Cancer colorectal : la vitamine D pourrait stopper sa progression

Publié le 10 Avril 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Des chercheurs américains ont montré que la vitamine D aurait des propriétés anticancéreuses. Administrée à une dose élevée, elle pourrait empêcher le cancer colorectal de se propager. 
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Cancer colorectal : la vitamine D pourrait stopper sa progressionIstock

De la vitamine D pour lutter contre le cancer ? C’est l’idée qu’ont voulu démontrer des chercheurs de l’Institut Dana-Farber (Boston), par le biais d’une étude publiée dans la revue JAMA. Et ces derniers ont réussi à stopper la progression de la maladie pendant 13 mois pour les patients à qui ils avaient administré la plus haute dose de ce complément alimentaire.

En plein boom, le cancer colorectal est souvent détecté à un stade avancé

Le taux de cancers colorectaux a explosé au cours des dernières années, en particulier chez les plus jeunes. Le problème, c’est qu’il est souvent diagnostiqué à un stade avancé. Et si les chances de survie sont de 90 % lorsqu’il est détecté de façon précoce, elles descendent à 71 % quand il s’étend aux organes environnants, et chutent à 14 % dès lors qu’il produit des métastases.

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Bonne nouvelle pour les patients, une forte supplémentation en vitamine D, en complément d’un traitement médical, pourrait geler temporairement l’évolution de la maladie, et ainsi augmenter l’espérance de vie. Les scientifiques ont en effet constaté que les personnes possédant un taux élevé de vitamine D dans le sang ont un risque moins élevé de développer un cancer colorectal. Plus encore, de précédentes recherches ont montré que cette vitamine semble déclencher le suicide des cellules tumorales.

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13 mois d’espérance de vie supplémentaire grâce à la vitamine D

Les chercheurs de l’institut Dana-Farber ont donc voulu tester les bénéfices de ce complément alimentaire. Pour cela, ils ont recruté un groupe de 139 patients atteints de cancer colorectal métastatique, qui n’avaient pas encore reçu de traitement, et les ont étudiés pendant presque deux ans.

Tous les sujets ont commencé une chimiothérapieainsi qu’un traitement ciblé à base de Bévacizumab. La moitié d’entre eux se sont vu administrer une dose quotidienne de 400 UI de vitamine D. Les autres ont d’abord pris deux gélules de 4000 UI par jour pendant deux semaines, puis une gélule de 4000 UI journalière pendant le reste de l’étude.

Dans les deux groupes, l’évolution de la maladie a ralenti de manière significative. Le cancer n’a pas progressé pendant 11 mois en moyenne, pour les patients ayant reçu la dose la plus faible de vitamine D. Cette durée s’élève à 13 mois pour ceux qui ont reçu la supplémentation la plus élevée. En deux ans, le cancer était 36 % moins susceptible de se propager ou de se révéler fatal pour les sujets ayant consommé davantage de vitamine D.

Vitamine D : un traitement complémentaire prometteur et accessible

Ces résultats prometteurs ont permis “d’identifier un agent rentable, sûr et facilement accessible, qui pourrait devenir un nouveau traitement potentiel pour le cancer colorectal avec métastases”, déclare le Dr Kimmie Ng, co-auteur de l’étude et directeur de recherche pour le centre de cancérologie gastro-intestinale de l’Institut Dana-Farber. Dans la mesure où la vitamine D est un traitement complémentaire peu coûteux, ces découvertes “pourraient avoir un large impact à travers le monde, indépendamment du statut socio-économique du patient ou des ressources du pays”.

“Nous sommes impatients de lancer un essai clinique de plus grande envergure, afin de confirmer ces découvertes passionnante”, ajoute le Dr Charles Fuchs, oncologue à l’université de Yale et également auteur de l’étude.

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