Douleurs à la hanche : arthrose ou tendinite ? 5 signes qui ne trompent pas
La douleur dans la région de la hanche constitue un motif de consultation très fréquent, particulièrement chez les femmes de plus de 50 ans. Courante, ce type de douleur est souvent attribué à l’arthrose, on parle plus précisément coxarthrose. Pourtant, d’autres causes courantes, mais moins connues, peuvent causer des douleurs ou des raideurs au niveau de la hanche. La tendinite ou tendinopathie notamment, qui peut se limiter au tendon, c’est le syndrome douloureux du grand trochanter (SDGT) par exemple, un problème principalement causé par une souffrance des tendons des muscles fessiers mais aussi s’étendre sur la région trochantérienne (on parle de bursite trochantérienne). "Le SDGT comprend la souffrance du tendon, la souffrance de la bourse et donc parfois les deux en même temps", précise le Dr Etienne Dahan, rhumatologue. Dans tous les cas, cette confusion de diagnostic est terriblement ennuyeuse pour la suite de la prise en charge médicale.
Arthrose ou tendinopathie ? Pourquoi un diagnostic précis change tout
Un mauvais diagnostic ou auto diagnostic… conduit inévitablement à un mauvais traitement ! Alors que l'arthrose est une maladie dégénérative gérée par des antalgiques et le maintien de l'activité, la tendinopathie du moyen fessier est le plus souvent considérée comme pathologie de surmenage, même d'autres causes peuvent y conduire (inflammation, désordre métabolique, stress oxydatif...).
Elle nécessite une approche basée sur la rééducation, les étirements et le renforcement musculaire excentrique. Pour espérer un soulagement durable, il est indispensable de mettre en place une prise en charge professionnelle globale (ergothérapie, adaptation du poste de travail...), qu’il s’agisse d’arthrose ou de tendinite. Seul un examen clinique précis permet de distinguer ces deux affections et d'orienter le patient vers les exercices adaptés à sa condition réelle.
Les indices cliniques à surveiller
L'examen clinique permet de différencier une douleur provenant de l'articulation de celle issue des tissus mous environnants, c’est pourquoi il est important de toujours consulter votre médecin, y compris pour une douleur semblant avoir déjà été expérimentée, lui seul pourra poser un bon diagnostic. Si la douleur de l'arthrose est généralement qualifiée de mécanique et s'aggrave à l'effort, celle de la tendinopathie est souvent plus localisée et peut aussi survenir au repos. Cinq critères essentiels permettent d'orienter le diagnostic avec fiabilité. Ces signes peuvent être observés par le patient avant d'être formellement confirmés par des tests spécifiques comme le test de la jambe levée ou de l'abduction contrariée lors de la consultation médicale. Voici en images les 5 signes que vous devez surveiller.
La localisation exacte de la douleur
La localisation exacte de la douleur est le premier indice important. Dans le cas d'une arthrose de la hanche (coxarthrose), la douleur est le plus souvent ressentie profondément dans l'aine, au niveau du pli de la jambe, irradiant parfois vers la fesse ou le genou. À l'inverse, pour une tendinopathie du moyen fessier ou une bursite, la douleur se situe très précisément sur la face externe de la hanche, au niveau du grand trochanter, l'os qui dépasse sur le côté.
La réaction quand on touche la zone
Le signe le plus révélateur lors de l'examen clinique réside dans la réaction au toucher. En présence d'une tendinopathie ou d'une bursite, la pression exercée par le praticien sur le grand trochanter provoque une douleur vive et extrêmement localisée. Ce phénomène est généralement absent en cas d'arthrose, car la douleur provient de l'intérieur de l'articulation et non des tissus superficiels accessibles à la palpation.
Une douleur nocturne… ou pas
Bien que pas toujours pertinente, le moment d'apparition de la douleur peut toutefois offrir une indication. La douleur liée à la tendinopathie survient souvent la nuit, elle est capable de vous réveiller particulièrement si vous dormez couché sur le côté atteint, ce qui comprime le trochanter. Elle se manifeste aussi après une immobilité prolongée. "C'est un phénomène d'écrasement dans ce cas, précise le Dr Dahan, l’arthrose de hanche ou coxarthrose réveille le patient lors des changements de position". L'arthrose, quant à elle, provoque une douleur mécanique qui s'améliore au repos, elle atteint souvent son paroxysme après l'effort ou en fin de journée. Bien évidemment, un effort prolongé avec une tendinite est aussi douloureux !
L'amplitude de mouvement de la hanche
La mobilité de l'articulation est un autre critère à prendre en compte. L'arthrose entraîne une limitation progressive et douloureuse de l'amplitude de mouvement, notamment en rotation et en abduction. Dans le cas d'une tendinopathie, l'articulation elle-même reste saine : les mouvements doux sont souvent préservés et indolores, la douleur n'apparaissant que lorsque le tendon est sollicité activement.
Les mouvements qui déclenchent la douleur
Les activités déclenchant la gêne ne sont pas les mêmes selon la pathologie. Pour une tendinopathie, la douleur est intensifiée par les situations exigeant un appui sur une seule jambe, comme la montée d'escaliers, ainsi que par la station debout prolongée qui fatigue les fessiers. En revanche, la douleur arthrosique est surtout exacerbée par la mise en charge globale, comme lors d'une marche prolongée notamment. Elle peut également survenir pendant la montée d'escalier... mais aussi la descente.
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