Covid-19 : prononcer ces consonnes favorise la transmission du virus

Ecouter l'article :

Pour limiter la transmission du coronavirus, la seule distanciation sociale ne suffit pas. Deux nouvelles études confirment que la parole propulse des aérosols dans l’air… Et certains mots en émettraient plus que d’autres. Le port du masque se révèle donc, une fois de plus, l’arme la plus efficace.
Covid-19 : prononcer ces consonnes favorise la transmission du virusIstock

Vous pensez que vous tenir à un mètre de distance pour discuter vous protège de la Covid-19 ? Détrompez-vous… En effet, le simple fait de parler propulse des microgouttelettes de salive, potentiellement chargées en virus, sous forme d’aérosols. En particulier lorsque vous prononcez certains mots.

C’est en tout cas ce que montrent deux récentes études, publiées respectivement le 25 septembre dans la revue PNAS et le 2 octobre dans Physical Review Fluids, qui ont pour auteurs principaux les scientifiques Manouk Abkarian et Howard A. Stone. Ces travaux se sont penchés sur la salive comme vecteur de propagation du coronavirus, y compris chez les sujets asymptomatiques, et les moyens d’atténuer la transmission par ce biais.

Les consonnes occlusives propulsent davantage d’aérosols

Les chercheurs ont mené plusieurs expériences. L’une d’elle consistait à répéter les phrase “peter piper picked a peck” et “sing a song of sixpence”, et d’enregistrer la quantité d’aérosols émis grâce à un dispositif adapté. Dans le premier cas, ils ont atteint 2 mètres en 30 secondes. Dans le second, ils sont retombés à moins d’un mètre du sujet.

La salive serait donc propulsée à une distance plus importante lors de l’émission de sons “plosifs”. Celle-ci pouvant dépasser les deux mètres, dans le cas où une phrase contiendrait plusieurs de ces consonnes, dites aussi “occlusives”. Le mode d’articulation de ces dernières comprend un temps de blocage de l’air, puis son relâchement soudain, propice à l’émission de postillons.

Plus concrètement, l’utilisation des lettres P, B, K, D ou encore des sons GUE ou QUE, enverraient davantage d’aérosols dans l’air, et serait donc plus susceptible de transmettre le coronavirus. Certains mots semblent alors plus “dangereux” que d’autres : papa, pépé, pédaler, bébé, baobab, borborygme, dédale, dogme, dictée, gargarisme, gagner, quelconque, kéké…

Bien sûr, il est impossible de bannir ces consonnes de notre vocabulaire. L’alternative la plus efficace, pour éviter la propulsion de microparticules de salive, est donc tout simplement le port du masque.

Un article humoristique du Monde se révèle visionnaire…

Les résultats de ces récentes études ne sont pas sans rappeler un article humoristique du Monde, publié le 1er avril dernier. Celui-ci mettait en avant de prétendues recommandations du Comité analyse recherche et expertise du gouvernement et de l’Académie Française, pour endiguer la propagation du coronavirus SARS-CoV-2.

Les recommandations en question ? “Suspendre l’usage” de certains mots “conduisant à expirer plus d’air que d’autres”. Et tout particulièrement, ceux qui contiennent des consonnes chuintantes, labiales et dentales sourdes. “En clair, il s’agirait de bannir les sons ​ch-, f-, t- et p-”, précisaient les auteurs, et “d’interdire le tutoiement dans les lieux publics”, pour remettre à l’honneur le vouvoiement.

Si cet article était, évidemment, une blague au moment de sa publication, certains des arguments qu’il mettait en avant ont finalement été validés scientifiquement.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.