Bronchiolite : symptômes, causes et traitement

Certifié par nos experts médicaux MedisiteChaque année, l’hiver pointe le bout de nez avec son lot de maladies. Les plus jeunes ne sont pas épargnés. La bronchiolite dont l'épidémie saisonnière sévit généralement dès la mi-octobre jusqu’au mois de février, touche près d’un tiers des enfants de moins de 2 ans. Toux, écoulement nasal, respiration sifflante, difficulté à s’alimenter… Les symptômes sont multiples et doivent être traités rapidement pour éviter toute complication.
Bronchiolite : symptômes, causes et traitementFotolia

Définition : qu'est-ce que la bronchiolite ?

La bronchiolite est une infection respiratoire aiguë des petites bronches (bronchioles) qui conduisent l'air aux alvéoles pulmonaires. Cette inflammation des bronchioles est le plus souvent d’origine virale, et causée par le très contagieux virus respiratoire syncytial (VRS).  

Cette forme de bronchite atteint principalement l’enfant de moins de 2 ans, elle est potentiellement grave chez le jeune nourrisson de 3 à 6 mois. Elle survient de façon épidémique saisonnière en automne et en hiver avec un pic en décembre. Maladie le plus souvent bénigne, la bronchiolite se manifeste au départ par un simple rhume. Au fil des jours, les quintes s’intensifient, et la toux devient grasse.  Elle est très contagieuse, transmise de nourrisson à nourrisson mais aussi d’adulte à nourrisson, ceci explique sa grande fréquence dans les collectivités de nourrissons.

"On parle de bronchiolite, lorsqu’un enfant avant deux ans, ou pour les cas le graves avant un an, siffle à l’expiration. Il peut présenter des sifflements respiratoires comparables à l’asthme", explique le Docteur Werner, pédiatre à Avignon. 

À noter : une étude franco-chinoise publiée en 2017, dans la revue « Immunity » a révélé que la bronchiolite touchait essentiellement le tout-petit, car le VRS affecte surtout les lymphocytes B appelés « nBreg ». Ceux-ci ne sont présents que chez l’enfant en bas âge.

Photo : radiographie pulmonaire d'un enfant avec VRS, typique de la bronchiolite aiguë virale

Photo : radiographie pulmonaire d'un enfant avec VRS, typique de la bronchiolite aiguë virale© Creative Commons

Crédit : James Heilman, MD — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Chiffres clés de la bronchiolite 

Tous les ans, environ 30 % des enfants de moins de 2 ans sont infectés par le virus de la bronchiolite. Cette maladie bénéficie d’une surveillance accrue grâce aux données transmises par les différents services d’urgences. Les bulletins épidémiologiques de Santé publique France détermine l’évolution de la propagation de la maladie. Durant la saison 2018/2019, 63 616 passages aux urgences (13 %) pour les enfants de moins de 2 ans en France métropolitaine concernaient la bronchiolite. Parmi ces jeunes patients, 36 % (soit 23 147) ont été hospitalisés. Un chiffre en baisse comparé aux quatre dernières années selon les autorités sanitaires.

Quels sont les symptômes et signes de bronchiolite ?

Au départ, la bronchiolite débute comme un simple rhume qui se manifeste par une faible fièvre (38°C environ), le nez qui coule, une toux sèche et un refus de manger.

Les jours qui suivent, les symptômes s’aggravent. On observera alors :

  • une toux grasse 
  • des sibilants (sifflement à l’expiration) 
  • une respiration rapide  et difficile 
  • une déshydratation liée au fait que l'enfant tousse trop pour absorber du liquide par la bouche. Les signes de déshydratation : le bébé peut se montrer irritable, avoir la langue et les lèvres sèches, pleurer sans larmes et cesser d'uriner.
  • des difficultés à s’alimenter 
  • des vomissements 
  • une gêne respiratoire affectant le sommeil 
  • une irritabilité due à la fatigue et/ou à la faim

D'autres signes d'aggravation apparaissent notamment chez le bébé/nourrisson comme :

  • un battement des ailes du nez
  • un creux entre les côtes à l’inspiration
  • une fréquence respiratoire très rapide ou un abattement de l’enfant
  • une coloration bleuâtre de la peau, des ongles et des lèvres causée par le manque d'oxygène (rare et grave)
  • des râles crépitants (durant l'inspiration, une succession de bruits secs se fait entendre)



Bronchiolite du bébé et du nourrisson : comment le soulager ?


Bronchiolite du bébé et du nourrisson : comment le soulager ?
Éternuements, écoulement nasal, sifflements respiratoires... Votre bébé présente ces symptômes ? Il s’agit probablement d’une bronchiolite, une infection respiratoire très courante en automne-hiver....


Mais, les symptômes d'une bronchiolite chez le bébé ou le nourrisson peuvent aussi être symptomatiques d’une laryngite ou de l’asthme du nourrisson. De plus, la bronchiolite peut favoriser la survenue ultérieure d’un asthme. Cette distinction n’est pas très importante car les traitements se ressemblent.

Les causes de la bronchiolite

  • La bronchiolite est une infection virale le plus souvent occasionnée par le virus respiratoire syncytial (VRS). Le virus VRS  crée des lésions de la muqueuse bronchique et bronchiolaire à type d’abrasion de la surface et secondairement d’inflammation et d’oedème (gonflement). L’oedème rétrécit le calibre de la bronche ; ceci explique le sifflement respiratoire des nourrissons atteints de bronchiolite, l’air passant dans des conduits rétrécis. Toutefois, certains nourrissons possédant une défense immunitaire particulière ne développent pas cette affection même s’ils sont infectés par le virus.
  • Une minorité des cas de bronchiolite (5 à 20 %) sont causés par le virus Parainfluenza.
  • La bronchiolite est également causée par les virus influenza, rhinovirus ou adénovirus 
  • Certaines maladies génétiques peuvent affecter le bon fonctionnement des bronches, et favoriser le développement d’une bronchiolite.

Photo : 2 virus Parainfluenza intacts, et une nucléocapside en filament 

Photo : 2 virus Parainfluenza intacts, et une nucléocapside en filament© Creative Commons

Crédit : CDC — http://phil.cdc.gov/PHIL_Images/02112002/00037/PHIL_271_lores.jpg © CC - Public Domain - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Parainfluenza_virus_TEM_PHIL_271_lores.jpg

Facteurs favorisant l'apparition d'une bronchiolite

Plusieurs éléments peuvent augmenter la prévalence de cette inflammation des bronchioles (petites bronches). On retrouve notamment :

  • la fréquentation d’un lieu d’accueil collectif (crèche) 
  • le tabagisme passif 
  • le manque d’hygiène (ne pas se laver les mains avant de s’occuper du bébé) 
  • le contact avec des personnes enrhumées 
  • une absence de supplémentation en vitamine D : une carence en vitamine D peut augmenter le risque d’infections respiratoires selon l’OMS. En outre, une étude a rapporté qu’une faible concentration en vitamine D dans le sang du cordon ombilical est associée à un risque six fois plus élevé d’une éventuelle bronchiolite.

Personnes à risque de la bronchiolite : bébé et adulte

La bronchiolite touche essentiellement les bébés / nourrissons âgés de moins de deux ans. Certains enfants sont plus à risque du fait d’une prédisposition génétique ou d’une maladie congénitale. Parmi eux, on retrouve :

  • les bébés prématuré (plus la prématurité est grande plus le risque est important) ;
  • les nouveau-nés âgés de moins de six semaines 
  • les nourrissons ayant des parents asthmatiques (asthme bronchique)
  • les enfants nés avec une malformation cardiaque ou pulmonaire (maladie cardiaque congénitale)
  • ceux dont le développement des poumons s'est fait de manière anormale (bronchodysplasie)
  • ceux qui souffrent de fibrose kystique du pancréas (ou mucoviscidose), une maladie génétique.

De plus, les bébés atteints d’une maladie génétique affectant le bon fonctionnement des poumons ou ayant une mucoviscidose sont plus vulnérables.

Certains adultes peuvent aussi développer une bronchiolite :

  • les adultes atteints de polyarthrite rhumatoïde
  • les adultes ayant eu une transplantation pulmonaire ou une greffe de moelle osseuse ;
  • ceux ayant inhalé des composés toxiques

Durée de la bronchiolite

Les symptômes de cette infection respiratoire durent en moyenne une dizaine de jours. Mais chez certains enfants, les signes persistent jusqu’à 15 jours voire 3 semaines.

Contagion de la bronchiolite

La bronchiolite est « une maladie très contagieuse », prévient le docteur Werner. « Le facteur principal de contagion, c’est la crèche. Lorsque les signes sont importants (fièvre, respiration sifflante…), l’enfant ne sera pas accueilli. Mais il faut noter que la contagiosité chez les bébés peut durer des semaines. Et elle peut persister longtemps. L’absence de symptômes une fois de retour à la crèche ne veut pas dire qu’ils ne contamineront pas leurs petits camarades », affirme le pédiatre.

Le virus respiratoire syncytial se transmet via :

  • les voies aériennes 
  • les objets contaminés par les mains (via les éternuements ou sécrétions nasales) 
  • le contact avec des personnes enrhumées

Qui, quand consulter en cas de bronchiolite ?

Lorsque les parents observent les premiers signes de bronchiolite, il faut se rendre chez son pédiatre. En cas de forme légère, le médecin donnera des recommandations (nettoyage du nez, fractionner les repas…) à suivre à la maison. On peut observer chez l’enfant une respiration sifflante sans que cela l’empêche de dormir ou de manger. Mais s’il s’agit d’un bébé à risque et/ou présentant des complications, une hospitalisation sera suggérée.

Complications et évolution de la bronchiolite 

Evolution de la bronchiolite

L’évolution est habituellement simple : la maladie dure une semaine environ, la toux, sèche au départ, devient rapidement productive (crachats). Il faut se méfier cependant des formes graves lorsque apparaissent des signes de lutte. Le nourrisson de moins de 3 mois est particulièrement fragile à ce sujet. Les formes graves peuvent nécessiter une hospitalisation avec une assistance respiratoire artificielle (l’enfant est aidé par une machine pour respirer).

Complications de la bronchiolite

« En général, chez l’enfant en bonne santé, la bronchiolite n’entraînera pas de véritables complications. Les suites seront favorables », souligne le docteur Werner. Mais chez les enfants fragiles, les complications peuvent être sévères notamment chez les anciens prématurés, ceux ayant une maladie cardiaque ou un retard de croissance.

Comme l’explique le pédiatre, le principal risque est la détresse respiratoire, causée par une obstruction sévère (l’enfant n’a pas assez d’oxygène). On pourra alors observer des râles crépitants et une inspiration marquée par une succession de bruits secs. Autre risque : la déshydratation quand l’enfant ne parvient pas à boire ou à s’alimenter.

Les autres complications de la bronchiolite sont :

  • le développement d’une infection bactérienne, comme une otite moyenne ou une pneumonie bactérienne
  • l’apparition de convulsions et autres troubles neurologiques
  • l’apnée centrale
  • l’insuffisance cardiaque et des arythmies
  • l’asthme, qui peut se déclarer et persister plusieurs années par la suite

A noter : durant les deux premières années de vie, le risque de rechute s’élève de 23 à 60 %. Après avoir été infectés, il arrive que les enfants développent de l’asthme, parfois même plusieurs années après un épisode de bronchiolite.

Pour les cas plus sévères, notamment lorsque le patient souffre d’une autre pathologie, il y a un risque de décès.

Examens et diagnostic de la bronchiolite

Le diagnostic de la bronchiolite se fait via un examen clinique et l’observation des différents symptômes. La saturation en oxygène de l'hémoglobine pourra également être évaluée, de manière non invasive, avec un oxymètre de pouls.

Photo : oxymètre de pouls

Photo : oxymètre de pouls© Creative Commons

Crédit : UusiAjaja — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/deed.en

Quels traitements pour soigner une bronchiolite ?

Le traitement de la bronchiolite aiguë du nourrisson est symptomatique. Il faudra veiller à ce qu’il mange et s’hydrate convenablement.

Les traitements pour soulager les douleurs liées à la bronchiolite

En matière de traitement, « peu de choses fonctionnent réellement », souligne le docteur Werner.

  • Les antibiotiques : la bronchiolite étant d’origine virale, les antibiotiques « ne sont aucune utilité » sauf en cas d’aggravation avec l’apparition d’une infection bactérienne, comme d'une otite moyenne ou d'une pneumonie.
  • Généralement, seul du paracétamol pourra être donné à l’enfant s’il présente une légère fièvre au début de l’infection.
  • Les traitements quotidiens consistent surtout à bien nettoyer le nez de bébé, avec du sérum physiologique pour éviter toute obstruction des voies nasales.

La kinésithérapie en cas de bronchiolite

Très répandue il y a quelques années pour traiter la bronchiolite, la kinésithérapie n’est plus conseillée en première intention. « Il n’y a pas de recommandation aujourd’hui », indique le docteur Werner. Selon lui, il est rare que l’état de l’enfant s’améliore grâce à cette pratique. Notons également que les dernières mises à jour de la revue de la littérature Cochrane révèlent l’inefficacité de la kinésithérapie dans le traitement de cette maladie.

Le 14 novembre 2019, la Haute Autorité de Santé a publié de nouvelles recommandations pour le traitement de la bronchiolite chez le nourrisson de moins de 12 mois, en partenariat avec le Conseil National Professionnel de Pédiatrie. La HAS indique notamment que la kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n'est pas recommandée, dans la mesure où son efficacité n'a pas été prouvée. Plus encore, "les techniques de kinésithérapie respiratoire traditionnelles comme le clapping ou la vibration par exemple sont contre-indiquées".

Les traitements de la bronchiolite en cas d’antécédents familiaux d’asthme

Comme l’indique notre spécialiste, l’usage de corticoïdes est déconseillé en cas de bronchiolite, car ils réduisent les défenses immunitaires de l’enfant. Toutefois, ils peuvent s’avérer efficaces si l’enfant présente une prédisposition à l’asthme ou s’il souffre d’eczéma. Une étude datant de 2013 a en effet révélé les effets bénéfiques de la dexaméthasone (un corticoïde) s’il est associé à un bronchodilatateur comme la Ventoline pour ces cas spécifiques. Celle-ci peut aussi être utilisée en cas d’antécédents familiaux d’asthme. « En général, la Ventoline n’a pas d’effet significatif en cas de bronchiolite. Mais lorsque l’on soupçonne une première crise chez l’enfant, on peut y avoir recours. 20 à 30 % des bébés voient leur état s’améliorer avec cette pratique », indique le pédiatre.  

Des injections antivirales pour les cas particuliers

Les bébés prématurés, souffrant d’une malformation cardiaque congénitale, d’un retard de croissance, ou d’une maladie grave affectant le bon fonctionnement des poumons, peuvent bénéficier d’un médicament antiviral en prévention. Il s’agit du Synagis. « Ce produit contient des anticorps anti VRS », explique notre spécialiste. Une injection mensuelle est administrée aux enfants pendant toute la période hivernale. Si elles sont remboursées par la Sécurité sociale, leur coût unitaire s’élève à 1000 euros. « Voilà pourquoi cela ne concerne que des cas bien particuliers », poursuit le pédiatre.

Un vaccin anti VRS pour bientôt

Les chercheurs travaillent actuellement sur l’élaboration d’un vaccin contre la bronchiolite. « Cela va permettre de créer une immunité définitive contrairement aux injections d’anticorps à effectuer tous les mois », indique le docteur Werner. La mise sur le marché est prévue d’ici douze à dix-huit mois.

Bonchiolite du bébé en cas d'hospitalisation 

Pour les cas plus graves, spécifiquement si le pronostic du bébé est engagé, il sera hospitalisé. Il pourra, selon les cas, bénéficier d’un masque à oxygène, d’une assistance respiratoire, ou d’une hydratation par intraveineuse s’il souffre de déshydratation.

Comment prévenir la bronchiolite ?

Comme pour toutes les maladies contagieuses, la prévention est un enjeu essentiel. « En hiver, il ne faut pas hésiter à sortir les enfants », prévient-il. L’important étant de les couvrir correctement et d’éviter les lieux confinés. En effet, les centres commerciaux et transports en commun sont des espaces où les contaminations sont fréquentes. Il faudra également :

  • bien aérer la chambre du bébé 
  • éviter à tout prix le tabagisme passif. Comme le rappelle le médecin : « même en fumant à l’extérieur, les vêtements peuvent être imprégnés par l’odeur et les particules. Il faut donc éviter le plus possible de fumer ».
  • ne pas embrasser l’enfant si vous avez un rhume et porter un masque ;
  • se laver régulièrement les mains au savon ou utiliser des solutions hydro-alcooliques ;
  • laver correctement le nez du bébé 
  • éviter le contact avec des personnes enrhumées 
  • laver soigneusement les biberons et couverts du bébé (ne pas les mettre à la bouche) 
  • nettoyer ses jouets et les meubles à sa hauteur (notamment si une personne est malade dans la maison)
  • fractionner les repas  du bébé . Ainsi, il faudra donner des biberons plus petits, mais plus régulièrement. Le fait de boire plus souvent limite le risque de déshydratation, également parce que les glaires seront plus liquides.
  • éviter si possible la mise en collectivité en période d’épidémie, de Novembre à Janvier, surtout pour les tout petits. L'intégration en garderie augmente de manière significative le risque d'être infecté par le virus respiratoire syncytial.

Comment éviter la bronchiolite ?

Le conseil du docteur Werner :

"La prévention est le meilleur des remèdes ! Fumer à l’extérieur ne suffit pas. Se dire, on fume dehors est insuffisant car les odeurs et les résidus de cendres restent sur les vêtements. En matière de prévention, le lait maternel, comblant tous les besoins nutritifs du bébé, peut aussi constituer une barrière aux infections, notamment respiratoires. On évitera également de mettre les bébés fragiles en collectivité durant l’épidémie."bron

Sites d’informations et associations

Réseau bronchiolite Île-de-France