L’huile de cuisson aurait-elle un impact sur la progression du cancer du sein ?

Publié le 22 Mars 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Selon des chercheurs américains, réutiliser de l'huile de cuisson déjà chauffée permettrait la libération de substances toxiques qui entraîneraient la prolifération des cellules cancéreuses du sein, soulevant la question de l'alimentation dans la prévention de la récidive du cancer du sein.
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Les grandes quantités d'huile utilisées lorsque l'on fait frire des aliments peuvent pousser à s'en servir pour plusieurs cuissons. Mais un tel geste ne serait pas sans risque pour la santé. D'après une étude publiée le 18 mars 2019 dans la revue Cancer Prevention Research, réutiliser de l'huile de cuisson déjà chauffée permettrait la libération de composés toxiques qui stimuleraient la croissance des cellules cancéreuses du sein et ainsi des métastases chez les patientes.

Les huiles de cuisson déjà chauffées ont quadruplé la présence de métastases

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont mené des tests sur des souris. Après avoir été nourries avec des aliments pauvres en graisses pendant une semaine, des souris ont reçu une alimentation à base d'huile de soja qui n'avait encore jamais été chauffée, tandis qu'un autre groupe de rongeurs a consommé de l'huile de cuisson déjà utilisée, ce pendant seize semaines. Les scientifiques ont ensuite stimulé la croissance du cancer du sein chez les animaux des deux groupes en leur injectant des cellules cancéreuses retrouvées au stade 4 de la maladie, c'est-à-dire lorsque celle-ci est métastatique.

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Résultats : vingt jours après, les tumeurs principales des souris ayant consommé l'huile de cuisson réchauffée avaient quatre fois plus de métastases que celles des autres rongeurs, notamment au niveau des poumons. "Elles étaient également plus agressives et invasives", note William Helferich, directeur de l'étude.

Pourquoi ? Selon les chercheurs, quand les huiles sont réchauffées, "elles subissent des altérations chimiques" qui entrainent notamment la libération d'acroléine, une substance chimique toxique connue pour être cancérigène. Un phénomène qui, à son tour, provoque des modifications génétiques comme la surexpression du gène Ki-67, marqueur de prolifération de cellules cancéreuses.

L'alimentation, un moyen de prévention de la récidive du cancer du sein ?

D'après les auteurs de l'étude, ces résultats pourraient expliquer pourquoi certains cancers du sein récidivent, les patients en rémission ayant toujours des cellules cancéreuses dormantes circulant dans leur sang : "Bien que l'on ne consomme pas d'huile directement, on en consomme à travers les aliments frits. Nous sommes donc convaincus que l'alimentation peut activer les cellules cancéreuses et créer un environnement favorable à leur croissance dans différents tissus."

Ce qui soulignerait le rôle crucial de l'alimentation dans la prévention de cette récidive : "Nous essayons d'aider la population à comprendre que la récidive ne serait pas qu'un simple mécanisme biologique mais qu'elle serait également liée au mode de vie. Si l'alimentation permet de réduire les risques chez les survivantes du cancer du sein, cela signifie qu'elles peuvent prendre le pouvoir sur leur santé."

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