AVC : une étude alerte sur les effets de l’alcool

En France, une personne fait un AVC toutes les 4 minutes. Ces accidents tuent 30 000 personnes chaque année. Cette hécatombe, on la doit à l’hypertension, au tabac, mais aussi à d’autres facteurs émergents. Une nouvelle étude nous met en garde contre la consommation excessive d’alcool. Cette mauvaise habitude serait propice aux complications en cas d’AVC, comme l’invalidité.
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En France, l’AVC (accident vasculaire cérébral) touche 140 000 patients chaque année. Malheureusement, ils sont 30 000 à y succomber. En outre, on estime qu’un patient sur deux gardera un handicap. C’est d’ailleurs la première cause de handicap physique de l’adulte.

Aujourd’hui, les facteurs de risque de l’AVC sont clairement identifiés. Majoritairement, il s’agit de facteurs déterminés par le mode de vie (et donc potentiellement modifiables)". Ces derniers sont associés à la survenue de 90% des AVC. On note le tabac, l’hypertension, l’obésité ou encore la sédentarité. Mais ce n’est pas tout. Une nouvelle étude vient de nous mettre en garde contre la consommation excessive d’alcool.

"Une augmentation de la consommation d'alcool a été associée à un risque accru d'accident vasculaire cérébral ou de développer une maladie artérielle périphérique", selon la nouvelle recherche publiée récemment dans Circulation : Genomic and Precision Medicine, une revue de l'American Heart Association.

Alcool et AVC : les précédentes études étaient "incapables de déterminer la cause"

"Bien que des études observationnelles aient constamment montré qu'une forte consommation d'alcool est associée à un risque accru de certaines maladies cardiovasculaires, ils utilisent souvent des données autodéclarées et sont incapables de déterminer la cause", expliquent les chercheurs de l’étude. Ces derniers ont utilisé une technique différente, appelée "randomisation mendélienne", qui identifie les variantes génétiques pour déterminer le degré potentiel de risque de maladie.

"Cette technique nous permet de mieux déterminer si un facteur de risque - dans ce cas, une forte consommation d'alcool - est la cause d'une maladie, ou s'il est simplement associé", a détaillé Susanna Larsson, Ph.D., chercheuse principale et professeure agrégée d'épidémiologie cardiovasculaire et nutritionnelle au Karolinska Institutet à Stockholm, en Suède.

Les chercheurs ont analysé les données génétiques de plus de 500 000 Britanniques. Cette analyse conclut qu'avec une consommation d'alcool plus élevée, le risque de maladie artérielle périphérique (MAP) ou de rétrécissement des artères et de diminution du flux sanguin, généralement vers les jambes est multiplié par 3. Elle démontre aussi que l’incidence de l’AVC augmente de 27%. En outre, il existerait aussi des preuves d’une association entre alcool et risque accru de maladie coronarienne, fibrillation auriculaire ou anévrisme aortique.

AVC : comment l’alcool augmente le risque ?

Pourquoi l’alcool consommé en excès peut avoir une incidence sur le risque d’AVC ? Selon les chercheurs, ce phénomène s’expliquerait par l’hypertension.

"Le mécanisme par lequel une consommation plus élevée d’alcool était associée au risque d'accident vasculaire cérébral et de MAP pourrait être la pression artérielle", selon les scientifiques.

En effet, il avait déjà été démontré (par une autre étude publiée dans la revue médicale Journal of the American Heart Association en 2018) que l’alcool augmentait la pression artérielle. Les hommes qui consomment 5 boissons alcoolisées ou plus par jour et cela plusieurs fois par an, présenteraient une tension artérielle et un cholestérol plus élevés que les autres, indiquaient les scientifiques.

Une consommation modérée d'alcool, (soit 2 à 3 verres par jour au maximum) peut donc faire diminuer la tension artérielle.

Alcool : comment l’hypertension favorise l’AVC ?

On comprend donc mieux l’incidence de l’alcool sur le risque d’AVC. L’hypertension artérielle constitue l’un des plus grands facteurs déterminants dans la survenue de l’AVC. L’hypertension multiplie par neuf le risque, d’après les Hôpitaux Universitaires Paris Sud.

En effet, lorsque la pression est élevée dans les vaisseaux, elle peut, soit, favoriser une hémorragie par rupture du vaisseau (AVC hémorragique), soit, favoriser la formation de la plaque d’athérome (caillots) qui va boucher le vaisseau et provoquer un infarctus cérébral (AVC ischémique).

En consommant de l’alcool en excès, vous augmentez ainsi votre risque d’hypertension et de surcroit d’AVC.

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Source(s):

Une étude génétique établit un lien entre une consommation d'alcool plus élevée et un risque accru d'AVC et de MAP, revue Genomic and Precision Medicine Journal, 5 mai 2020

Effects of Repeated Binge Drinking on Blood Pressure Levels and Other Cardiovascular Health Metrics in Young Adults: National Health and Nutrition Examination Survey, 2011‐2014, JAHA, 27 juin 2018

Accident vasculaire cérébral (AVC), Inserm

Role of sleep-disordered breathing and sleep-wake disturbances for stroke and stroke recovery, Neurology, 3 août 2016

Hypertention artérielle et AVC, Hôpitaux Universitaire Paris Sud