Grippe aviaire : après H5N1, H7N9 ?

Connue sous la forme provoquée par le virus H5N1, la grippe aviaire est aussi véhiculée par le virus H7N9 qui a fait son apparition en 2013 en Chine. Quelles sont ses caractéristiques ? Le point avec Jean-Claude Manuguerra, virologue, responsable de l’unité Environnement et risques infectieux à l’Institut Pasteur.
Grippe aviaire : après H5N1, H7N9 ?Istock

L’influenza aviaire, plus communément appelée grippe aviaire qui désigne la maladie chez l’homme causé par un virus aviaire, est une zoonose virale provoquée par certaines souches de virus de type A. Transmise à l’homme par des volatiles, elle peut être très dangereuse voire mortelle, mais elle reste heureusement très rare.

Causes

"Les virus de la grippe ont la particularité d’être composés de 8 segments d’ARN différents qui peuvent se réassortir les uns avec les autres créant ainsi d’autres souches de virus. C’est ce qu’on appelle le mécanisme de réassortiment et ce qui explique la variété des souches grippales", explique Jean-Claude Manuguerra, virologue, responsable de l’unité Environnement et risques infectieux à l’Institut Pasteur.

Les virus de type A se répartissent ainsi en sous-types, caractérisés par leurs protéines de surface, hémagglutinine (H) et neuraminidase (N). À ce jour 18HA (H1 à H18) et 11NA (N1 à N11) ont pu être comptabilisés.
"Les virus H7Nx comme les H5Ny sont les seuls qui peuvent devenir hautement pathogènes pour les volailles. Ces derniers ont la particularité de ne pas se multiplier que dans l’appareil digestif ou dans les poumons, mais aussi dans l’ensemble de l’organisme s’ils ont une séquence particulière provoquant alors la peste aviaire", ajoute Jean-Claude Manuguerra.

C’est le virus H5N1 qui a surtout fait parler de lui quand il a été repéré pour la première fois en 1997, lors d’une épidémie à Hong Kong, provoquant la mort de six personnes. Il est réapparu fin 2003, provoquant d’abord des maladies chez les volailles dans plusieurs pays d’Asie puis des premiers cas humains.

Circulant normalement uniquement chez les oiseaux, le virus H7N9 n’avait jusqu’à récemment pas été observé chez l’homme, mais une infection humaine a été détectée en mars 2013 en Chine chez une personne vivant en contact étroit avec des volailles.

Depuis, des cas d’infections d’êtres humains par le virus H7N9 surviennent régulièrement. Depuis mars 2013, le nombre de contaminations humaines par le H7N9 s’élève à 1 625 cas, dont 623 mortels, soit un taux de létalité de 38 %, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Photo : virus de la grippe A (H7N9)

Photo : virus de la grippe A (H7N9)© Creative Commons

Crédit: Cynthia S. Goldsmith and Thomas Rowe Content Providers: CDC/ Cynthia S. Goldsmith and Thomas Rowe — This media comes from the Centers for Disease Control and Prevention's Public Health Image Library (PHIL), with identification number #15670 Copyright : CC/Public Domain - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Electron_micrograph_of_Influenza_A_H7N9.png

Modes de transmission

À ce jour, les scientifiques disposent de peu d’informations concernant le mode de contamination du virus H7N9. Si les oiseaux sont considérés comme la source presque certaine de l'infection, la moitié des malades analysés n'ont eu aucun contact avec des poulets avant l’apparition de la maladie. "D’autres espèces d’oiseaux comme des pigeons ou des moineaux peuvent aussi véhiculer le virus. Ce ne sont pas nécessairement des volailles", explique Jean-Claude Manuguerra, virologue. Et de préciser : "À ce jour aucune transmission interhumaine du virus n’a été constatée, mais les modes de transmission de l’animal à l’homme et d’un être humain à un autre font l’objet de recherches intensives."

Symptômes

"La caractéristique du virus H7N9 est qu’il provoque, contrairement au virus H5N1, peu de symptômes chez les volailles infectées ce qui le rend plus difficile à suivre" souligne le spécialiste Jean-Claude Manuguerra.

Chez l’homme, les symptômes prennent la forme au début d’une atteinte des voies respiratoires inférieures. Voici les principaux :

  • Forte fièvre.
  • Toux ou maux de gorge.
  • Diarrhée, vomissements, douleurs abdominales.
  • Douleurs thoraciques.
  • Saignements du nez et des gencives.

Complications

Comme le virus H5N1, l'aggravation des symptômes de la peste aviaire provoquée par le virus H7N9 peut conduire à diverses complications comme :

  • Une hypoxémie (Diminution anormale de la quantité d'oxygène contenue dans le sang).
  • Un dysfonctionnement de plusieurs organes.
  • Des surinfections bactériennes et/ou fongiques.

Traitements

Le virus H7N9 se traite grâce aux inhibiteurs de la neuraminidase comme le Zanamivir et l'Oseltamivir. "D’autres médicaments ont été développés, mais ce sont les inhibiteurs de la neuraminidase qui sont les plus efficaces. Aucun vaccin n’est disponible sur le marché. Ce virus reste très marginal. Il faut cependant le surveiller", souligne Jean-Claude Manuguerra, virologue.

Mesures de prévention

Les mesures de prévention recommandées par l’OMS consistent lors d’un voyage dans un pays où il existe un risque de grippe aviaire à :

  • Se laver systématiquement les mains et les sécher correctement.
  • Se couvrir la bouche et le nez lors de toux ou d’éternuements.
  • Utiliser des mouchoirs en papier jetable et s’en débarrasser immédiatement.
  • Éviter les endroits à risque élevé, comme les fermes d’élevage de volailles et les marchés d’animaux vivants.
  • Éviter tout contact direct avec les oiseaux, notamment les poules, poulets, canards et oiseaux sauvages.
  • Éviter de toucher des surfaces contaminées par des excréments ou des sécrétions d’oiseaux.
  • Consommer des aliments cuits et éviter de manipuler de la viande de volaille.

Mesures de prévention© Istock

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