Sommaire

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est très claire sur la question : on parle de pandémie en cas de propagation mondiale d’une nouvelle maladie. Elle se propage dans le monde entier en l’absence d’immunité collective. "En général, les virus qui ont provoqué des pandémies dans le passé avaient pour origine des virus grippaux de l’animal", soutient l’OMS.

Parmi les pandémies les plus meurtrières de l’histoire, on peut citer la peste d’Athènes (100 millions de morts), la peste noire (25 millions de personnes mortes en Europe), la grippe espagnole (plus de 50 millions de morts), le paludisme (405 000 décès en 2018), la variole (environ 400 000 décès par an), le choléra (chaque année 21 000 à 143 000 décès), la fièvre jaune (30 000 décès par an selon l’OMS) ou encore la tuberculose (100 millions de morts).

L'épidémie de coronavirus est devenue une pandémie le 11 mars 2020, en passant la barre des 100 pays infectés, dans toutes les régions de la planète. La grande majorité de la population n'étant pas immunisée contre ce nouveau virus, son impact et sa gravité sont potentiellement plus élevés que dans le cas d'un virus déjà connu.

Aujourd’hui, 185 pays sont touchés par le Covid-19. Quand l'OMS déclare officiellement le stade de pandémie, ses 198 Etats Membres doivent respecter le Règlement sanitaire international (RSI). Cet accord oblige les Etats Membres de l'OMS à collaborer au profit de la sécurité sanitaire mondiale.

Fin de pandémie : lorsque le taux de mortalité chute et que les populations n’ont plus peur

Quand la pandémie Covid-19 prendra-t-elle fin ? Et surtout comment ? Vous êtes nombreux à vous poser la question. Selon plusieurs historiens, pour parler de fin d’une pandémie, deux conditions doivent être réunies. La première concerne le nombre de contaminations, un aspect purement médical. Lorsque l’incidence et les taux de mortalité chutent, on prend le chemin de la période "postpandémique". La seconde prend un aspect plus "social" : lorsque l’épidémie de "peur de la maladie" disparaît et que la psychose ne règne plus au sein des populations.

En d'autres termes, une fin peut survenir non pas parce qu'une maladie a été vaincue mais parce que les gens se lassent du "mode panique" et apprennent à vivre avec une maladie. Allan Brandt, un historien de Harvard, a déclaré aux New York Times que "de nombreuses questions sur la soi-disant fin ne sont pas déterminées par des données médicales et de santé publique mais par des données sociopolitiques".

Qu’est-ce que "l’épidémie de peur de la maladie" ?

Le Dr Susan Murray, du Royal College of Surgeons de Dublin, en a profité pour expliquer à la presse new yorkaise à quel point de "l’épidémie de peur" pouvais causer des ravages, surtout sur les personnes vulnérables.

"Si nous ne sommes pas prêts à combattre la peur et l'ignorance aussi activement et aussi sérieusement que nous combattons tout autre virus, il est possible que la peur puisse causer des dommages terribles", selon Dr Murray.

La Dre Susan Murray était d’ailleurs aux premières loges en 2014 lorsqu'elle était boursière dans un hôpital rural en Irlande. Au cours des mois précédents, plus de 11 000 personnes en Afrique de l'Ouest sont décédées d’Ebola. L'épidémie semblait décliner et aucun cas ne s'est produit en Irlande, mais la peur du public était insoutenable.

"Dans la rue et dans les services, les gens étaient anxieux, se souvient le Dr Murray dans une publication du New England Journal of Medicine. Lorsqu'un jeune homme, souffrant d’un cancer, est arrivé aux urgences provenant d'un pays où vivent des patients atteints d'Ebola, personne n'a voulu s'approcher de lui ; les infirmières se sont cachées et les médecins ont menacé de quitter l'hôpital".

Seul le Dr Murray avait osé le soigner. Le patient est décédé une heure plus tard. Pourtant quelques jours après, des tests ont confirmé que l’homme n’avait pas le virus Ebola. D’ailleurs, dans la foulée, l’OMS annonçait la fin de l’épidémie.

Fin de pandémie de la grippe A : une certaine immunité collective avait été acquise

Fin de pandémie de la grippe A : une certaine immunité collective avait été acquise

Lors de la pandémie de grippe A (H1N1) survenu en 2009, l’OMS expliquait qu’elle était survenue à cause d’un nouveau virus grippal contre lequel de nombreuses personnes n’avaient aucune immunité préexistante.

"Ce virus a provoqué dans de nombreux pays des flambées de grippes inhabituelles et étendues pendant les mois d’été et une morbidité très importante au cours des mois d’hiver", selon l’OMS.

Le mode de transmission pandémique a été remplacé par le mode saisonnier

Au moment de la fin de la pandémie, l’OMS expliquait que nous nous trouvions "dans une situation où le virus s’est propagé partout dans le monde, où dans beaucoup de pays de nombreuses personnes appartenant à toutes les classes d’âge ont acquis une certaine immunité contre ce nouveau virus".

"Sur la base de ce tableau général, tout porte à croire que le mode de transmission pandémique a été remplacé par le mode saisonnier. Toutefois, il est important de réaliser que les saisons grippales elles-mêmes peuvent montrer de grandes variations. Certaines années leurs répercussions peuvent être limitées, alors que d’autres elles peuvent être très importantes".

Période postpandémique : il ne faut pas négliger les mesures barrières

"Étant donné la situation, il reste important que les gens continuent de suivre les mesures pour se protéger, mettait en garde l’OMS en 2010. Celles qui permettent en général de réduire les risques d’infection grippale, comme le recours aux vaccins et à l’hygiène des mains [cette dernière est également applicable au Covid-19, ndlr]".

Que signifie la fin d’une pandémie pour la population ?

Que signifie la fin d’une pandémie pour la population ?

" Pour la plupart des gens, cela aura peu de répercussions sur leur vie quotidienne, explique l’OMS. Que le monde soit en situation de pandémie ou non, les virus grippaux exposent de nombreuses personnes à un risque de maladie et il convient donc que ces dernières prennent des mesures pour réduire leur risque d’infection".

Ces mesures comprennent les vaccins antigrippaux, lorsqu’ils sont disponibles, surtout si l’on appartient à un groupe à haut risque de forme grave de la maladie. "La plupart des personnes qui tombent malades peuvent être traitées à domicile en toute sécurité, mais les gens qui s’en occupent et les membres de leur famille doivent être conscients du fait que si une personne présente des symptômes laissant à penser qu’il s’agit d’une forme plus grave, par exemple une fièvre élevée prolongée, des difficultés respiratoires ou une confusion, il faut alors alerter les secours", ajoute l’OMS.

Comment la pandémie se terminera pour le Covid-19 ?

Toujours selon les historiens, il est possible que la pandémie de coronavirus se termine socialement avant de se terminer médicalement. En d’autres termes, les conditions "sociales" pourraient être réunies avant les conditions "médicales".

"Les gens deviennent si fatigués des restrictions qu'ils déclarent la pandémie terminée, même si le virus continue de couver dans la population et qu’aucun vaccin ou traitement efficace ne soit trouvé, selon l'historienne de Yale Naomi Rogers, interviewée par le New York Times. Je pense qu'il y a ce genre de problème psychologique social d'épuisement et de frustration. Nous nous trouvons peut-être à un moment où les gens disent simplement : 'Cela suffit. Je mérite de pouvoir reprendre ma vie normale.

Néanmoins, selon les historiens, il est difficile à ce jour d’imaginer comment et quand exactement la pandémie du Covid-19 prendra fin.

> De plus en plus de femmes renoncent à la chirurgie esthétique et utilisent cette pilule à la place.

Sources

How Pandemics End, New York Times, 10 mai 2020

Qu’est-ce qu’une pandémie ?, OMS

Qu’est-ce que la période postpandémique ?, OMS, 2010

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.