Charge mentale : même après les vacances, les femmes sont fatiguéesAdobe Stock
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Pourquoi les femmes finissent-elles leurs vacances d’été moins reposées que les hommes ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre l’institut de sondages Ifop et le site “Bons plans Voyage NewYork” en menant une étude auprès de 2000 personnes, publiée ce mardi 29 août 2023.

Femmes : un état physique et psychologique plus dégradé que celui des hommes

D’entrée de jeu, l’enquête indique que les femmes n’ont pas autant d’occasions de se reposer que les hommes en vacances. “Les congés d’été n’ont pas été de tout repos pour tout le monde, en particulier pour des femmes, sur qui pèse la charge mentale à la fois sur leur lieu de villégiature - où elles gèrent l’essentiel du travail domestique et parental - mais aussi au retour, où elles assument le gros du stress et des tâches liées à la rentrée : valise à boucler, linge à laver, fournitures scolaires à acheter… L’analyse de l’étude montre ainsi que le partage inégalitaire des corvées domestiques observé toute l’année se prolonge (voire s'amplifie) pendant les vacances au point que nombre de femmes entament la rentrée dans un état physique et psychologique plus dégradé que leur conjoint.”

Les auteurs de cette enquête ont identifié plusieurs grandes tendances. Parmi elles, le fait que la majorité des femmes sont conscientes d’en faire plus que leur conjoint. Selon les résultats de l’Ifop, 53% des femmes interrogées déclarent s’être plus chargées des tâches du foyer que leur conjoint durant leurs vacances. 39% indiquent en avoir fait “à peu près autant” et seulement 8% “moins” que leur conjoint.

Cette inégale charge mentale s’observe d’autant plus chez les couples avec enfants. En effet, même en vacances d’été, ce sont en grande majorité les femmes qui préparent les affaires des enfants (dans 71% des cas), qui lavent leurs vêtements tous les jours (dans 72% des cas) et qui leur font à manger pour leurs activités en extérieur (dans 53% des cas).

Femmes : une fatigue post-vacances

En résulte une fatigue post-vacances, ou plutôt une absence de récupération pendant les congés : “À la fin de leurs congés, les femmes s’avèrent beaucoup plus fatiguées (70%) que les hommes (57%)”, indique l’Ifop. Ce qui est plus surprenant, c’est que les hommes interrogés semblent assumer cette différence : “Ils sont deux fois plus nombreux (56%) que les femmes (28%) à reconnaître qu’ils se sont plus reposés que leur conjointe durant les vacances.”

Cette fatigue des femmes se couple au stress de la rentrée, où, là aussi, ce sont en majorité les mères qui organisent la vie de famille. Et elles le savent dès les vacances : la charge mentale relative à cette période charnière pour les enfants leur incombe beaucoup plus qu’aux pères. Plus précisément, “la perspective d’un retour à la vie quotidienne et à ses problèmes constitue une source de préoccupation beaucoup plus lourde pour la gent féminine : 60% des femmes parties en congés cet été avec leur conjoint se disent préoccupées par les problèmes à gérer à la fin des vacances, contre 47% des hommes”.

Charge mentale : une “dévolution passéiste de l'organisation des vacances aux femmes”

Comment expliquer que ces inégalités perdurent ? D’après François Kraus, directeur du pôle “Genre et sexualités” à l’Ifop, “si l’activité professionnelle d’une femme légitime une répartition du travail domestique plus égalitaire, les moments d’inactivité comme les vacances favorisent un retour en arrière à son rôle ‘naturel’ : s'occuper avant tout de ses enfants et de son foyer.”

Pour l’expert, cette situation est le signe d’une “dévolution passéiste de l'organisation des vacances aux femmes” qui “repose sur une vision indéniablement conservatrice de leur temps libre et une injonction sociale très forte : faire passer le bien-être de leur famille avant leurs propres besoins”.

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