Bilan sanguin en octobre : 3 examens pour vérifier son immunité (et ceux qui ne servent à rien)

Publié par Edouard Korvaul
le 07/10/2026
prise de sang
Istock
Photo d'illustration
Virus et coups de fatigue s'invitent dans votre quotidien tous les ans à cette période ? Ces 3 examens à réaliser en octobre peuvent être utiles pour faire le point sur vos défenses immunitaires.
 

La fatigue, courante en automne, est le plus souvent due à un dérèglement du rythme circadien lié au déficit de luminosité naturelle. Cette baisse de tonus ordinaire ne signifie pas que votre système immunitaire est en souffrance. En médecine générale, si la fatigue reste le motif de consultation le plus fréquent, elle n’est pas forcément liée à une anomalie immunitaire sous-jacente.

Toutefois, une exploration et un bilan sanguin peuvent se justifier dans certains cas : des infections bactériennes à répétition, des pneumopathies, des épisodes infectieux traînants, une fièvre inexpliquée ou une perte de poids involontaire.

Les trois examens sanguins utiles avant l’entrée dans l’hiver

Trois marqueurs ciblés permettent d'évaluer la situation et de détecter une fragilité avérée.

La numération formule sanguine (NFS), autrement dit la prise de sang habituelle, constitue le socle : cet examen banal suffit à donner les indications essentielles. Il s’agit de mesurer les acteurs de l'immunité innée et adaptative, notamment les polynucléaires neutrophiles chargés de neutraliser les bactéries et les lymphocytes dédiés à la défense antivirale. Il permet aussi d'écarter une anémie, définie par un taux d'hémoglobine inférieur à 12 g/dL chez la femme et 13 g/dL chez l'homme, source directe d'essoufflement et d'épuisement.

Le dosage de la ferritine sérique évalue précisément les réserves corporelles en fer. Comme le rappelle la Haute Autorité de santé (HAS), cet examen permet d'identifier la carence martiale sans anémie dès que la ferritine descend sous 30 µg/L. Ce déséquilibre fréquent touche particulièrement les femmes réglées et altère le métabolisme énergétique cellulaire.

Enfin, le statut en vitamine D peut être intéressant. En métropole, la faiblesse des rayons ultraviolets B entre novembre et mars rend la synthèse cutanée quasiment nulle et certains profils, en particulier les seniors, sont plus à risque de carence. Une méta-analyse parue dans le British Medical Journal montre qu'une supplémentation réduit le risque d'infection respiratoire aiguë chez les sujets présentant un déficit sévère. Toutefois, la HAS ne recommande pas de dosage systématique en cas de simple fatigue : les praticiens privilégient une supplémentation guidée par le profil du patient.

Défenses immunitaires : quels dosages superflus au laboratoire

Plusieurs examens (souvent onéreux) n'ont en revanche pas vraiment d’utilité en cas de coup de mou saisonnier. Le typage lymphocytaire élargi notamment, qui s'adresse exclusivement aux déficits immunitaires congénitaux sévères ou aux pathologies hématologiques lourdes.

De même, le dosage isolé du zinc, du cuivre ou du magnésium sérique offre peu d'intérêt : les concentrations sanguines varient constamment et ne reflètent pas les réserves réelles des tissus. Enfin, les bilans d'intolérances alimentaires mesurant les IgG et les panels de stress oxydatif manquent de validation scientifique.

Immunité : comment renforcer ses défenses ?

La vaccination ciblée contre la grippe saisonnière et le Covid-19 est le seul levier capable de fournir à l'organisme des anticorps neutralisants spécifiques afin de prévenir les formes sévères.

Au quotidien, les mesures préventives reposent sur un sommeil régulier, une alimentation variée en végétaux et une activité physique modérée qui stimule la circulation des globules blancs. Gardez à l'esprit que les compléments ne sont pas anodins : ne pratiquez jamais d'automédication prolongée, un surdosage en fer risquant de provoquer une toxicité hépatique, tandis qu'un excès de vitamine D expose à une hypercalcémie et à des calculs rénaux.

Voir les commentaires