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Fatigue et amaigrissement : deux indicateurs clés

Être fatigué suite à une longue journée - ou perdre deux ou trois kilos de manière inopinée - n’est pas forcément synonyme de cancer.

En revanche, perdre beaucoup de poids sur une courte durée ou se sentir épuisé quotidiennement sont des facteurs qui doivent inquiéter.

“En général, la fatigue et l’amaigrissement sont deux signaux avant-coureurs du cancer. Ils indiquent la présence d’une tumeur qui vous détruit de l’intérieur et qui pompe toute votre énergie”, avertit Emmanuel Ricard.

Ce manque de tonus général traduit un affaiblissement du métabolisme, mais aussi un manque de sucre, substance dont raffolent les cellules cancéreuses qui s’en nourrissent.

Le cancer pompe également les réserves musculaires de l’organisme. Notez qu’un amaigrissement de plus de 10% de votre poids est anormal et qu’il faut aller consulter.

Douleurs dans le dos : attention aux métastases

Une douleur persistante ou un inconfort permanent sur une zone précise du corps peut être le signe d’un cancer.

Selon Emmanuel Ricard, le dos fait partie des “zones préférées” des métastases, ce qui peut engendrer de vives douleurs : “Certaines tumeurs ont une appétence pour se localiser dans les os, et plus particulièrement sur la colonne vertébrale qui est un bon réceptacle.”

Cette douleur localisée annonce un cancer de la prostate, une leucémie ou même un myélome. (Le myélome est un type de cancer hématologique qui touche la moelle osseuse hématopoïétique contenue dans les os, ndlr).

À savoir : Le cancer de la prostate peut parfois se révéler via des douleurs dans les hanches ou dans le haut des cuisses.

Une toux persistante peut révéler un cancer des poumons

Une toux prolongée et sans explication, des pneumonies à répétition ou le fait de cracher du sang, sont autant de signaux qui peuvent révéler un cancer.

“Dans une bronche, la tumeur cancéreuse saigne et elle crée parfois un bouchon. Le mucus s’accumule, s’infecte, et engendre bien souvent une pneumonie. D’ailleurs, si vous prenez des antibiotiques vou verrez qu'ils stoppent la pneumonie, mais dès que vous les arrêtez, l’infection revient.”

Le mécanisme de blocage (la tumeur en question) n’a en effet pas été supprimé, il faut donc rapidement aller se faire examiner.

Des dysfonctions érectiles peuvent être le signe d’une tumeur

Une difficulté à maintenir une érection, une éjaculation de faible volume et douloureuse, ou encore de l’impuissance peuvent être le signe d’un cancer de la prostate.

En effet, ce cancer induit un grossissement de la prostate qui peut peser sur l’urètre et nuire à l’éjaculation.

Attention : dans la majorité des cas, ce symptôme peut avoir d’autres causes (fatigue, effets secondaires de médicaments, hypertension…). Pour valider le diagnostic possible de cancer, le médecin réalisera un toucher rectal et un dosage du PSA.

Important : ces dernières années, l'utilisation de la laparoscopie pour soigner le cancer de la prostate permet de préserver dans un certain nombre de cas les bandelettes neurovasculaires et ainsi de limiter les risques de dysfonctionnements érectiles post-opératoires.

Difficultés à uriner : cancer de la prostate

Avoir du mal à faire pipi ou uriner moins souvent, peut être la manifestation d’un début de cancer de la prostate.

Selon Emmanuel Ricard, ces conséquences seraient le résultat d’un adénome, soit une augmentation du volume de la prostate. “En grossissant, la prostate rétrécit l'urètre, canal par lequel s’écoule l’urine. Elle va donc faire clapet et engendrer des difficultés à uriner”.

Puis, la vessie va essayer de se défendre et de se muscler pour “dégager” la prostate hypertrophiée, devenue un corps étranger. Comme elle n’y arrivera pas, elle va se distendre. Résultat, avec leur vessie augmentée, les personnes concernées vont moins avoir envie d’uriner, particulièrement durant la nuit. C’est le signal pour aller consulter.

Heureusement, l’expert se veut rassurant. “Cette augmentation du volume est souvent bénigne et concerne les hommes à partir de la quarantaine. Mais il est important d’aller consulter pour confirmer que l’adénome évolue normalement.”

À noter : Si vous avez l’impression d’avoir un corps étranger dans les fesses que vous n’arrivez pas expulser dans vos selles, cela peut être révélateur d’un cancer du rectum.

Une fièvre inexpliquée et qui dure

Une fièvre inexpliquée et qui dure peut révéler la présence d’un cancer.

En général, ce dernier déclenche une fièvre quand ils s’étend et quitte sa zone originelle pour migrer vers une autre partie du corps via des métastases.

Certains cancers, comme celui de l’estomac, (qui touche davantage les hommes de plus de 50 ans) induisent très tôt une fièvre accompagnée d’une grande fatigue.

Attention : la fièvre est le résultat d’un processus inflammatoire chronique dû à une infection bactérienne ou virale. Mais si votre température monte à 38,5 °C pendant plus de 48 heures ou augmente et baisse sans raison particulière, il est conseillé de consulter un médecin.

L’apparition d’une masse

© Istock

Autre symptôme alarmant : l’apparition soudaine d’une masse ou d’un renflement. Cette grosseur, souvent visible à l’oeil nu, peut parfois se nicher dans des zones de votre corps inattendues. Vous aurez alors simplement la sensation d’être gêné par ce corps étranger.

“Lorsque l’on sent une pesanteur qui nous gêne à un endroit du corps, comme en dessous du thorax ou des reins, il faut aller se faire examiner. À l’issue de l'échographie, vous saurez si c’est un simple kiste ou une tumeur potentiellement dangereuse”, explique Emmanuelle Ricard.

Modification des testicules : gare aux tumeurs

Un testicule qui devient subitement plus gros que l’autre, une masse dure mais indolore localisée à l’intérieur ou encore une pesanteur locale persistante dans le scrotum peuvent être les signes d’un cancer… des testicules.

En général, ces symptômes ne sont pas associés à un trouble urinaire. Un simple auto diagnostic avec une palpation permet de révéler ces signes.

Certains cancers des testicules se développent très rapidement et peuvent s’étendre via des métastases à d’autres organes. N’hésitez donc pas à prendre rendez-vous avec un médecin dès les premiers symptômes.

À savoir : c’est un cancer qui touche en priorité les hommes jeunes, entre 20 et 45 ans, et qui se soigne très bien.

Constipations, diarrhées et vomissements

Habituellement considérés comme des symptômes typiques de la gastro-entérite ou de l'intoxication alimentaire, les constipations, diarrhés et vomissements peuvent aussi annoncer le début d’un cancer.

“Au début, les personnes pensent juste qu’elles ne peuvent plus aller aux toilettes. Or, c’est la tumeur qui bouche les intestins et fait office de barrage. Vous pouvez alors avoir des diarrhées, être constipé ou même vomir”, avertit l'expert.

"D'ailleurs, vous ne pourrez pas faire la différence entre une constipation banale ou un cancer mais c’est la durée de cette pathologie qui vous mettra la puce à l’oreille", ajoute-t-il. Autrement dit, si vous voyez que votre pseudo gastro ne passe pas au bout de 10 jours, filez voir votre médecin.

Difficultés à avaler : cancer de la gorge ou de l’oesophage

Ce symptôme est courant lorsqu’un cancer de l’oesophage ou de la gorge est diagnostiqué.

“Certaines personnes, qui ont beaucoup de mal à déglutir, vont même arrêter de se nourrir. Ils vont adapter leur alimentation s’en sans rendre compte et passer d’une alimentation solide à un régime liquide. Quand je les accueille dans mon cabinet, ils arrivent très dénutris”, alerte Emmanuel Ricard.

N’attendez pas de perdre 10 kilos avant d’aller consulter. Lors d’une angine, il est normal d’avoir du mal à avaler sa salive mais uniquement sur un court laps de temps. Au-delà, prudence !

Apparition de ganglions lymphatiques

Les ganglions lymphatiques, qui abritent les cellules de l’immunité, deviennent plus volumineux suite à une infection et peuvent indiquer un cancer en devenir.

“Dès qu’on aperçoit une modification au niveau des ganglions lymphatiques, cela signifie que le système de défense de notre corps se met en place pour contrer une infection”, rappelle l’expert.

Or, même si vous avez déjà vu vos ganglions lymphatiques doubler de volume suite à une rage de dents, la différence se fait à partir du diagnostic du médecin.

“Lorsque l’on ne trouve pas d’infection en cours et que les ganglions restent gonflés, ça interroge. Le corps se défend contre autre chose, et cet autre chose c’est souvent un cancer”, indique Emmanuel Ricard.

Grains de beauté, blessure… Gare au cancer de la peau !

Votre médecin vous a surement conseillé de surveiller vos grains de beauté. Mais saviez-vous qu’un simple changement de forme de ces derniers - ou même une mauvaise cicatrisation d’une blessure - pouvait être synonyme d’un cancer ?

Aussi, soyez attentif aux micro-changements de votre peau et retenez ces trois signaux avant-coureurs :

  • L’apparition de nouveaux grains de beauté.
  • Le changement de formes et de couleurs de ces derniers.
  • Une blessure qui ne cicatrise pas.

Ces modifications peuvent entraîner différents types de cancer : le mélanome (appelé aussi cancer du système pigmentaire, ndlr), le cancer carcinome basocellulaire (connu pour apparaître sous forme de “perle noire” sur la peau) et le spinocellulaire, très dangereux, que l’on retrouve chez les personnes fortement exposées au soleil. (agriculteurs, pêcheurs, chef de chantier…).

Ce cancer se présente comme une sorte de plaie qui se creuse et qu’il faut retirer. Résultat, cette opération engendre bien souvent de grosses cicatrices en raison de la quantité de tissu enlevé.

Boule dans le sein : symptôme de cancer… masculin

a man is taking a shower in bathroom

La présence d’une petite boule à la palpation, mais également un écoulement du mamelon, une déformation, une douleur du sein ou une ulcération de la peau, peuvent être le signe possible d’un cancer du sein… masculin.

Comme pour les femmes, les hommes doivent être vigilants à toute modification de l’aspect de leurs seins même si le carcinome mammaire chez l'homme est exceptionnel. “Les hommes n’imaginent pas avoir une boule dans le sein cancéreuse… eux qui n’ont même pas de sein”, confirme l’expert.

Pourtant, ce cancer représente environ 1% de l'ensemble des cancers mammaires. L'âge moyen d'apparition de ce type de cancer se situe entre 60 et 65 ans.

Conseil : si vous observez l’un de ces signes, pensez à consulter un médecin qui vous prescrira éventuellement une mammographie ou une biopsie.

Maux de têtes et troubles des 5 sens

Des douleurs dans la boîte crânienne, des troubles de nerfs faciaux, un champ visuel altéré ou encore des troubles de la sensibilité peuvent aussi être à l’origine d’une tumeur cancéreuse.

“Au début, vous aurez les mêmes signaux qu’un accident cardiovasculaire : vous allez avoir des maux de tête importants car la tumeur va prendre de plus en plus de place dans le cerveau. La tension intra-crânienne sera trop importante et il faudra procéder à une opération”.

Cette tumeur, qui comprime les nerfs faciaux, peut également provoquer des troubles visuels, auditifs et sensoriels.

> Un expert santé à votre écoute !

Sources

Association "Le cancer du sein parlons-en"

- "Cancer toutes les réponses à vos questions", Pr Philippe Jeanteur, éd John Libbey, 2004

- "Cancer toutes vos questions toutes les réponses", de Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes, éd. Marabout, 2008

Vidéo : Le cancer de la prostate

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