Bronchiolite : symptômes, causes et traitement

Chaque année, l’hiver pointe le bout de nez avec son lot de petits maux. Et les plus jeunes ne sont pas épargnés puisque la bronchiolite, dont l'épidémie saisonnière sévit généralement dès la mi-octobre jusqu’au mois de février, touche près d’un tiers des enfants de moins de 2 ans. Toux, écoulement nasal, respiration sifflante, difficulté à s’alimenter… Les symptômes sont multiples et doivent être traités rapidement pour éviter toute complication.
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Définition

La bronchiolite est une infection respiratoire aiguë des petites bronches, qui conduisent l'air aux alvéoles pulmonaires. Cette inflammation des bronchioles est le plus souvent d’origine virale, et causée par le très contagieux virus respiratoire syncytial (VRS). Maladie le plus souvent bénigne, la bronchiolite se manifeste au départ par un simple rhume. « On parle de bronchiolite, lorsqu’un enfant avant deux ans, ou pour les cas le graves avant un an, siffle à l’expiration. Il peut présenter des sifflements respiratoires comparables à l’asthme », explique le Docteur Werner, pédiatre à Avignon. Au fil des jours, les quintes s’intensifient, et la toux devient grasse. L’enfant peut également avoir des difficultés pour s’alimenter et s’endormir. Les cas les plus graves peuvent conduire à une hospitalisation.

À noter : une étude franco-chinoise publiée en 2017, dans la revue « Immunity » a révélé que la bronchiolite touchait essentiellement le tout-petit, car le VRS affecte surtout les lymphocytes B appelés « nBreg ». Ceux-ci ne sont présents que chez l’enfant en bas âge.

Photo : radiographie pulmonaire d'un enfant avec VRS, typique de la bronchiolite aiguë virale

Bronchiolite : symptômes, causes et traitement© Creative Commons

Crédit : James Heilman, MD — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Chiffres

Tous les ans, environ 30 % des enfants de moins de 2 ans sont infectés par le virus de la bronchiolite. Cette maladie bénéficie d’une surveillance accrue grâce aux données transmises par les différents services d’urgences. Les bulletins épidémiologiques de Santé publique France détermine l’évolution de la propagation de la maladie. Durant la saison 2018/2019, 63 616 passages aux urgences (13 %) pour les enfants de moins de 2 ans en France métropolitaine concernaient la bronchiolite. Parmi ces jeunes patients, 36 % (soit 23 147) ont été hospitalisés. Un chiffre en baisse comparé aux quatre dernières années selon les autorités sanitaires.

Symptômes

Au départ, le bébé peut présenter une faible fièvre, avoir le nez qui coule et une toux sèche. Les jours qui suivent, les symptômes s’aggravent. On observera alors :

  • une toux grasse ;
  • des sibilants (sifflement à l’expiration) ;
  • une respiration rapide ;
  • des difficultés à s’alimenter ;
  • des vomissements ;
  • une gêne respiratoire affectant le sommeil ;
  • une irritabilité due à la fatigue et/ou à la faim.

Causes

La bronchiolite est une infection virale le plus souvent occasionnée par le virus respiratoire syncytial (VRS). Toutefois, certains nourrissons possédant une défense immunitaire particulière ne développent pas cette affection même s’ils sont infectés par le virus.

Une minorité des cas de bronchiolite (5 à 20 %) sont causés par le virus Parainfluenza. On retrouve en dernier lieu, les virus influenza, rhinovirus ou adénovirus. Enfin, certaines maladies génétiques peuvent affecter le bon fonctionnement des bronches, et favoriser le développement d’une bronchiolite.

Photo : 2 virus Parainfluenza intacts, et une nucléocapside en filament

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Crédit : CDC — http://phil.cdc.gov/PHIL_Images/02112002/00037/PHIL_271_lores.jpg © CC - Public Domain - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Parainfluenza_virus_TEM_PHIL_271_lores.jpg

Facteurs de risques

Plusieurs éléments peuvent augmenter la prévalence de la maladie. On retrouve notamment :

  • la fréquentation d’un lieu d’accueil collectif (crèche) ;
  • le tabagisme passif ;
  • le manque d’hygiène (ne pas se laver les mains avant de s’occuper du bébé) ;
  • le contact avec des personnes enrhumées ;
  • une absence de supplémentation en vitamine D (Une carence en vitamine D peut augmenter le risque d’infections respiratoires selon l’OMS).

Personnes à risque

La bronchiolite touche essentiellement les nourrissons âgés de moins de deux ans. Certains enfants sont plus à risque du fait d’une prédisposition génétique ou d’une maladie congénitale. Parmi eux, on retrouve :

  • les bébés prématurés (plus la prématurité est grande plus le risque est important) ;
  • les nouveau-nés âgés de moins de six semaines ;
  • les nourrissons ayant des parents asthmatiques ;
  • les enfants nés avec une malformation cardiaque ou pulmonaire.

De plus, les bébés atteints d’une maladie génétique affectant le bon fonctionnement des poumons ou ayant une mucoviscidose sont plus vulnérables.

Durée

Les symptômes de cette infection respiratoire durent en moyenne une dizaine de jours. Mais chez certains enfants, les signes persistent jusqu’à 15 jours voire 3 semaines.

Contagion

« C’est une maladie très contagieuse », prévient le docteur Werner. « Le facteur principal de contagion, c’est la crèche. Lorsque les signes sont importants (fièvre, respiration sifflante…), l’enfant ne sera pas accueilli. Mais il faut noter que la contagiosité chez les bébés peut durer des semaines. Et elle peut persister longtemps. L’absence de symptômes une fois de retour à la crèche ne veut pas dire qu’ils ne contamineront pas leurs petits camarades », affirme le pédiatre.

Le virus respiratoire syncytial se transmet via :

  • les voies aériennes ;
  • les objets contaminés par les mains (via les éternuements ou sécrétions nasales) ;
  • le contact avec des personnes enrhumées.

Qui, quand consulter ?

Lorsque les parents observent les premiers signes de bronchiolite, il faut se rendre chez son pédiatre. En cas de forme légère, le médecin donnera des recommandations (nettoyage du nez, fractionner les repas…) à suivre à la maison. On peut observer chez l’enfant une respiration sifflante sans que cela l’empêche de dormir ou de manger. Mais s’il s’agit d’un bébé à risque et/ou présentant des complications, une hospitalisation sera suggérée.

Complications

« En général, chez l’enfant en bonne santé, la bronchiolite n’entraînera pas de véritables complications. Les suites seront favorables », souligne le docteur Werner. Mais chez les enfants fragiles, les complications peuvent être sévères notamment chez les anciens prématurés, ceux ayant une maladie cardiaque ou un retard de croissance. Comme l’explique le pédiatre, le principal risque est la détresse respiratoire, causée par une obstruction sévère (l’enfant n’a pas assez d’oxygène). On pourra alors observer des râles crépitants et une inspiration marquée par une succession de bruits secs. Autre risque : la déshydratation quand l’enfant ne parvient pas à boire ou à s’alimenter.

Les autres complications sont :

  • le développement d’une infection bactérienne ;
  • l’apparition de troubles neurologiques.

Pour les cas plus sévères, notamment lorsque le patient souffre d’une autre pathologie, il y a un risque de décès.

À noter : durant les deux premières années de vie, le risque de rechute s’élève de 23 à 60 %. Après avoir été infectés, il arrive que les enfants développent de l’asthme, parfois même plusieurs années après un épisode de bronchiolite.

Examens et analyses

Le diagnostic de la bronchiolite se fait via un examen clinique et l’observation des différents symptômes. La saturation en oxygène de l'hémoglobine pourra également être évaluée, de manière non invasive, avec un oxymètre de pouls.

Photo : oxymètre de pouls

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Traitements

Le traitement de la bronchiolite aiguë du nourrisson est symptomatique. Il faudra veiller à ce qu’il mange et s’hydrate convenablement.

Les bons gestes pour soulager bébé

En matière de traitement, « peu de choses fonctionnent réellement », souligne le docteur Werner. La bronchiolite étant d’origine virale, les antibiotiques « ne sont aucune utilité » sauf en cas d’aggravation avec l’apparition d’une infection bactérienne (pneumonie par exemple). Généralement, seul du paracétamol pourra être donné à l’enfant s’il présente une légère fièvre au début de l’infection. Les traitements quotidiens consistent surtout à bien nettoyer le nez de bébé, avec du sérum physiologique pour éviter toute obstruction des voies nasales. Le docteur Werner conseille également de fractionner les repas. Ainsi, il faudra donner des biberons plus petits, mais plus régulièrement. Le fait de boire plus souvent limite le risque de déshydratation, également parce que les glaires seront plus liquides.

Il faudra également penser à bien aérer la chambre de l’enfant et limiter toute exposition au tabagisme passif. Comme le rappelle le médecin : « même en fumant à l’extérieur, les vêtements peuvent être imprégnés par l’odeur et les particules. Il faut donc éviter le plus possible de fumer ».

La kinésithérapie en cas de bronchiolite

Très répandue il y a quelques années pour traiter la bronchiolite, la kinésithérapie n’est plus conseillée en première intention. « Il n’y a pas de recommandation aujourd’hui », indique le docteur Werner. Selon lui, il est rare que l’état de l’enfant s’améliore grâce à cette pratique. Notons également que les dernières mises à jour de la revue de la littérature Cochrane révèlent l’inefficacité de la kinésithérapie dans le traitement de cette maladie.

Le 14 novembre 2019, la Haute Autorité de Santé a publié de nouvelles recommandations pour le traitement de la bronchiolite chez le nourrisson de moins de 12 mois, en partenariat avec le Conseil National Professionnel de Pédiatrie.

La HAS indique notamment que la kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n'est pas recommandée, dans la mesure où son efficacité n'a pas été prouvée. Plus encore, "les techniques de kinésithérapie respiratoire traditionnelles comme le clapping ou la vibration par exemple sont contre-indiquées".

Les traitements en cas d’antécédents familiaux d’asthme

Comme l’indique notre spécialiste, l’usage de corticoïdes est déconseillé en cas de bronchiolite, car ils réduisent les défenses immunitaires de l’enfant. Toutefois, ils peuvent s’avérer efficaces si l’enfant présente une prédisposition à l’asthme ou s’il souffre d’eczéma. Une étude datant de 2013 a en effet révélé les effets bénéfiques de la dexaméthasone (un corticoïde) s’il est associé à un bronchodilatateur comme la Ventoline pour ces cas spécifiques. Celle-ci peut aussi être utilisée en cas d’antécédents familiaux d’asthme. « En général, la Ventoline n’a pas d’effet significatif en cas de bronchiolite. Mais lorsque l’on soupçonne une première crise chez l’enfant, on peut y avoir recours. 20 à 30 % des bébés voient leur état s’améliorer avec cette pratique », indique le pédiatre.  

Des injections antivirales pour les cas particuliers

Les bébés prématurés, souffrant d’une malformation cardiaque congénitale, d’un retard de croissance, ou d’une maladie grave affectant le bon fonctionnement des poumons, peuvent bénéficier d’un médicament antiviral en prévention. Il s’agit du Synagis. « Ce produit contient des anticorps anti VRS », explique notre spécialiste. Une injection mensuelle est administrée aux enfants pendant toute la période hivernale. Si elles sont remboursées par la Sécurité sociale, leur coût unitaire s’élève à 1000 euros. « Voilà pourquoi cela ne concerne que des cas bien particuliers », poursuit le pédiatre.

Un vaccin anti VRS pour bientôt

Les chercheurs travaillent actuellement sur l’élaboration d’un vaccin contre la bronchiolite. « Cela va permettre de créer une immunité définitive contrairement aux injections d’anticorps à effectuer tous les mois », indique le docteur Werner. La mise sur le marché est prévue d’ici douze à dix-huit mois.

Et si bébé est hospitalisé ?

Pour les cas plus graves, spécifiquement si le pronostic du bébé est engagé, il sera hospitalisé. Il pourra, selon les cas, bénéficier d’un masque à oxygène, d’une assistance respiratoire, ou d’une hydratation par intraveineuse s’il souffre de déshydratation.

Prévention

Comme pour toutes les maladies contagieuses, la prévention est un enjeu essentiel. En hiver, il ne faut pas hésiter à sortir les enfants », prévient-il. L’important étant de les couvrir correctement et d’éviter les lieux confinés. En effet, les centres commerciaux et transports en commun sont des espaces où les contaminations sont fréquentes. Il faudra également :

  • bien aérer la chambre du bébé ;
  • éviter à tout prix le tabagisme passif ;
  • ne pas embrasser l’enfant si vous avez un rhume et porter un masque ;
  • se laver régulièrement les mains au savon ou utiliser des solutions hydro-alcooliques ;
  • laver correctement le nez du bébé ;
  • éviter le contact avec des personnes enrhumées ;
  • laver soigneusement les biberons et couverts du bébé (ne pas les mettre à la bouche) ;
  • nettoyer ses jouets et les meubles à sa hauteur (notamment si une personne est malade dans la maison).

Comment éviter la bronchiolite ?

Le conseil du docteur Werner :

"La prévention est le meilleur des remèdes ! Fumer à l’extérieur ne suffit pas. Se dire, on fume dehors est insuffisant car les odeurs et les résidus de cendres restent sur les vêtements. En matière de prévention, le lait maternel, comblant tous les besoins nutritifs du bébé, peut aussi constituer une barrière aux infections, notamment respiratoires. On évitera également de mettre les bébés fragiles en collectivité durant l’épidémie."bron

Sites d’informations et associations

Réseau bronchiolite Île-de-France

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