Danger : les médicaments contre les problèmes gastriques (IPP) entraîneraient la mort

Publié le 26 Juin 2019 à 11h12 par Louise Ballongue, journaliste santé
Une récente étude a prouvé que l’usage de l’oméprazole et du lansoprazole, deux médicaments prescrits pour les problèmes gastriques, tueraient jusqu’à 4,5% des consommateurs.

Les IPP tueraient 4,5% de leurs consommateurs

Les IPP ou inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont couramment utilisés pour traiter les brûlures d'estomac et le reflux gastro-œsophagien. Problème : des chercheurs ont prouvé que ces substances sont très nocives pour l’organisme, voire mortelles dans certains cas.

Pour arriver à de telles conclusions, les chercheurs de l’université de Saint-Louis (Missouri) ont analysé pendant dix ans les dossiers médicaux de 405 490 vétéransaméricains qui s’étaient vus prescrire le médicament pour la première fois entre 2002 et 2004.

À l’issue des dix ans, ils ont calculé la mortalité de ceux ayant pris des IPP durant plus de trois mois (201 557 personnes) par rapport à ceux ayant utilisé un autre médicament pour la même indication (des anti-H2), également pendant plus de trois mois (69 731 personnes).

Résultat : pour le groupe sous IPP, on trouve 45,2 morts de plus pour 1000 cas.

Modérer l'utilisation des IPP

Les scientifiques estiment cette situation "alarmante" et appellent à une modération de la prescription de ces médicaments, notamment au niveau de la durée du traitement. Ils souhaitent rappeler que "toutes les études disponibles prouvent que l’utilisation à long terme des IPP est associée à des effets indésirables graves, notamment un risque accru de mortalité toutes causes confondues."

Rappelons qu’en France, les IPP sont prescrits en grande quantité (près d’un quart des Français en ont consommé en 2015 selon une étude de l’ANSM ) et souvent de manière injustifiée.

La Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) a décrit une consommation de 19 comprimés/personne/an en 2005 qui est passée à 23 comprimés/personne/an en 2007 (Réévaluation des IPP, 2009).

D’ailleurs, 60% de la prescription totale des IPP est faite hors autorisation de mise sur le marché (AMM) selon la Commission de la transparence de la HAS (Réévaluation des IPP, 2009).

En effet ils sont souvent utilisés à tort en prévention des ulcères dus à la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) chez des sujets considérées comme "non à risque", ou en cas de dyspepsie fonctionnelle.

Selon une autre étude ayant pour but de recenser les prescriptions médicales les plus fréquentes dans les hôpitaux suisses, les IPP arrivent en quatrième position après les solutés, le paracétamol et les opiacés.

Cependant, seuls 14% des patients recevaient des IPP pour une indication validée, tandis que 66% en recevaient pour des raisons "prophylactiques" non validées.

De plus en plus d’études font également état d’effets secondaires à long terme suite à la consommation d'IPP : accroissement du risque de fracture, infections digestives, infections respiratoires, troubles métaboliques (hypomagnésémies, déficit en vitamine B12), néphrites interstitielles et cancers, seraient entre autres, les principales conséquences de ces médicaments.

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