les odeurs), est capable de détecter si une personne est atteinte ou non de la maladie de Parkinson. Grâce à ses capacités, elle aide une équipe de chimistes à créer un “nez” artificiel permettant de détecter la maladie.

Un talent découvert auprès de son mari malade

Près de six ans avant que son mari ne soit diagnostiqué, Joy Milne avait remarqué que son odeur était étrange, qu’elle avait changé. Ce dernier dégageait une odeur « un peu boisée, musquée », a déclaré Mme Milne au Telegraph. Mais à l’époque, cette femme ne pouvait pas imaginer ce que cela signifiait.

Ce n’est que des années plus tard, en se retrouvant dans une pièce avec de nombreux patients atteints de la maladie de Parkinson, qu’elle a reconnu cette odeur comme étant la même que celle dégagée par son mari.
Dans un premier temps, les deux chercheurs avec qui Joy Milne évoque le sujet ne la prennent pas au sérieux, pensant que l'Écossaise sent plutôt les odeurs caractéristiques des personnes âgées.

Un test à l’aveugle pour prouver ses capacités

Quelques années plus tard, un biochimiste encourage ces deux chercheurs à retrouver la dame, dans le but de lui faire passer un test à l’aveugle. Joy Milne a accepté de se prêter au jeu et a reniflé douze t-shirts de personnes en bonne santé ou atteintes de la maladie de Parkinson. Résultat : l’Ecossaise a réussi à diagnostiquer toutes les personnes souffrant de la maladie, mais elle a également identifié l’un des témoins non diagnostiqué. Il s’est avéré que les médecins ont découvert la maladie de cet individu huit mois plus tard.

Des molécules spécifiques responsables de l'odeur

Depuis, les scientifiques cherchent à identifier les molécules responsables de l’odeur de patients atteints de Parkinson. Pour y parvenir, l’équipe récolte des échantillons de sébum, une substance huileuse sécrétée par la peau, prélevés sur le dos de plusieurs volontaires. Les premiers tests confirment que certaines molécules sont présentes en grand nombre chez les personnes atteintes de cette affection.

En les associant, les chercheurs espèrent ainsi générer une empreinte caractéristique qui permettrait de diagnostiquer la maladie. Leur idée est de créer une machine qui serait capable de détecter si une personne est souffrante ou non grâce à un échantillon de son sébum. Non seulement ce test permettrait un diagnostic immédiat, mais il pourrait peut-être aussi permettre aux médecins de dépister les malades avant que les symptômes ne se déclarent.

L’être humain, un bon détecteur de maladies ?

A l’instar du chien, plusieurs éléments suggèrent que l’Homme possède aussi un odorat capable de détecter certaines maladies. Lors d’une étude en double aveugle à petite échelle publiée en 2017 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs ont annoncé que plusieurs personnes avaient réussi à identifier quels individus étaient malades parmi ceux en bonne santé. Pour y parvenir, les participants disposaient de leur odeur corporelle et de photographies quelques heures après que leur système immunitaire a été activé par une toxine simulant une infection.

Selon les chercheurs, si l’être humain n’arrive pas à développer pleinement ses capacités olfactives, c’est certainement parce que nous ne prêtons pas assez attention aux odeurs et que nous manquons de termes pour les décrire.

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Sources

https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2021/07/vous-pouvez-litteralement-sentir-si-quelquun-est-malade

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