L'insémination artificielle consiste à injecter des spermatozoïdes "sélectionnés" dans la cavité utérine le jour de l'ovulation. Cette procédure de procréation médicalement assistée ne peut être pratiquée sans un bilan préalable de la fertilité. Le gynécologue analyse les antécédents médicaux des deux membres du couple et prescrit une série d’examens complémentaires.

Insémination artificielle : quelles sont les étapes ?

Préalablement à la procédure d'insémination artificielle, les couples doivent également répondre à des obligations administratives. "Le couple doit justifier d'une vie commune (sans période minimale). Des sérologies doivent obligatoires doivent être réalisées. Elles s'effectuent par le biais d'un prélèvement sanguin, permettant d’éliminer une infection par le VIH, les hépatites et la syphilis. En cas de positivité, une prise en charge spécifique doit être proposée", explique à Medisite le Dr Marine Leflon, gynécologue et médecin de la reproduction, à la Clinique des Femmes à Paris.

1 - Stimuler l'ovulation

La stimulation ovarienne (ou stimulation de l'ovulation) est la première étape du processus d’insémination artificielle. Elle vise à optimiser la croissance des follicules ovariens, ces structures en forme de petits sacs se situent dans les ovaires, dans lesquelles se développent des cellules reproductrices féminines (ovocytes). Pour rappel, l'ovulation correspond à la libération d'un ovocyte (cellule sexuelle ou gamète) contenu dans l'ovaire et libéré au niveau les trompes utérines (appelées trompes de Fallope).

"Dans la grande majorité des cas, la stimulation de l'ovulation s'effectue par le biais d'injections sous-cutanées de gonadotrophines (FSH : Hormone folliculo-stimulante), tous les soirs , pendant environ 14 jours. Une surveillance régulière de ce traitement est réalisée par échographie et prélèvement sanguin. Il s'agit de vérifier la présence d'un, voire deux follicules maximum. Dans de rares cas, trois (voire davantage) follicules sont présents, ce qui peut engendrer des grossesses multiples (3 embryons ou plus) ", détaille le Dr Leflon.

Lorsque la femme a des cycles réguliers, il peut être choisi de ne pas utiliser de gonadotrophines et de surveiller la croissance folliculaire spontanée régulièrement. Le déclenchement de l'ovulation s'effectue, quant à lui, grâce à des injections d'HCG (gonadotrophine chorionique humaine). Cette hormone est produite par le placenta lorsqu'une femme est enceinte.

2 - Insémination avec le sperme du conjoint ou d'un donneur

Lorsque l'ovulation est effective, l'insémination est programmée. Elle s'effectue au cabinet du gynécologue ou dans un centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) 36 heures plus tard.

L’insémination artificielle peut être pratiquée, au choix, avec :

  • le sperme frais du conjoint. Cette possibilité est offerte lorsque le bilan d’infertilité du couple ne retrouve pas ou peu de causes d’infertilité (anomalies modérées du sperme, échec des stimulations simples de l’ovulation, suspicion d’altération de la glaire cervicale). Dans ce cas, le conjoint doit procéder à un recueil de sperme par masturbation, le matin de l’insémination. Il s’effectue après un délai d’abstinence sexuelle (absence d’éjaculation) compris entre 2 et 6 jours. Après le recueil, le sperme est préparé au laboratoire pour reproduire les modifications subies par les spermatozoïdes lors du passage du vagin vers la cavité utérine.
  • le sperme cryoconservé d’un donneur (quand l'homme est atteint d’une maladie génétique héréditaire ou qu'il y a une absence de spermatozoïdes ou encore dans le cadre des femmes seules ou des couples de femmes).

Insémination : une procédure indolore sans anesthésie

Au laboratoire, le recueil de sperme est préparé pour ne sélectionner que les meilleurs spermatozoïdes. "La patiente est installée en position gynécologique, un spéculum est positionné dans le vagin. Puis, la préparation contenant les spermatozoïdes est placée dans une petite pipette avec un cathéter très fin permettant de traverser le col et de déposer les spermatozoïdes directement dans la cavité utérine. Une fois dans l’utérus, les spermatozoïdes se répartissent tout seuls dans les trompes . Indolore, l’insémination intra-utérine ne nécessite pas d’anesthésie", indique le Dr Leflon.

Comment savoir si l'insémination a marché ?

Après l'insémination, un traitement à base de progestérone (hormone féminine qui sert à préparer l'utérus pour une grossesse) peut être prescrit pour optimiser l'implantation de l'embryon dans l'utérus. Si la tentative d'insémination a échoué, les règles surviennent environ 14 jours après. Cette période peut être psychologiquement difficile à gérer.

Si les règles n’apparaissent pas, un test de grossesse est réalisé 14 jours après l’insémination pour vérifier que la grossesse débute. "Ce test consiste en un prélèvement sanguin mesurant le taux d'HCG. Le taux de succès d'une insémination artificielle est de 10 à 20%, en moyenne. La Sécurité sociale prend en charge six inséminations", précise le Dr Leflon.

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Sources

Merci à Dr Marine Leflon, gynécologue et médecin de la reproduction, à la Clinique des Femmes à Paris.

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