Cancer du poumon : des avancées majeures présentées ce mois d'octobre doublent la survie

Publié par Edouard Korvaul
le 30/10/2026
tumeur sur un poumon
Istock
Photo d'illustration
Réunis fin octobre à Madrid pour le congrès de l'ESMO, plus de 30 000 oncologues ont dévoilé des progrès thérapeutiques majeurs qui améliorent nettement la survie face au cancer du poumon.
 

Le cancer du poumon demeure la principale cause de mortalité par tumeur dans le monde, avec un taux de survie global à cinq ans qui ne dépasse pas 20 % tous stades confondus. Face à ce lourd bilan, les oncologues internationaux réunis en Espagne bousculent les pratiques en intégrant des molécules de pointe dès le diagnostic initial, rompant avec les approches palliatives tardives.

Congrès de l'ESMO : une offensive inédite contre la maladie

Plus de 30 000 spécialistes internationaux ont assisté à la présentation de résultats cliniques marquants lors de ce rassemblement scientifique. Les équipes médicales privilégient désormais une stratégie adaptative précoce afin de neutraliser les cellules cancéreuses avant l'apparition de complications. Cette transition thérapeutique transforme des affections rapidement défavorables en maladies sous haute surveillance médicale et prolonge ainsi la survie des patients, même avec des pronostics sombres.

Cancer à petites cellules : une avancée majeure pour la survie

Cette forme agressive représente environ 15 % des diagnostics, et la moitié des personnes touchées au stade étendu décédaient jusqu'ici en moins d'un an. Selon les données de l'essai DeLLphi-305 publiées dans The New England Journal of Medicine, l'administration d'un anticorps activateur de lymphocytes T, le tarlatamab, modifie radicalement ce pronostic. En traitement d'entretien immédiat, cette molécule porte la survie globale médiane à 21,1 mois contre 12,7 mois avec le protocole classique, réduisant le risque de décès de 58 %.

L'annonce de ces résultats a déclenché une ovation debout dans l'amphithéâtre madrilène. Dans le groupe traité, près de 79,4 % des patients restent en vie à un an, contre 53,3 % sous traitement conventionnel. Selon les déclarations du Dr Nicolas Girard, oncologue thoracique à l'Institut Curie, sur France Info : « C'est une nouvelle immunothérapie (**…). L'idée ce n'est pas d'attendre que ça aille mal, que le premier traitement soit en échec. On le donne tout de suite dès le début avec une forte efficacité, une forte amélioration des chances de guérison des patients, même dans cette situation avancée. »

Cancer non à petites cellules : la riposte de la médecine adaptative

Pour les cancers non à petites cellules, représentant plus de 80 % des cas, les mutations du récepteur EGFR finissent par développer une résistance thérapeutique, notamment par l'amplification du gène MET. Plutôt que de prescrire une chimiothérapie lourde après l'échec d'une première ligne, une nouvelle biopsie guidée par la génomique recherche précisément cette altération.

Le Dr Nicolas Girard explique encore sur France info : « Le problème, c'est que ces traitements ciblés, ils perdent de leur efficacité avec le temps (...). On est obligé de repasser à la chimiothérapie. Pour éviter ça, qu'est-ce qu'on fait ? On va refaire un prélèvement de la tumeur, analyser les mécanismes de résistance et donner un traitement ciblé contre ces mécanismes de résistance. Donc c'est quelque chose de fortement efficace et on le démontre là pour la première fois. »

D'après les résultats de l'étude SAFFRON présentés cette fin octobre 2026 dans le New England Journal of Medicine (NEJM), l'****association simultanée de deux thérapies ciblées divise par deux le risque de rechute en désarmant ce mécanisme d'évasion tumorale.

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  • "Deux nouveaux traitements contre le cancer du poumon améliorent les chances de survie des patients", France Info, 26 octobre 2026.
  • Sands, Jacob, et al. "Tarlatamab plus Durvalumab as First-Line Maintenance in Extensive-Stage Small-Cell Lung Cancer: Primary Results from the Phase 3 DeLLphi-305 Trial", The New England Journal of Medicine, vol. 395, n° 17, 24 octobre 2026, pp. 1621-1634. DOI : 10.1056/NEJMoa2610305.
  • Girard, Nicolas, et al. "Adaptive Targeted Therapy Following Osimertinib Failure in Advanced EGFR-Mutated and MET-Amplified Non-Small Cell Lung Cancer: The Phase 3 SAFFRON Trial", NEJM, vol. 37, suppl. 4, 25 octobre 2026, pp. S1240-S1242 (ESMO Congress 2026 Presidential Abstract LBA2). DOI : 10.1016/j.annonc.2026.09.012.
  • Long, Georgina V., et al. "Individualized Neoantigen Therapy (Intismeran Autogene) with Pembrolizumab in Resected High-Risk Malignancies and Thoracic Applications: Results from the INTerpath-001 Phase 3 Trial", The Lancet, vol. 408, n° 10563, 24 octobre 2026, pp. 1435-1448. DOI : 10.1016/S0140-6736(26)01844-9.
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