Cancer de la prostate : symptômes, causes, traitement, espérance de vie

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe cancer de la prostate apparaît généralement vers l’âge de 60 ans et évolue très lentement. C’est pourquoi son taux de mortalité n’est pas très élevé. Néanmoins, il reste le cancer chez l’homme le plus fréquent. Des chercheurs australiens seraient sur le point de produire un vaccin thérapeutique pour traiter cette maladie. Il pourrait être disponible d'ici 5 ans.

Définition

La prostate est une glande qui fait partie de l’appareil reproducteur masculin. Elle est située sous la vessie et entoure l’urètre. Le rôle de la prostate est de produire le liquide prostatique, et de stocker le sperme avant l’éjaculation. Elle se contracte au moment de l’éjaculation permettant l’expulsion des spermatozoïdes.

Le cancer de la prostate évolue très lentement et comme c’est un cancer de l’homme âgé, les malades meurent souvent d’une autre cause.

L’adénocarcinome est la forme la plus fréquente de cancer de la prostate (95% des cas).

Sa gravité est classifiée selon les score de Gleason : plus celui-ci est élevé, plus le cancer est agressif.

Photo : coupe d'un adénocarcinome de la prostate de type acineux, le plus répandu des cancers de la prostate avec un score de Gleason 4

Photo : coupe d'un adénocarcinome de la prostate de type acineux, le plus répandu des cancers de la prostate avec un score de Gleason 4© Creative Commons

Crédit : Nephron — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Chiffres

En France, le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers de l’homme puisque plus de 71 000 cas ont été diagnostiqués en 2011. Plus de 8 500 hommes décèdent de leur cancer chaque année.

C’est la troisième cause de décès par cancer chez l’homme. Le traitement des maladies qui présentent des métastases est efficace dans un premier temps, mais des résistances au traitement sont souvent observées.

Cancer de la prostate : les symptômes

Au début de son évolution, le cancer de la prostate ne présente aucun symptôme. Lorsque des symptômes apparaissent, il est nécessaire de faire la différence entre un cancer de la prostate et une hypertrophie bénigne de la prostate (adénome) dont les symptômes sont identiques.

Les signes de cancer prostatique sont les suivants :

  • Des difficultés pour uriner. Ce sont principalement des difficultés à commencer la miction, des difficultés à retenir l’urine, des envies fréquentes d’uriner, un faible débit urinaire, des sensations de pesanteur pelvienne au moment de la miction.
  • La présence de sang dans l’urine ou le sperme.
  • Des douleurs ou raideurs au niveau des lombaires, aux hanches ou en haut des cuisses.
  • Des infections urinaires à répétition, provoquant des brûlures urinaires.
  • Des difficultés sexuelles comme: des éjaculations douloureuses, ou des difficultés à obtenir ou maintenir une érection.                             

Causes

Il n’existe pas de cause définie au cancer de la prostate. Certains hommes de la même famille présentent un cancer de la prostate, mais aucun facteur génétique n’est à ce jour déterminé.

Facteurs de risques

Les facteurs de risque connus du cancer de la prostate sont :

  • Une alimentation riche en matières grasses, notamment l’excès de consommation de viande rouge et de charcuteries.
  • Le tabagisme : il n’est pas directement impliqué dans le cancer de la prostate, mais les fumeurs ont un taux de mortalité plus élevé.
  • L’âge supérieur à 60 ans.
  • Les antécédents familiaux de cancer de la prostate.

Illustration : prostate et vésicules séminales normales

Illustration : prostate et vésicules séminales normales© Creative Commons

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Personnes à risque

Les sujets à risque de cancer de la prostate sont :

  • Les hommes âgés.
  • Ceux qui ont un père ou un frère ayant eu un cancer de la prostate.
  • Les hommes qui ont un régime trop riche en graisse animales.

Cependant, certains hommes présentant l’ensemble de ces facteurs de risque ne développeront jamais de cancer de la prostate...

Qui, quand consulter ?        

Lorsque des symptômes de pathologie prostatique surviennent, il est nécessaire de consulter son médecin traitant qui va pratiquer un examen clinique complet, avec notamment un toucher rectal pour évaluer l’aspect de la prostate. Une prostate dure et pierreuse sera plus en faveur d’un cancer, alors qu’une prostate augmentée de volume et souple évoquera plutôt un adénome. Il prescrira également un examen cytobactériologique des urines et une échographie prostatique. Ensuite, en cas de doute sur un cancer, le sujet sera rapidement adressé à un chirurgien urologue et à un cancérologue une fois le diagnostic de certitude établi.

Examens et analyses

Les examens complémentaires ont pour objectif de confirmer ou non le diagnostic de cancer de la prostate, d’en déterminer le stade, d’en évaluer l’extension à distance et de préciser l’état général de la personne, pour proposer un traitement optimal. Ces examens complémentaires sont :

  • Le toucher rectal : ce geste est pratiqué par le médecin qui introduit son index, recouvert d’un gant dans le rectum du patient, et palpe la prostate. Ce geste peut être désagréable, mais est indolore. Il peut ainsi déterminer si elle est augmentée de volume. Si c’est le cas et qu’elle est souple et régulière, il s’agit très probablement d’un adénome de prostate, très fréquent chez l’homme de plus de 60 ans. Si la prostate est dure, pierreuse et irrégulière, alors il est nécessaire d’aller plus loin dans les examens, car le risque  de cancer est important.

Illustration : coupe du petit bassin d'un homme schématisant un toucher rectal évaluant la prostate. 1. Vessie - 2. Rectum - 3. Prostate

Illustration : coupe du petit bassin d'un homme schématisant un toucher rectal évaluant la prostate. 1. Vessie - 2. Rectum - 3. Prostate© Creative Commons

Crédit : Inconnu, derivative work by Dimdle — Derivative work of Digital rectal exam nci-vol-7136-300.jpg © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

  • Le dosage sanguin du PSA ou antigène spécifique de prostate. Ce dosage est réalisé au cours d’une simple prise de sang. Lorsque le PSA est très augmenté, le risque de cancer de la prostate existe, mais le cancer n’est pas la seule cause d’augmentation des PSA. L’hypertrophie bénigne de prostate, ou la prostatite infectieuse peuvent induire l’élévation des PSA. De même, il est possible d’avoir un cancer de prostate sans augmentation des PSA. Cet examen est effectué à titre indicatif, mais permet également de suivre l’évolution après le traitement. À noter : le dosage des PSA doit être effectué à distance d’un toucher rectal, car celui-ci peut provoquer une inflammation de la prostate et une élévation transitoire des PSA.
  • L’échographie transrectale : cette échographie, dont la sonde est directement placée dans le rectum, permet de visualiser l’allure de la prostate et surtout de réaliser des biopsies afin d’analyser les prélèvements dans un laboratoire d’anatomo-pathologie et d’établir avec certitude le diagnostic de cancer de la prostate.
  • La biopsie prostatique, pratiquée au cours de l’échographie elle permet de prélever du tissu prostatique et de l’analyser. Elle est réalisée à l’aide d’une aiguille introduite dans la prostate. Il est nécessaire de prélever au moins 1 à 2 fragments de tissu prostatique, pour établir le score de Gleason, et essayer de ne pas passer à côté de zones de tissu cancéreux. Les effets secondaires de la biopsie prostatique sont la présence de sang dans les urines ou une infection urinaire ou prostatique.
  • Le bilan d’extension à distance (développement de la tumeur ailleurs que dans l'organe d'origine) comporte a minima un scanner thoraco-abdomino-pelvien et éventuellement une scintigraphie osseuse, car le cancer de la prostate est très pourvoyeur de métastases osseuses.
  • Le bilan biologique et urinaire complet afin d’évaluer l’état général du patient.   

Traitements

Le traitement du cancer de la prostate peut passer par plusieurs techniques. Le choix du traitement dépend de la taille de la tumeur, de son stade, de son extension, de l’âge et de l’état général du patient.

Le choix du traitement a lieu au cours de réunions de concertations pluridisciplinaires réunissant un chirurgien urologue, un cancérologue, un radiothérapeute et tout autre professionnel de santé dont l’expertise pourrait apporter un bénéfice au patient.

Le traitement est ensuite discuté avec le malade.

Qu'est-ce que l’attente sous surveillance ?

L’attente sous surveillance est une option thérapeutique possible. En effet, lorsque la tumeur est bien circonscrite et limitée à la prostate, une surveillance régulière et rapprochée sans traitement peut être suffisante.

L’évolution de ces tumeurs est lente et si le sujet est âgé, les effets secondaires des traitements peuvent être délétères alors qu’il est probable que le sujet décède d’une autre pathologie avant que son cancer prostatique n’évolue.

Cancer prostatique : dans quel cas est-il traité par chirurgie ?

Au cours de la chirurgie, le chirurgien urologue retire la prostate (prostatectomie totale) et peut également retirer les vésicules séminales (prostatectomie radicale). L’intervention est indiquée lorsque la tumeur est limitée à la prostate et que le sujet n’est pas trop âgé.

Les effets secondaires de la prostatectomie sont des troubles urinaires, plutôt à type d’incontinence ou de mictions impérieuses et des dysfonctionnements érectiles. Les techniques chirurgicales se sont considérablement améliorées et ces troubles sont de moins en moins fréquents. Généralement, les effets secondaires disparaissent dans les 3 ans qui suivent l’intervention.

Cancer de la prostate : dans quels cas est-il traité par radiothérapie ?

La radiothérapie consiste à irradier la prostate pour détruire les cellules cancéreuses. Elle peut être utilisée en complément à la chirurgie, ou constituer une alternative à celle-ci.

Qu'est-ce que la curiethérapie ?

De grains radioactifs sont insérés directement dans la prostate, pour cibler la zone d’action. Les effets secondaires de la curiethérapie sont beaucoup moins sévères que ceux de la radiothérapie classique.

Peut-on soigner le cancer de la prostate par traitement hormonal ?

Les cellules cancéreuses de la prostate peuvent être hormono-dépendantes et avoir besoin d’hormones pour leur croissance. Les traitements hormonaux permettent d’inhiber ce phénomène et de ralentir l’évolution de la tumeur. Ce traitement peut être utilisé seul ou en complément des autres traitements.

La chimiothérapie soigne-t-elle le cancer de la prostate ? 

La chimiothérapie est utilisée pour traiter les tumeurs qui ne répondent plus aux autres traitements. Elle peut également être employée en complément de la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur, ou limiter les risques de récidives. En raison de ses nombreux effets secondaires, elle est surtout administrée chez des personnes qui ne sont pas trop âgées.

Quel est le suivi ?

Les soins de confort contre la douleur et la prise en charge psychologiques doivent également être mis en place. Une demande prise en charge à 100% à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie est également nécessaire.

Une surveillance régulière et rapprochée est nécessaire après le traitement d’un cancer de la prostate. Un dosage des PSA permet de suivre l’évolution. Une échographie prostatique et un bilan seront réalisés en fonction des symptômes éventuels décrits par le patient au cours de ses consultations de surveillance. Une surveillance d'au moins 10 ans est préconisée.

Zytiga : sa nouvelle formule, efficace contre le cancer de la prostate ?

C'est un nouvel espoir pour les patients atteints d'un cancer de la prostate.

Des chercheurs de l’université d'Australie-Méridionale ont récemment mis au point une nouvelle formule d’un médicament, qui pourrait s'avérer efficace contre le cancer. Les résultats ont été publiés dans la revue International Journal of Pharmaceutics.

Ce traitement, à base d’acétate d'abiratérone, est déjà commercialisé sous le nom de Zytiga. Mais sa nouvelle formule améliore son efficacité de 40 %, d’après les essais précliniques réalisés par l’université.

Cette nouvelle version, "reformulée" sous forme d’huile à prendre par voie orale, doit en particulier diminuer les effets secondaires de l’actuel médicament, comme le gonflement des articulations et les diarrhées.

Par ailleurs, la nouvelle formule du médicament, à base d’huile, facilitera l’absorption par l’organisme, le rendant ainsi plus efficace et beaucoup moins toxique :

"De nombreux médicaments sont peu solubles dans l'eau, donc lorsqu'ils sont ingérés, ils pénètrent dans l'intestin, mais ne se dissolvent pas, ce qui signifie que leur effet thérapeutique est limité […] En utilisant des huiles […] nous sommes en mesure d'augmenter considérablement la solubilisation et l'absorption du médicament, le rendant plus efficace", révèle le Dr Hayley Schultz, directeur de l’étude, dans le communiqué.

Cette nouvelle formulation va permettre de réduire considérablement la dose, de 1000 mg à 700 mg par jour, et ne nécessitera pas de jeûne avant et après la prise.

Cancer de la prostate : un vaccin thérapeutique, disponible d'ici 5 ans ? 

Des scientifiques du Royal Brisbane and Women's Hospital (RBWH) en Australie affirment qu'un traitement potentiellement révolutionnaire contre le cancer de la prostate pourrait être développé en cinq ans. Il s'agirait d'un vaccin thérapeutique, mis au point par des chercheurs australiens. 

Ce vaccin serait adapté aux patients malades en association avec l'immunothérapie pour cibler les cellules cancéreuses de la prostate.

"Ce que nous avons développé en laboratoire est très prometteur et nous devons maintenant tester la population de patients", a déclaré le Dr Matthew Roberts, urologue et chercheur à la RBWH. L'enjeu ? Eviter aux patients de subir une radiothérapie invasive ainsi qu'une hormonothérapie.

"Des études antérieures de vaccins thérapeutiques ont montré des effets secondaires très minimes. Cette thérapie a le potentiel d'être étendue aux hommes à d'autres stades avancés du cancer de la prostate", partage la RBWH Foundation qui a lancé une campagne de financement pour pouvoir mener ce projet à terme.

Le Dr Roberts a en effet précisé avoir besoin de 500 000 $ pour accélérer la recherche.

Pronostic

L’âge moyen du décès lié à un cancer de la prostate est de 78 ans, avec un âge de diagnostic du cancer à 74 ans, ce qui correspond à l’espérance de vie moyenne des hommes en France. Le cancer de la prostate est un cancer de bon pronostic : la survie relative à 5 ans est de 90 %, car le diagnostic est de plus en plus précoce.

Prévention 

Quelles sont les mesures préventives de base ? 

Comme pour de nombreux cancers, les mesures préventives de base sont des mesures d’hygiène de vie :

  • Consommer suffisamment de fruits et de légumes.
  • Avoir un apport équilibré en graisses, notamment animales.
  • Eviter le surpoids.
  • Avoir une activité physique régulière.
  • Ne pas fumer.
  • Prendre une supplémentation hivernale en vitamine D en cas de besoin.

Photo : la consommation de fruits et légumes est l'une des principales mesures de prévention du cancer prostatique

Photo : la consommation de fruits et légumes est l'une des principales mesures de prévention du cancer prostatique© Istock

Quelles sont les mesures de dépistage précoce ?

La meilleure prévention du cancer de la prostate reste le dépistage précoce. Il est recommandé que tous les hommes de plus de 50 ans consultent leur médecin et bénéficient régulièrement d’un toucher rectal et d’un dosage des PSA.

Prostate : quelles sont les questions que doit vous poser votre médecin ?

Ma réponse de médecin généraliste :

"Lors d’une consultation de routine d’un homme de plus de 50 ans, le médecin généraliste doit interroger l’homme sur d’éventuels problèmes urinaires et /ou sexuels et lui expliquer l’intérêt du dépistage par touche rectal et PSA".

Et le docteur Béguier, radiothérapeute, d'expliquer qu’un dosage de PSA pourrait permettre de dépister précocement des cancers de prostate, mais que les pouvoirs publics ne sont à ce jour, pas favorable à un dépistage de masse. Des études seraient nécessaires pour savoir si ce dépistage de masse aurait un intérêt dans l’amélioration de la survie globale.

Sites d’informations et associations

Des sites sur le cancer de la prostate sont consultables sur internet. Il s’agit de :