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Ail, oignons et échalotes pour des risques prostatiques

Ail, oignons, échalotes, ciboulette et même poireaux ! Les alliacés seraient efficaces en prévention du cancer de la prostate ! Une étude sino-américaine menée auprès de 709 hommes en 2007 a même conclu que ceux consommant régulièrement 1g d'échalotes par jour avaient un risque réduit de 70% de cancer de la prostate. Une consommation d’ail équivalente diminuait le risque de 53% ! Par ailleurs, en curatif, "les composés soufrés des alliacés induisent la mort des cellules cancéreuses", indique le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer).

Comment consommer ail, oignons et échalotes ? De préférence écrasés ou hachés et avec un peu d’huile d’olive. Les molécules actives sont alors libérées et donc mieux absorbées par l'organisme !

Prostate : du chou sans modération !

Les légumes crucifères sont de puissants alliés contre le cancer de la prostate ! Selon une étude américaine menée auprès de 29 361 hommes en 2007, la consommation régulière de chou-fleur serait associée à une diminution de 52% du risque de cancer prostatique, celle de brocolis à une réduction de 45%, celle de coleslaw ou de choucroute à une baisse de 36% et celle de chou de Bruxelles à une diminution de 29% !

"Les choux contiennent en fait des indole-3-carbinoles, du sulforaphane et des glucosinulates qui sont de puissantes molécules anticancer. Les deux premiers empêchent aussi l’évolution des cellules précancéreuses en tumeurs malignes", explique le Dr David Servan-Schreiber dans Anticancer.

Le brocoli intéresse tout particulièrement. Lors d’une étude publiée en 2017, des chercheurs ont tenté de comprendre les mécanismes de fonctionnement d’un de ses composés, le sulforaphane. Ils en ont conclu que celui-ci, en limitant la présence d’une molécule, pourrait influer sur la capacité des cellules cancéreuses à former des colonies.

Comment consommer les choux ? En cuisson courte à la vapeur, à l’étuvée ou cuits brièvement avec un peu d’huile d’olive. Il faut éviter de les faire bouillir, car cela peut détruire les molécules protectrices.

La grenade freine l’évolution du cancer de la prostate

"La consommation quotidienne de jus de grenade diviserait par trois la vitesse de propagation de cancers de la prostate", indique le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer). Pourquoi ? Parce que la grenade est une source importante de composés phénoliques et de tanins ce qui lui confère une puissante activité antioxydante ! Elle protège ainsi l’organisme de l’attaque des radicaux libres, molécules favorisant le développement de cellules cancéreuses. Dans une étude menée en 2006, des chercheurs ont remarqué que l’administration d’un extrait de grenade ralentissait la croissance tumorale de souris porteuses d’un cancer de la prostate.

Ces résultats sont néanmoins remis en cause par une étude publiée en 2015 qui a conclu à une absence de bienfaits chez des patients touchés d’un cancer de la prostate.

Comment consommer la grenade ? Boire 225ml de jus de grenade par jour, le matin au petit déjeuner.

Tomates : le lycopène, bon pour la prostate !

Riche en lycopène, la tomate est l’aliment anticancer prostatique par excellence ! "Le lycopène réduit en effet le risque de cancer de la prostate et pourrait même légèrement freiner l’évolution d’un cancer déjà déclaré", explique le Dr Hervé Baumert, chirurgien urologue. Selon des recherches américaines, les hommes ayant les plus fortes concentrations de lycopène dans leur sang auraient moitié moins de risque d’avoir un cancer de la prostate. Chez ceux âgés de moins de 70 ans, le bénéfice serait encore plus grand !

En 2013, une méta-analyse rassemblant les résultats de 17 études de cohorte ou de cas-contrôle n’a pas trouvé d’association significative entre la consommation de tomates (crues ou cuites) ou de lycopène et les risques de cancer de la prostate. Les effets préventifs du lycopène sur le cancer de la prostate ne sont donc pas prouvés.

Comment consommer la tomate ? "Il vaut mieux la manger cuite et avec un corps gras (de l’huile d’olive par exemple) pour que le lycopène passe la barrière digestive et soit bien absorbé", conseille notre interlocuteur. Privilégiez donc la tomate en sauce, en concentré ou encore en jus !

A noter : Le lycopène est également présent en quantités intéressantes dans la pastèque et dans le pamplemousse.

Des graines de lin contre le cancer de la prostate ?

Les graines de lin seraient bonnes pour la prostate ! D’après une étude menée sur 161 hommes atteints de cancers prostatiques, ceux ayant consommé 30g de graines de lin par jour avaient constaté une réduction de 30 à 40% de la multiplication des cellules tumorales. "Les graines de lin sont en fait riches en omega-3 végétaux et en lignanes. Ces phyto-oestrogènes (substances végétales mimant l’action des oestrogènes) réduisent l’activité néfaste des hormones sur la croissance du cancer", explique le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer). Toutefois, pour le Dr Hervé Baumert, chirurgien urologue : "Ces bienfaits ne sont pas suffisamment démontrés." Rien ne vous empêche cependant d’essayer !

Comment consommer les graines de lin ? Les moudre et les mélanger avec un produit laitier bio ou à base de soja, des céréales, ou une salade de fruits.

Poissons : deux fois moins de risque de cancer prostatique !

Riches en acides gras oméga-3, le poisson favorise la prévention du cancer de la prostate. Une étude suédoise publiée en juin 2001 et menée auprès de 6272 hommes a démontré que ceux consommant régulièrement du poisson gras (le plus riche en omega-3) avaient jusqu’à 2 fois moins de cancers de la prostate que ceux qui en mangent peu ! "Ces graisses ont des propriétés anti-inflammatoires et antitumorales", explique le Dr Patrice Pfeifer, urologue (Docteur, c’est la prostate). Par ailleurs, sachez qu’en curatif, "les omega-3 retardent la croissance des cellules cancéreuses et réduisent la dissémination des tumeurs sous forme de métastases", précise le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer).

Selon une étude publiée en 2013 par des chercheurs de l’Université de Californie-Los-Angeles (UCLA), l’huile de poisson maigre (elle aussi riche en oméga-3) serait très bénéfique en prévention et en traitement du cancer de la prostate. L’étude affirme que ce produit aide à combattre la progression des cellules cancéreuses.

Comment consommer le poisson ? Il faut privilégier les poissons gras, c'est-à-dire le saumon, les sardines, les anchois et les maquereaux. Le mieux est de les manger frais ou en boîte (avec de l’huile d’olive). Surgelés, ils perdent progressivement les omega-3 avec la durée de conservation... donc ça ne vaut pas le coup ! Pour la fréquence, au moins trois fois par semaine !

Soja : contre les métastases du cancer prostatique

Selon une étude menée auprès de 2007 par des chercheurs japonais, augmenter sa consommation de soja diminuerait de 58% le risque de cancer de la prostate ! Comment ? Grâce aux isoflavones ! "Ces phyto-oestrogènes (substances végétales mimant l’action des oestrogènes) agissent contre la testostérone, hormone mâle qui stimule le développement des cellules cancéreuses de la prostate", explique le Dr Hervé Baumert, chirurgien urologue. Par ailleurs, des chercheurs américains ont démontré en 2008 que la génistéine (autre phyto-œstrogène du soja) diminuait la prolifération du cancer sous forme de métastases chez 96% de souris testées.

Comment consommer le soja ? On peut le consommer en lait, en yaourts, en fèves ou manger du tofu et du miso. Il faut en revanche éviter la sauce à base de soja car elle est très salée (pas terrible pour les artères !).

Attention : Il ne faut pas se supplémenter en isoflavones de soja sans avis médical (surtout en cas de cancers hormono-dépendants, comme le cancer du sein, ou d’antécédents). Dans tous les cas, l’Anses recommande de ne pas dépasser 1mg d’isoflavones par kg de poids corporel par jour.

Thé vert : il bloque le développement du cancer prostatique

Selon des chercheurs japonais, boire 5 tasses de thé vert par jour diminuerait de 50% le risque de développer un cancer de la prostate! Explication : "Le thé vert contient des substances antioxydantes, les catéchines, qui permettent de bloquer le développement des tumeurs", indique le Dr Patrice Pfeifer, urologue (Docteur, c’est la prostate). Elles abaisseraient aussi le niveau de testostérone, hormone favorisant le cancer de la prostate.

Comment consommer le thé vert ? Le mieux est d’en boire quotidiennement. Pas forcément 5 tasses, mais 2 ou 3 serait déjà bien !

Fruits et légumes : des fibres magiques pour la prostate !

Vous mangez des fruits et des légumes tous les jours ? Bravo ! Ils sont excellents pour votre prostate ! "Riches en vitamines antioxydantes, ils luttent contre l’attaque des radicaux libres donc réduisent les risques de cancer", explique le Dr Hervé Baumert, chirurgien urologue. Une étude italienne menée auprès de 1700 hommes a par ailleurs révélé les bienfaits des fibres solubles contenues dans les légumes. Selon les chercheurs, leur consommation réduirait de 18% le risque de cancer de la prostate !

Comment consommer les fruits et les légumes ? De préférence frais, car c’est sous cette forme qu’ils conservent le maximum d’antioxydants. Quant aux quantités, les recommandations nationales sont entre 5 et 10 fruits et légumes par jour, soit en moyenne 600g par jour.

Prostate : des aliments à risque !

Lait, viande rouge, charcuteries… Attention à votre prostate ! Selon une étude canadienne menée auprès de 197 patients, si on consomme plus de 470g par jour de produits laitiers, le risque d’être atteint d’un cancer de la prostate est deux fois plus grand ! "L’excès de calcium peut en effet diminuer la quantité de vitamine D active dans l’organisme. Or, cette vitamine est antioxydante et protège donc du cancer", explique le Dr Hervé Baumert, chirurgien urologue. Quant à la viande rouge et aux charcuteries, une étude menée auprès de 175 343 hommes a démontré qu’une consommation excessive de ces produits augmentait respectivement le risque de cancer de la prostate de 12% et de 32% !

Les graisses animales, les nitrites et les nitrates contenus dans ces produits pourraient être en cause.

Faut-il éviter les aliments à risque ? Non, pas la peine de supprimer les produits laitiers qui sont essentiels à l’organisme (notamment pour prévenir l’ostéoporose) et pour lesquels les études restent controversées. Pour la viande rouge, limitez votre consommation à trois fois par semaine et choisissez les morceaux les plus maigres. La consommation de charcuteries doit, elle, être exceptionnelle!

Sources

Docteur, c'est la prostate ?, Dr Patrice Pfeifer, Alpen éditions, 2009

Les Aliments bons pour la Santé, Sélection du Reader's Digest, 2009 

Anticancer : Prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, Dr David Servan-Schreiber, ed.Robert Laffont, 2007

(1) Kirsh et al. Journal du National cancer Institute, 2007

(2) Malik A et al. Prostate cancer prevention through pomegranate fruit. Cell cycle. 2006 Feb 15 ; 5(4) Epub ahead of print) 

(3) Demark-Wahnefried W, et al (Duke University Medical Center). Effects of flaxseed supplementation on prostate cancer tumor growth. Présentation lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology, États-Unis, juin 2007.

(4) Journal of Nutrition, August 2007, vol. 137, 1974-1979

(5) American Journal of epidemiology, “Green Tea Consumption and Prostate Cancer Risk in Japanese Men: A Prospective Study”, Vol. 167, Janvier 2008.

(6) Pelucchi C & al. Fibre intake and prostate cancer risk Int J Cancer. 2004 Mar 20;109(2).

(7) Sinha R, Park Y, et al. Meat and meat-related compounds and risk of prostate cancer in a large prospective cohort study in the United States. Am J Epidemiol. 2009 Nov 1;170(9):1165-77.

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Vidéo : Cancer de la prostate : reconnaître les symptômes

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