L'infertilité ne doit pas être confondue avec la stérilité. C'est notamment le cas en cas, absence d'ovaire chez la femme, de spermatozoïdes chez l'homme). L'infertilité se caractérise par des difficultés pour concevoir un enfant. Mais la conception reste possible, avec ou sans traitement. La principale souffrance exprimée par les couples infertiles est la peur de ne jamais pouvoir donner la vie. Le parcours de Procréation Médicale Assistée (PMA) comporte, en effet, beaucoup d'incertitudes. Les tentatives pour concevoir peuvent être ponctuées d'échecs et le chemin peut être long.

1 - Garder un moral d'acier

Durant toute cette période, il faut conserver le moral et rester déterminé. Ne pas perdre en vue l'objectif malgré les difficultés. "Durant le parcours, il ne faut jamais perdre espoir", souligne Karine Mayer, psychologue spécialisée en infertilité et périnatalité. En effet, quelle que soit la technique utilisée pour optimiser la fertilité - stimulation simple d'ovulation par la prise de médicaments hormonaux, insémination artificielle, fécondation in vitro... - le médecin ne peut garantir au couple qu'il pourra avoir un enfant.

L'angoisse liée à cette incertitude est le point commun de la plupart de mes patients

"L'angoisse liée à cette incertitude est donc le point commun de la plupart de mes patients. Ce qui leur fait du bien, c'est de pouvoir se confier à quelqu'un de neutre, de pouvoir dire ce qu'ils ressentent à une personne qui connaît les parcours médicaux pour couples infertiles. Souvent, ils me disent qu'ils ont déjà vu des psychologues mais que ceux-ci n'étaient pas spécialisés dans l'infertilité. Ils se sont sentis incompris", confie la spécialiste.

Hommes et femmes vivent cette période différemment. "Les hommes ont tendance à internaliser leurs angoisses ; les femmes verbalisent davantage", note Karine Mayer. Nombre d'entre elles expriment leur sentiment de solitude face à l'épreuve de l'infertilité.

2 - Ne pas se sentir seul

Les couples infertiles se sentent souvent singularisés, notamment lorsqu'ils fréquentent des personnes ayant des enfants. Difficile de rester positif lorsque les naissances se multiplient dans un environnement proche : amis, collègues ou membres de la famille. "Je dis à mes patients qu'ils ne sont pas les seuls à vivre cette période d'incertitude. Il ne faut pas qu'ils se sentent stigmatisés", note Karine Mayer.

De fait, 15 à 25% des couples en France sont confrontés à l'infertilité. Par ailleurs, dans 10 à 25% des cas, celle-ci n’est pas attribuable à un défaut spécifique d’un des deux partenaires. "La PMA reste une épreuve, il est tout à fait normal de ressentir de l'anxiété et de la tristesse, de se sentir différent par rapport aux autres. Lorsque le parcours de PMA s'éternise, certains peuvent même faire une dépression", souligne Karine Mayer.

3 - Conserver la cohésion au sein du couple

Les épreuves peuvent engendrer des dissensions au sein du couple. L'infertilité n'est pas toujours connue avant le désir d'enfant. Cette mauvaise surprise suscite donc des déceptions, un sentiment de culpabilité et une incompréhension au sein du couple. "La cohésion et la bonne entente au sein du couple sont des prérequis pour vivre cette période le plus sereinement possible. Le parcours de PMA doit être l'occasion de prendre de bonnes habitudes : prendre le temps de communiquer, se confier en toute transparence », affirme Karine Mayer. Le stress et la culpabilité sont contre-productifs.

Pratiquer des exercices de sophrologie ou de méditation

"Lorsque l'on est stressé, on a tendance à devenir pessimiste, mais aussi à espacer les relations sexuelles. Pour diminuer le stress, je conseille de pratiquer des exercices de sophrologie ou de méditation de pleine conscience, par exemple. Par ailleurs, il ne faut pas culpabiliser, personne n'est fautif en cas d'infertilité", souligne Karine Mayer.

Enfin, les conjoints doivent recevoir la même information concernant l'infertilité, les démarches médicales nécessaires, les risques et les chances de réussite. "Il faut éviter de lire les forums car se sont souvent les personnes pour qui le parcours se déroule mal qui y témoignent. Le médecin, la presse médicale et certaines associations fournissent des informations fiables, susceptibles d'aider les couples à passer le cap difficile de l'infertilité", conclut la psychologue.

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Sources

Merci à Karine Mayer, psychologue spécialisée en infertilité et périnatalité.

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