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Dyslexie, dysorthographie… Les troubles du langage et de l’apprentissage écrits sont très courants. En France, environ 8% des élèves d'une classe d'âge souffrent de troubles de l'apprentissage. Dans 4 à 6% des cas, il s'agit de dyslexie, selon la Fédération française des DYS. Problème, beaucoup sont en situation d’échec scolaire, mais ne sont en réalité pas diagnostiqués comme tels.

On sait que les enfants atteints de dyslexie mélangent souvent l’ordre des lettres lorsqu’ils écrivent et ont du mal à lire les mots facilement reconnaissables, mais quels sont les premiers signes qui doivent alerter les parents ? Selon Emmanuelle Carrasco, orthophoniste et maman d'enfants dyslexiques, “une dyslexie commence souvent par un retard de langage et/ou d’articulation”.

Interrogée par Medisite, la spécialiste précise que ce n’est pas toujours le cas, mais que cela survient “surtout le cas pour les formes graves”. “Il faut donc être vigilant”, nous précise la spécialiste.

Dyslexie : les signes qui doivent vous alerter

Pour faciliter le diagnostic, Emmanuelle Carrasco, auteure de l’ouvrage “Orthophoniste et maman d'enfants” aux éditions Librinova, explique que la “visite d'admission au CP, effectuée en fin de grande section par un médecin scolaire est là pour diagnostiquer les difficultés de ce type”. Selon elle, il y a des points pathologiques à mettre en évidence et qui sont aisément repérables chez un enfant :

  • un retard spatio-temporel
  • des difficultés phonologiques
  • des problème de graphisme
  • un déficit attentionnel

Dyslexie : quelles sont ses différentes formes ?

L’environnement scolaire est le premier lieu pour repérer les signes de dyslexie. Dans tous les cas, en cas de doute, l’orthophoniste précise qu’il “faut faire confiance aux maîtresses qui sont habituées à ces pathologies et qui pourront alerter les parents en cas de problèmes”. “En cas de doute, ne pas hésiter à les questionner”, recommande en effet la spécialiste.

Si on parle souvent de dyslexie en termes générique, il existe en réalité plusieurs formes de dyslexie :

  • La dyslexie phonologique : “C’est la plus courante. Elle touche au décodage entre la trace écrite et le son : phonème-graphème”, précise Emmanuelle Carrasco.
  • La dyslexie lexicale : “Elle correspond à une difficulté à se composer un lexique de mots reconnus. Elle est liée à un défaut de mémoire visuelle”, explique la spécialiste.
  • La dyslexie visuo-attentionnelle : “C’est une difficulté à repérer les lettres dans certaines positions dans les mots. Elle entraîne des sauts de ligne, des mots oubliés, déformés”, détaille Emmanuelle Carrasco.
  • La dyslexie mixte, qui associe plusieurs de ces formes. “La compréhension peut être affectée par les difficultés de lecture (effort de décodage qui provoque une perte de sens)”, détaille l’orthophoniste.
  • La dysorthographie (durable) : Elle accompagne les dyslexies, mais aussi d’autres troubles. “C’est la difficulté à assimiler le code orthographique et à appliquer les règles de grammaire”, détaille Emmanuelle Carrasco.
  • La dyslexie mixte : Ce trouble “associe plusieurs de ces formes”. “La compréhension peut être affectée par les difficultés de lecture (effort de décodage qui provoque une perte de sens)”, précise l’orthophoniste.
  • La dysorthographie (durable) : Elle “accompagne les dyslexies, mais aussi d’autres troubles”. “C’est la difficulté à assimiler le code orthographique et à appliquer les règles de grammaire”, conclut l’orthophoniste.

Afin de déterminer quel est le trouble de l’apprentissage dont souffre votre enfant, “le bilan orthophonique effectué en premier acte est là pour poser le diagnostic du type et de l’intensité de la dyslexie”, précise Emmanuelle Carrasco.

Dyslexie : quelles méthodes de rééducation ?

Selon le type de dyslexie diagnostiquée, différentes méthodes de rééducation existent et seront ensuite mises en œuvre par l’orthophoniste. “En effet différents exercices seront proposés selon les cas, mais il reste une base commune à leur prise en charge. Il faut reprendre complètement les bases de la phonologie, qui n’est pas suffisamment maîtrisée, ainsi que l’association phonème/graphème (le son et son code). C’est particulièrement le cas pour la dyslexie phonologique”, précise Emmanuelle Carasco. Concernant la dyslexie lexicale, elle demande à être “complétée par un travail au niveau de la mémoire visuelle des mots”.

La dyslexie visuo-attentionnelle met en évidence des difficultés attentionnelles. “À l’heure actuelle, elle est de plus en plus diagnostiquée et est liée à l’incapacité des enfants à se concentrer, notamment depuis la multiplication des écrans”, assure l'orthophoniste. Dans ce genre de dyslexie, elle recommande “une remédiation neuro-psychologique” pour “améliorer les performances attentionnelles”. L’orthophoniste propose aussi des exercices allant dans ce sens.

Plus le diagnostic sera posé tôt, plus l’enfant aura de chances de suivre une scolarité normale

Dans des cas d’enfants dyslexiques, la précocité du diagnostic a une grande importance dans la capacité des enfants à mener leur scolarité à bien. “Il est évident que plus le diagnostic sera posé tôt, plus l’enfant aura de chances de suivre une scolarité normale. La prise en charge orthophonique est fondamentale”, insiste l'orthophoniste, qui reconnaît toutefois que trouver une orthophoniste disponible est de plus en plus difficile avec “les déserts médicaux qui sont malheureusement de plus en plus nombreux”.

Dyslexie : l'importance du travail à la maison

Il est essentiel de préciser que l’orthophonie “n’est pas suffisante” pour accompagner un enfant dyslexique. “Elle doit être associée à un travail rigoureux à la maison. Il ne faut pas se voiler la face. Les parents ont aussi un gros rôle à jouer. En tant que praticienne, ce n’est d’ailleurs pas toujours facile de le leur faire comprendre”, confie auprès de Medisite l’orthophoniste Emmanuelle Carrasco.

Enfin, l’investissement de l’enfant dans ses séances est aussi primordial. “Il faut aussi un enfant motivé pour réussir sa prise en charge. S'il n’est pas volontaire même la meilleure orthophoniste du monde ne pourra rien y faire”, selon elle.

Orthophoniste depuis 30 ans, Emmanuelle Carrasco a deux filles touchées par des troubles DYS. Elle a écrit le livre “Orthophoniste et maman d'enfants dyslexiques” pour livrer ses conseils aux parents confrontés à ce type de troubles de l’apprentissage.

Dyslexie : 4 conseils pour aider les parents

Pour s’en sortir, elle estime qu’il faut :

  • travailler beaucoup
  • garder le cap et quoi qu’il arrive, ne jamais renoncer
  • apprendre à relativiser : “Les résultats scolaires ne sont pas un gage de bonheur, ni même un élément certain de réussite professionnelle. Le plus important, c'est la motivation. Penser à la grandeur des métiers manuels qui ne sont pas incompatibles avec la dyslexie”, confie l’orthophoniste.
  • observer son enfant.

Apprendre à le connaître pour l’orienter dès que possible vers son domaine de prédilection. Tout le monde à un domaine d’excellence, à nous de le trouver. Cela a été le cas de mes filles, l'aînée qui avait une imagination débordante et des qualités d’artiste est partie vers le cinéma. La cadette, qui excellait en dessin, a fait du graphisme sa profession”, conclut avec optimisme Emmanuelle Carrasco.

Dyslexie : 4 conseils pour aider les parents© Service de presse

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Sources

https://www.librinova.com/librairie/emmanuelle-carrasco/orthophoniste-et-maman-d-enfants-dyslexiques-1

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