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Une fatigue persistante associée à des troubles du sommeil

Une fatigue persistante associée à des troubles du sommeil© Adobe Stock

"La thyroïde est une glande en forme de papillon, constituée de deux lobes reliés par un isthme. Elle est située à la base du cou, en avant de la trachée. Elle est placée sous la pomme d'Adam et n’est normalement pas palpable", décrit l'Assurance Maladie. Cet organe sécrète des hormones thyroïdiennes (triiodothyronine ou T3 et thyroxine ou T4).

Ces hormones sont essentielles à notre organisme car elles régulent le métabolisme des cellules de notre corps et contrôlent l'energie musculaire ainsi que la température corporelle. Ces dernières influent aussi notre humeur et notre rythme cardiaque. Chez l'enfant, elles participent la croissance et le développement.

Il arrive que la glande thyroïde sécrète trop peu d'hormones. C'est là le début des problèmes. La thyroïde fonctionne alors insuffisamment et l’organisme (organes, tissus, glandes…) se met à tourner au ralenti. On parle alors d'hypothyroïdie. Dans le cas de l’hyperthyroïdie, c’est l’inverse.

La fatigue est le premier symptôme d’un problème de thyroïde. L’asthénie (épuisement général sans avoir fait d’effort) se rencontre dans 99 % des cas d’hypothyroïdie. Si vous êtes tout le temps fatigué sans aucun signe d’infection, si vous vous sentez léthargique et que vous avez de grosses difficultés à démarrer le matin, vous pouvez soupçonner une hypothyroïdie.

La fatigue musculaire est aussi un signe d’hyperthyroïdie. Elle se couple à des troubles du sommeil de type insomnie car l’organisme est en suractivité.

Des cheveux secs, cassants et une peau sèche

Les premiers symptômes de troubles thyroïdiens sont ceux qui modifient l’apparence physique. En cas d’hypo ou d’hyperthyroïdie, les cheveux deviennent cassants et secs et commencent à tomber.

Dans 97 % des cas d’hypothyroïdie, la peau est sèche, jaunit voire devient grisâtre.

Le visage gonfle surtout autour des yeux et du menton (55 % des cas) et les traits s’épaississent. Des rides prématurées peuvent apparaitre, accompagnées parfois d’autres troubles cutanés (eczéma, acné…). Ceci est "le résultat de l’accumulation des graisses et des déchets non éliminés dans les tissus suite à une baisse d’hormones thyroïdiennes dans le corps", explique le Dr Willem.

On peut également parfois remarquer l’apparition d’un goitre (gonflement à la base du cou).

Une personne atteinte d’hypothyroïdie voit également ses ongles se strier, devenir mous puis se casser et ses sourcils se raréfier.

Une frilosité ou une transpiration excessive

Une frilosité ou une transpiration excessive© Adobe StockLes modifications de la température corporelle font partie des signes les plus courants d’un problème de thyroïde. Dans 90 % des cas d'hypothyroïdies, on constate une frilosité chez le patient.

Les personnes en hypothyroïdie présentent aussi une température légèrement plus basse qu’à l’habitude et les extrémités (nez, doigts, orteils) sont froides". En dessous de 36,1°, il y a de fortes chances que vous soyez en hypothyroïdie. Si votre température est plus élevée, c’est peut-être une hyperthyroïdie ou une légère infection", explique le Dr Willem.

En cas d’hyperthyroïdie, la peau a tendance à devenir chaude, on transpire au moindre effort et on a les mains moites.

Des accélérations soudaines du rythme cardiaque

Des accélérations soudaines du rythme cardiaque© Adobe StockUne accélération ou une diminution du rythme cardiaque au repos peut être le signe d’un problème thyroïdien. L’hypothyroïdie se caractérise dans 95 % des cas par une bradycardie (rythme cardiaque au repos en dessous de la normale).

L’accélération du rythme cardiaque avec palpitations apparaît, quant à elle, dans 88 % des cas d’hyperthyroïdie causée par un Basedow, une maladie auto-immune. Mais seulement dans 35 % des cas d’hyperthyroïdie causée par des 'nodules toxiques'. Les nodules toxiques sont des nodules qui se sont 'libérés' du contrôle cérébral et qui produisent par eux-mêmes des hormones thyroïdiennes à des taux jusqu’à 100 fois supérieur à ceux de la glande thyroïde.

"Quand votre cœur bat très souvent voire en permanence à 85 ou 90 pulsations minutes alors qu’il est au repos, sans choc émotionnel particulier ou activité physique particulière, ça peut être la thyroïde. Dans l’hyperthyroïdie, la tachycardie est toujours présente. Son absence devrait discuter ce diagnostic", précise le Dr Willem.

Cette accélération du pouls s’accompagne aussi parfois, dans le cadre d’une hyperthyroïdie, d’une augmentation de la pression artérielle, voire d’extrasystoles (contractions anarchiques du cœur).

Attention : si ce trouble causé par la thyroïde n’est pas pris en charge par un médecin, le patient peut finir par souffrir d'arythmie permanente.

Une dépression qui persiste sans raison

Une dépression qui persiste sans raison© Adobe StockLes troubles de la thyroïde peuvent aussi affecter le système nerveux. En cas d’hypothyroïdie, vous vous sentez dépressif, irritable, nerveux, très instable émotionnellement, vous pleurez sans raison….

"Si ces symptômes surviennent deux fois dans l’année ce n’est pas la thyroïde. Mais si ça revient assez souvent sans causes psychologiques et que vous présentez trois ou quatre autres symptômes typiques d’un problème de thyroïde, vous devriez consulter. Un dosage sanguin (TSH, T3, T4) sera nécessaire pour vérifier si votre thyroïde fonctionne correctement", conseille le Dr Willem.

Une carence en T3 (hormones thyroïdiennes) compromet la stabilité émotionnelle et peut déboucher sur une dépression. Mais attention, dans ce cas, il faut éviter de prendre certains antidépresseurs contenant du fluor, comme le Prozac®, car ils aggravent la dépression. En effet, le fluor inhibe la fonction thyroïdienne déjà diminuée.

En cas d’hyperthyroïdie, on devient anxieux, on a des sautes d’humeur, et ce dérèglement hormonal peut déboucher sur une dépression. La nervosité accompagnée d’angoisse et d’irritabilité survient dans 61 % des hypothyroïdies dues à une Basedow et 35 % des hypothyroïdies dues à des nodules toxiques.

Une forte prise de poids malgré un appétit d’oiseau

Une forte prise de poids malgré un appétit d’oiseau© Adobe StockLes personnes atteintes d’une hyperthyroïdie perdent du poids dans 79 % des cas quand elle est due à une Basedow et 55 % des cas d'hyperthyroïdie due à un nodule ou goitre toxique. Cet amaigrissement est d’autant plus paradoxal que les patients mangent davantage qu’à leur habitude ! Le poids baisse souvent de plusieurs kilos en une seule semaine.

En cas d’hypothyroïdie, c’est le phénomène inverse qui se produit, avec une prise de poids dans 60% des cas, et ce, malgré un petit appétit. On observe également parfois une hypoglycémie car le foie se dérègle, et de la rétention d’eau due au ralentissement du métabolisme.

L’hypothyroïdie peut avoir plusieurs causes : l’ablation de la thyroïde bien entendu mais aussi une carence en iode, une maladie auto-immune ou des fluctuations des niveaux des hormones (grossesse, ménopause…). Elle peut être aussi faire partie des effets secondaires de certains médicaments comme le lithium, les bêta-bloquants, l'interféron, les antihistaminiques…

Une libido en berne

Une libido en berne© Adobe Stock"La fonction sexuelle est toujours affectée par l’hypothyroïdie. Chez les femmes, la libido s’effondre, elles souffrent d’un manque de désir et de satisfaction. La prescription d’hormones thyroïdiennes restaure la libido, relance l’ovulation et restitue la fertilité", explique le Dr Willem.

On peut constater aussi des troubles menstruels et des seins fibrokystiques. Mais ces atteintes de la libido et de la fonction sexuelle restent minoritaires : ils ne peuvent pas à eux seuls permettre le diagnostic d’un trouble de la thyroïde.

L’hyperthyroïdie pourrait aussi jouer négativement sur le désir sexuel chez la femme.

Rappelons que les affections de la thyroïde touchent principalement les femmes du fait de l’interaction entre thyroïde et hormones sexuelles féminines, notamment lors de la ménopause.

Des pertes de mémoire à répétition

Des pertes de mémoire à répétition© Adobe StockDes pertes de mémoire à court terme, ainsi que des problèmes de concentration peuvent être symptomatiques d’une hypothyroïdie. Ils peuvent se coupler à un raisonnement plus lent et à l’impression d’avoir le 'cerveau dans le brouillard'.

Une parole plus lente se remarque également dans 90 % des cas d’hypothyroïdie.

Progressivement, l’articulation des mots devient de plus en plus difficile, on trébuche sur les phrases et finit par marmonner. Tout ceci est la conséquence d’un apport insuffisant en hormones thyroïdienne : le cerveau fonctionne au ralenti.

Des problèmes réguliers de transit intestinal

Des problèmes réguliers de transit intestinal© Adobe StockDes modifications du transit intestinal se rencontrent aussi souvent chez les personnes atteintes de troubles de la thyroïde. L’hyperthyroïdie entraîne une accélération du transit et des diarrhées tandis que l’hypothyroïdie occasionne, dans 60% des cas, des constipations.

"Tous les organes et composants du système digestif dépendent des hormones thyroïdiennes. La cause spécifique de la constipation en cas d’hypothyroïdie est le dysfonctionnement de l’action musculaire et nerveuses des parois abdominales et des intestins", explique le Dr Willem.

Cela entraîne aussi des borborygmes et des gaz, accompagnés d’une dilatation abdominale voire, dans certains cas, d’hémorroïdes.

Des problèmes musculaires et articulaires récurrents

Des problèmes musculaires et articulaires récurrents© Adobe StockL’hypothyroïdie cause de multiples problèmes aux muscles, articulations et ligaments. Le corps commence à se raidir, on constate des troubles de la coordination et des vertiges. Ces handicaps sont dus à l’accumulation de liquide dans les muscles, ligaments et tissus ce qui fait que les déchets et toxines y stagnent. Ces troubles sont causés par un manque d’hormones thyroïdiennes.

Les ligaments ont aussi tendance à se relâcher, causant des affaiblissements des genoux, des pieds plats voire des scolioses et des entorses. On se tient également de plus en plus voûté, on remarque une perte de tonus, on trébuche et les crampes musculaires se multiplient.

Les nerfs sont aussi atteints suite à une circulation sanguine diminuée. Des sensations d’engourdissement et de picotements apparaissent. Le syndrome du canal carpien apparaît dans six cas d’hypothyroïdie sur dix.

Dans 40 % des cas, l’hyperthyroïdie peut causer, quant à elle, des tremblements légers mais quasi permanents. A noter que statistiquement, l’hyperthyroïdie est beaucoup moins fréquente que l’hypothyroïdie.

Attention : "le recours à de puissants anti-inflammatoires, en cas de douleurs articulaires ou musculaires dues à de l’hypothyroïdie, entrave la fonction thyroïdienne et aggrave le bon fonctionnement des métabolismes, ce qui entraîne une baisse d'immunité, une perte d’énergie, un mal être...", prévient le Dr Willem.

Sources

Remerciements au Dr  Jean-Pierre Willem, auteur de "Les pathologies de la thyroïde", éd du Dauphin, 2010 

Vidéo : Les maladies de la thyroïde - Hypothyroidie - Hyperthyroidie

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