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C'est un traitement à la voie d'administration surprenante. Après plusieurs mois d'attente , l’Institut Pasteur de Lille peut officiellement tester son traitement contre le Covid-19. Il va en effet lancer des essais cliniques pour tester un suppositoire à base de Clofoctol. Comme le rapporte La Voix du Nord, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de délivrer les autorisations nécessaires à la mise en place d’un test scientifiquement indiscutable. Selon Benoît Deprez, directeur scientifique de l'Institut Pasteur de Lille, "l'essai peut démarrer, toute la logistique est prête". Il précise au quotidien nordiste que "le déploiement va se faire localité par localité".

Réduire de 50% le risque d'aggravation du virus

Les premiers tests seront en effet réalisés sur 346 patients dans la région de Lille. "Les critères d’inclusion sont définis dans le protocole de l’essai... Il faut avoir un test positif récent, avoir plus de 50 ans, avoir au moins un symptôme et ne pas avoir été vacciné", détaille le directeur scientifique de l'Institut Pasteur. En pratique, le suppositoire de Clofoctol doit être pris deux fois par jour pendant cinq jours. Ils seront séparés en deux groupes : un prendra le traitement et l'autre s'administrera un placebo. Grâce à ce suppositoire, l'Institut Pasteur de Lille espère réduire de 50% le risque d'aggravation des formes du coronavirus. "Les résultats intermédiaires sont prévus dans le protocole à 50% des inclusions, soit à 346 patients. Nous espérons avoir atteint ce nombre après l’été. À ce moment, nous avons prévu de comparer les deux groupes (placebo et actif) en termes d’efficacité notamment", précise Benoît Deprez.

Le directeur scientifique précise dans La Voix du Nord que le critère de jugement principal restera "le nombre de patients dont l’état s’aggrave, mesuré dans les deux groupes". Il estime que "l’aggravation est constatée si le patient est malheureusement hospitalisé, si sa saturation en oxygène est anormalement basse ou si le médecin est obligé de prescrire de l’oxygène à domicile". Si le niveau d'efficacité atteint l'objectif fixé à 50% de réduction du risque d'aggravation, alors "l'essai sera arrêté et les résultats permettront d'assembler un dossier de demande d'autorisation sur le marché". S'il fonctionne, le suppositoire anto-Covid pourrait donc être mis sur le marché rapidement.

Utile dans les pays où la vaccination est compliquée

Pourtant, la route a été longue depuis la découverte de la molécule de Clofoctol en mai 2020. "Le temps passé entre la découverte du principe actif (mai 2020) et le début des essais peut sembler long en effet. Ces onze mois ont été passés à lever des fonds, (l’étape la plus rapide), concevoir l’essai dans tous ses détails opérationnels, faire fabriquer le médicament aux normes pharmaceutiques, mettre au point le placebo et enfin, convaincre de l’intérêt et de la faisabilité de l’essai, les différentes autorités... ", explique le directeur scientifique de l'IPL. À terme, ce médicament pourrait surtout se révéler très utile dans les pays où la campagne de vaccination ne va pas assez vite afin de limiter les cas de formes graves de la Covid-19.

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Sources

EXCLUSIF. L’Institut Pasteur de Lille peut officiellement tester son traitement contre le Covid-19, La Voix du Nord, 12 juin 2021. 

https://www.lavoixdunord.fr/1025408/article/2021-06-12/exclusif-l-institut-pasteur-de-lille-peut-officiellement-tester-son-traitement

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