Coronavirus : les nouveaux tests rapides, c'est quoi ?

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Le gouvernement évoque la nécessité d'obtenir au plus vite des tests rapides contre le nouveau coronavirus. Mais en quoi consistent ces tests ? Quand seront-ils disponibles ? Quelle différence avec les tests PCR et sérologiques ? Le point.
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Le Premier ministre Olivier Véran a expliqué le 28 mars 2020 lors d'une conférence de presse de crise conjointement menée avec le Premier ministre Edouard Philippe, la nécessité d'obtenir au plus vite des tests rapides contre le nouveau coronavirus.

"La France a passé une commande de 5 millions de ces tests rapides, pour procéder à 100 000 tests par jour au mois de juin. Ils viendront s'ajouter aux tests PCR (...)", a-t-il expliqué.

Et d'ajouter : ces tests rapides "permettront d’avoir un résultat rendu en quelques minutes, 10, 15, 20 parfois 30 minutes selon les tests considérés". Ces nouveaux kits sont en cours d’élaboration, voire "désormais opérationnels pour certains d’entre eux", a ajouté le ministre, mentionnant des recherches en France, aux États-Unis, au Japon ou en Corée du Sud. Toutefois, "avant de les déployer, il faut s’assurer de leur efficacité", a-t-il insisté.

Un test rapide, portable disponible aux États-Unis

Les tests rapides font l'objet d'une course à la recherche dans les pays du monde entier. En pleine polémique sur la fiabilité des tests de dépistage actuellement disponibles dits PCR qui produisent de "faux négatifs", la compagnie américaine Abbott Laboratories a indiqué vendredi 27 mars 2020, sa mise au point d'un dispositif "portable" de test rapide de la taille d'un grille-pain, équipé de technologie moléculaire. Ce test rapide serait à même de déterminer en seulement cinq minutes si un individu est contaminé par le coronavirus et obtenir un résultat négatif ne prendrait plus que 13 minutes.

La firme aurait obtenu l'autorisation de démarrer la production de la part de l'agence fédérale américaine du médicament (FDA) pour fournir aux professionnels médicaux son dispositif dès la semaine prochaine...

L'Espagne investit 432 millions de dollars dans des tests rapides défectueux

Depuis le 25 mars 2020, l'Espagne est le second pays le plus touché par le coronavirus, derrière l’Italie. Face à l'ampleur de la crise sanitaire, le gouvernement espagnol a donc fait le choix d'acheter des tests rapides à "une entreprise sans licence". Une situation dramatique sur laquelle est d'ailleurs revenu notre ministre la santé le 28 mars au soir lors de sa conférence de presse.

"L'exemple malheureux de nos voisins espagnols qui, ayant passé commande pour plusieurs centaines de milliers de tests rapides chinois, ont eu la déconvenue de se rendre compte que ces tests étaient totalement inefficaces".

Pour gagner en rapidité et limiter les dégâts d'une maladie virale qui a déjà tué plusieurs milliers de personnes en Espagne, le gouvernement a déboursé en urgence 432 millions de dollars afin de s’équiper en tests médicaux rapides chinois. Mais les 340 000 kits achetés à Shenzhen Bioeasy Biotechnology, seraient sans valeur médicale. Le jeudi 26 mars 2020, l’ambassade de Chine en Espagne a publié, sur son compte Twitter, plusieurs posts inquiétants. Le ministère chinois du Commerce a fourni à l’Espagne une liste de fournisseurs classés, dans laquelle Shenzhen Bioeasy Biotechnology n’était pas incluse. Il a ainsi expliqué que l'entreprise qui a envoyé ces tests rapides (résultats en 10 à 15 minutes) "n’a pas de licence officielle de l’administration nationale des produits médicaux de Chine".

Le coordinateur des urgences du ministère de la santé, Fernando Simon, a déclaré que 9 000 tests étaient défectueux, principalement localisés dans la communauté de Madrid, selon le journal El Pais.

Quels sont les trois types de tests accessibles ?

Actuellement, la France utilise des tests PCR dont les résultats demandent plusieurs heures et qui ne sont effectués que par le personnel médical sur les patients présentant des symptômes graves.

Par ailleurs une commande de cinq millions de tests rapides, second type de tests, qui s’ajoutent aux tests PCR, a été passée, a précisé le ministre de la santé le 28 mars 2020. Cette commande va compléter nos capacités actuelles.

Enfin, le ministre a évoqué l’arrivée possible au cours des "prochaines semaines" d’un dernier type de tests, les tests sérologiques. Réalisés via une simple prise de sang, ils n’ont pas le même but. Ils visent à détecter les anticorps pour savoir si une personne a été en contact avec le virus.

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Source(s):

https://elpais.com/sociedad/2020-03-26/china-asegura-que-espana-compro-los-test-rapidos-a-una-empresa-sin-licencia.html

Conférence de presse du 28 mars 2020 : Edouard Philippe, Olvier Véran