Sommaire

“Le protocole de fécondation in vitro est généralement indiqué chez les couples qui, après une à deux année(s) de tentatives de grossesse, ne parviennent pas à avoir un enfant malgré des rapports sexuels fréquents et un cycle menstruel réguliers” indique le Dr C. Demerlé- Roux. “Evidemment, d’autres critères, tels que l’âge de la femme, l’état des trompes et la qualité du sperme du conjoint seront pris en compte pour choisir la meilleure technique de PMA, adaptée au couple”, complète la spécialiste.

FIV : les éléments médicaux et administratifs

La consultation dans un centre de PMA

Le gynécologue qui connaît et suit la patiente va l’orienter avec son conjoint vers un centre de PMA si la grossesse tarde à venir. Lors de la première consultation en PMA, un bilan sera prescrit afin d’évaluer la qualité des spermatozoïdes de l’homme, l’ovulation de la femme et l’état de l’utérus et des trompes. On appelle cette étape le bilan d’infertilité.

Le dossier administratif

Si le couple est orienté vers un parcours de FIV, un dossier administratif devra être établi. Ce dernier est généralement constitué des photocopies des pièces d’identité des deux membres du couple, des attestations de Sécurité Sociale, d’une photocopie de la prise en charge à 100% par la Sécurité Sociale, d’un acte de mariage ou d’une déclaration de vie commune et/ou d’une preuve de divorce si l’un des membres du couple a eu un premier mariage.

Le dossier médical

Pour compléter le dossier administratif, il est nécessaire de réaliser un bilan biologique qui comprend, des sérologies pour chaque membre du couple (VIH, Hépatite B et C, syphilis, chlamydiae) datées de moins de 3 mois avant la premiere tentative puis ensuite chaque année, une spermoculture datant généralement de moins de 6 mois ainsi que les résultats des différents examens demandés lors du bilan d’infertilité. Il sera aussi nécessaire de communiquer la date prévue du rendez-vous avec l’anesthésiste (pour la ponction des ovocytes).

À noter : quelle que soit la technique de PMA choisie, la réglementation en vigueur impose aux patients et à l’équipe médicale un ensemble d’obligations administratives et médicales.

La loi 94-654 du 30 juillet 1994, dite loi Bioéthique, a défini les modalités de prise en charge des couples demandeurs de PMA. Elle précise les conditions de couple requises pour bénéficier de cette aide à la procréation. Elle stipule que l’équipe médicale doit recueillir le consentement commun du couple pour chaque technique. Cette loi Bioéthique a été modifiée le 29 juin 2021, autorisant désormais les couples de femmes et les femmes célibataires à faire appel à la procréation médicalement assistée (PMA), elle lève également l’anonymat des donneurs de gamètes.

Réunion de concertation pluridisciplinaire

Toutes les semaines, une réunion de concertation pluridisciplinaire a lieu dans les centres de PMA. Lors de cette réunion, le staff composé de biologistes, gynécologues, endocrinologues et psychologues présente les dossiers des couples demandeurs de prise en charge. Après concertation, l’équipe valide (ou non) les demandes de FIV.

Etape 1 de la FIV : la stimulation ovarienne

“Lors d’un protocole de fécondation in vitro, la première étape consiste à réaliser une ‘hyperstimulation’ ovarienne contrôlée. Le but étant de recueillir un nombre satisfaisant d’ovocytes matures afin de multiplier les chances d’obtenir des embryons”, explique le Dr Charlotte Demerlé Roux. Cette stimulation ovarienne va être obtenue grâce à des traitements hormonaux réalisés par injections sous-cutanées (la patiente fait elle-même ses injections, idéalement le soir à heure fixe entre 18 et 20 heures, dans le bas ventre (ou les cuisses), on peut parfois faire appel à une infirmière). Ces médicaments sont :

  • Un analogue de la GnRH (neurohormone produite par l’hypothalamus). Ce médicament permet de bloquer le cycle naturel de la femme et ainsi de bloquer l’ovulation ;
  • Ou un Antagoniste de la LH-RH qui va empêcher la survenue d’un pic prématuré de LH qui serait susceptible d’entrainer une ovulation prématurée
  • Et une hormone folliculo-stimulante (FSH ou HMG). Cette dernière aide à la production et à la croissance de follicules ovariens (qui contiennent les ovocytes).

Pendant toute la durée du traitement (10 à 12 jours), des contrôles seront régulièrement effectués (six jours après le début des injections, puis 8 et 10 jours après). Ces contrôles consistent à réaliser une prise de sang et une échographie endo-vaginale. Ces examens médicaux sont fait le matin pour que l’équipe médicale puisse évaluer et adapter le traitement en fonction de la réponse de l'organisme aux différents traitements. Une personne du centre de PMA contacte ensuite la patiente dans la journée pour l’informer des éventuels changements de traitement et de la dates des prochains contrôles.

Etape 2 de la FIV : le déclenchement

“Lorsque les follicules sont de taille adéquate à l’echographie et que le resultat biologique est adapté alors on envisage le déclenchement. C’est le centre de PMA qui vous informe du jour et de l’heure précise du déclenchement”, explique le Dr Charlotte Demerlé Roux. Le déclenchement consiste à réaliser une injection sous-cutanée d’Ovitrelle® (analogue de l’HCG utilisée du fait de sa similitude avec l’hormone LH). La ponction aura lieu entre 34 et 38 heures après le déclenchement.

Etape 3 de la FIV : la ponction

Plusieurs semaines avant le début du traitement de FIV, vous aurez été en consultation d’anesthésie en vue de la ponction. En effet, cette dernière se réalise sous anesthésie générale (brève) ou locale au bloc opératoire. La ponction consiste à recueillir les ovocytes obtenus grâce à la stimulation ovarienne par l’intermédiaire d’une sonde endovaginale munie d’un guide et d’une aiguille. Le médecin va aspirer un à un les ovocytes contenus dans les follicules pour les placer en culture au laboratoire avec les spermatozoides. Le même jour, le sperme du conjoint est recueilli par masturbation au laboratoire de PMA. Il est ensuite préparé au laboratoire avant d’être mis en contact avec les ovocytes de la femme.

Etape 4 de la FIV : la fécondation

Cette étape cruciale se déroule en laboratoire. Les biologistes vont mettre en contact les ovocytes obtenus lors de la ponction et les spermatozoïdes du conjoint. Dès le lendemain de la ponction, les biologistes observent si les ovocytes ont été fécondés. Quarante-huit heures après la rencontre entre les deux gamètes, ils vont observer si des embryons ont été obtenus. Ces derniers sont placés durant tout le processus dans une étuve à 37 degrés afin de les laisser se développer. “Généralement, on attend le stade de développement embryonnaire blastocyste, pour transférer l’embryon dans l’utérus de la femme. Cet embryon est alors ‘âgé’ de 5 jours”, précise le Dr Charlotte Demerlé Roux. Les embryons obtenus sont ensuite classés en fonction de leur “qualité”, c’est-à-dire en fonction de leur chance d’implantation dans l’utérus.

Etape 5 de la FIV : le transfert embryonnaire

“L’équipe médicale va privilégier le transfert d’ un embryon frais après la ponction des ovocytes. Les embryons surnuméraires seront congelés (technique de vitrification) pour de futurs transferts”, explique le Dr Demerlé Roux. L’embryon sera placé dans un cathéter puis introduit dans l’utérus sous contrôle échographique (échographie pelvienne transabdominale par voie "sus pubienne"). Sachez que le transfert est totalement indolore. “Après le transfert, je préconise à mes patientes de rester prudentes pendant 48 heures puis d’avoir une vie la plus normale possible”, précise la spécialiste. Pour favoriser l’implantation de l’embryon, un traitement par capsules vaginales à base de progestérone matin et soir doit être commencé dès le jour du transfert et au moins jusqu’au test de grossesse.

Etape 6 de la FIV : le test de grossesse

Environ douze jours après le transfert embryonnaire, un test de grossesse pourra être réalisé par prise de sang. Je recommande de ne pas faire de test urinaire ou de prise de sang avant la date indiquée par l’équipe médicale car l’injection d’Ovitrelle® peut fausser le résultat du test de grossesse”, informe le Dr Demerlé Roux. “Si le test de grossesse est positif, un second test pourra être demandé 48 heures après pour s’assurer que la grossesse est évolutive. Le traitement par progestérone devra alors être poursuivi pendant environ 1 mois et on s’assurera de la bonne évolutivité de la grossesse par une echographie ”, conclut-elle.

À savoir : En France, la Sécurité Sociale prend en charge 4 tentatives de FIV pour obtenir un enfant. Pour être plus précis, elle va prendre en charge quatre cycles complets se terminant par un transfert d’embryons. Si une grossesse avec accouchement survient, le compteur est remis à zéro. À noter également que la Sécurité sociale prend en charge les femmes jusqu’à leur 43ème anniversaire. Cette période de procréation médicalement assistée peut être très dure psychologiquement. Il est intéressant de pouvoir se faire accompagner par un psychologue durant ce long parcours.

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Sources

Livre "La PMA - La procréation médicalement assistée - Lorsque l'enfant ne paraît pas... Vers qui se tourner ?" Du Dr Charlotte Demerlé-Roux (Editions Alpen)

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