Variant Cicada du Covid-19 : qui doit impérativement se faire vacciner dès le 20 avril ?

Publié par S. Coucke-Haddad
le 14/04/2026
personne âgée qui se vacciner
New Planet Media
Dès le 20 avril et jusqu’au 30 juin 2026, les autorités lancent une grande campagne de vaccination contre le Covid-19. Face à l'émergence de nouveaux sous-variants et à l'érosion naturelle de la protection, certaines personnes doivent impérativement faire un rappel. Qui et comment ? Voici ce qu’il faut savoir.

La vaccination contre le Covid-19 reste une ligne de défense majeure pour les populations à risque. Alors que le virus continue de muter avec l'apparition de nouvelles souches, les autorités sanitaires appellent à une nouvelle injection ciblée. Cette mesure vise à contrer les vulnérabilités immunitaires, en particulier chez les personnes les plus fragiles : les seniors et les personne immunodéprimés.

Covid : pourquoi sommes-nous de moins en moins bien immunisés ?

Le vieillissement du système immunitaire, ou immunosénescence, se caractérise par une diminution progressive de la production de certaines cellules protectrices. Selon des données partagées par la revue Repères en Gériatrie, le thymus génère beaucoup moins de lymphocytes T naïfs, réduisant ainsi la capacité globale du corps à identifier de nouveaux agents infectieux. De plus, les cellules B peinent à produire des anticorps efficaces avec le temps.

Un phénomène inflammatoire chronique, souvent appelé "inflammaging", interfère également avec les signaux immunitaires de l'organisme. Résultat : la réponse au vaccin devient moins robuste chez les seniors.

De plus, la durée de la protection vaccinale n'est pas infinie. On sait notamment que l'efficacité du vaccin contre les hospitalisations diminue fortement environ 120 à 180 jours après la dernière injection. Chez les personnes immunodéprimées, cette protection peut chuter de 36 % en seulement deux mois, pour atteindre un niveau quasi nul au bout d'un semestre.

Heureusement pour les plus à risque de développer une forme grave de Covid, une nouvelle dose de rappel permet de rétablir rapidement un haut niveau de défense. Selon une étude américaine publiée dans le réseau scientifique JAMA Network Open en février dernier, l'administration d'un rappel récent restaure l'efficacité contre les admissions en soins intensifs et prévient le décès à hauteur de 79 %.

Cicada, XFG : quels sont ces sous-variants Covid à surveiller ?

Comme tous les virus, le coronavirus mute et évolue en permanence. Notre organisme, et plus particulièrement notre système immunitaire, doit ainsi s’adapter à ces nouveaux venus. Or, depuis fin 2025, de nouvelles souches hybrides de Spike sont apparues.

À l'image du sous-variant surnommé "Cicada", qui a semblé hiberner de longs mois avant de frapper massivement aux Etats-Unis, ce qui a surpris les épidémiologistes américains ou encore du variant XFG (plus connu sous le nom de Frankenstein) qui reste majoritaire en France. D’ailleurs, la circulation du SARS-CoV-2 dans les eaux usées reste supérieure à celle de la saison précédente selon le dernier bulletin de Santé Publique France. Si la grande majorité d’entre sommes “naturellement” armés pour lutter contre ces variants, ce n’est pas forcément le cas des plus fragiles.

Pour répondre à cette évolution, de nouveaux vaccins à ARN, autorisés début 2026, ciblent précisément les récentes mutations de la protéine Spike. C’est important, car les anticorps issus d'infections anciennes ne suffisent plus aujourd’hui face à ces variants.

Campagne de rappel 2026 contre le Covid : qui est concerné ?

La vaccination mise en place ce printemps ne bloque plus systématiquement la transmission du virus responsable de simples symptômes de rhume, mais vise à réduire drastiquement le risque de détresse respiratoire et de pneumonie chez les plus de 75 ans. Ce sont donc les seniors qui sont visés en priorité. Les personnes immunodéprimées ont aussi accès à ce rappel de vaccin, quel que soit leur âge.

Pour optimiser cette stratégie de prévention, le délai administratif est raccourci pour les patients les plus exposés. Ainsi, pour les plus de 80 ans et les immunodéprimés sévères, la dose peut être administrée dès trois mois après le précédent rappel, si le médecin le juge pertinent. Comme lors des campagnes précédentes, le vaccin est pris en charge à 100 %.

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