Bronchiolite du bébé et du nourrisson : comment le soulager ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteÉternuements, écoulement nasal, sifflements respiratoires... Votre bébé présente ces symptômes ? Il s’agit probablement d’une bronchiolite, une infection respiratoire très courante en automne-hiver. Comment soulager votre enfant ? Quels traitements lui apporter ? Les conseils du docteur Andréas Werner, pédiatre à Avignon.
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Sommaire

Qu'est-ce que la bronchiolite du bébé ?

La bronchiolite du nourrisson est une maladie respiratoire bénigne. On peut la qualifier de bronchite de bébé. Il s’agit d’une inflammation des bronches les plus fines des poumons, les bronchioles.

touche les bébés de moins de 2 ans. Le principal responsable est le virus syncytial qui se transmet par l’intermédiaire des gouttelettes de salive émises lors de la toux ou par les mains. En France, les épidémies ont lieu de la fin de l’automne au début du printemps. La bronchiolite survient après un rhume avec des signes de difficultés respiratoires qui s’aggravent rapidement. La fréquence respiratoire augmente, le thorax se creuse à l’inspiration et l’expiration est sifflante. L’enfant présente une légère fièvre. Une consultation chez votre médecin ou aux urgences est nécessaire très rapidement. Dans la majorité des cas, une hospitalisation n’est pas nécessaire, sauf chez les bébés prématurés et ceux atteints de maladies cardiaque ou pulmonaire.

Chaque année, l’épidémie de bronchiolite sévit à partir du mois d’octobre, avec une recrudescence des cas enregistrés en décembre. Durant la saison hivernale, près d’un tiers des enfants de moins de 2 ans sont touchés par cette infection respiratoire très contagieuse qui affecte les petites bronches. Cette affection courante, le plus souvent bénigne, peut toutefois être responsable de diverses complications chez les bébés les plus fragiles.

Quel est le virus à l'origine de la bronchiolite ?

Causée dans la majorité des cas par le virus respiratoire syncytial (VRS), elle entraîne une gêne respiratoire chez les tout-petits, notamment les plus vulnérables. Ces derniers peuvent présenter « des signes cliniques semblables à l’asthme », indique le docteur Andréas Werner, pédiatre à Avignon.

Photo : virus respiratoire syncytial au microscope électronique

Photo : virus respiratoire syncytial au microscope électronique© Creative Commons

Crédit : http://phil.cdc.gov/PHIL_Images/09202002/00006/PHIL_2175_lores.jpg © CC/Domaine public - Licence :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Respiratory_Syncytial_Virus_(RSV)_EM_PHIL_2175_lores.jpg

Comment reconnaître les symptômes de la bronchiolite chez le bébé ?

Mais comment reconnaître une bronchiolite chez le bébé et en éviter les complications ?

La bronchiolite débute généralement par un simple rhume qui s’aggrave rapidement avec des signes de difficultés respiratoires.

En général, le nourrisson présente les symptômes de bronchiolite suivants :

  • le nez qui coule
  • une toux sèche qui devient de plus en plus grasse : la toux peut se prolonger pendant 2 à 3 semaines.
  • des signes de gêne respiratoire marquée ou de détresse respiratoire : le thorax semble bloqué comme distendu, la respiration du bébé est sifflante (râles sibilants à l’expiration), difficile et rapide (environ plus de 40 respirations par minute)
  • un encombrement lié aux sécrétions bronchiques qu'il n'arrive pas à évacuer
  • une perte d'appétit : le bébé ne mange plus, il boit difficilement son lait
  • des vomissements
  • une fièvre modérée
  • une irritabilité
  • une fatigue, voire un épuisement

Combien de temps dure la bronchiolite chez le bébé ?

La bronchiolite apparaît 3 ou 4 jours après les premiers symptômes d’un rhume ou d’une grippe. L’épisode de bronchiolite chez l’enfant dure en moyenne 2 à 3 semaines. Cependant, comme le précise le docteur Werner, pédiatre, un bébé qui n’affiche plus aucun symptôme « peut encore être contagieux plusieurs semaines ».

L’évolution de la bronchiolite

Dans la quasi-totalité des cas, la maladie évolue sans complication et les difficultés respiratoires s’amendent en 10 jours environ. Toutefois, des complications peuvent survenir, notamment en cas de surinfection bactérienne. Plusieurs signes doivent alerter: fièvre, otite associée, sécrétions purulentes…

Quel est son mode de transmission ?

Le virus respiratoire syncytial (VRS), à l’origine de la bronchiolite, est très contagieux. Il se transmet :

  • par contact direct de personne à personne, par les sécrétions bronchiques (éternuements, postillons, toux, mouchage...) ou par un contact entre personnes (baiser)
  • par contact indirect par l'intermédiaire des mains ou d'objets souillés par la salive (biberons, sucettes, verres, couverts...). Le virus peut survivre pendant des heures sur des jouets (peluches, livres...) ou sur la peau.

Voilà, pourquoi la crèche demeure un lieu propice à la contamination. Si votre enfant est fragile, mieux vaut donc éviter de le laisser en accueil collectif en période d’épidémie.

Les collectivités sont des lieux propices à la prolifération de la bronchiolite

Les collectivités sont des lieux propices à la prolifération de la bronchiolite© Istock

Quand consulter le pédiatre ?

A l’apparition des premiers signes de la bronchiolite, il convient de prendre rendez-vous chez son pédiatre avant d’éviter les complications.

S'il s'agit d'une forme légère de bronchiolite (sans complication), une radiographie du thorax n'est pas utile. Le médecin prescrira un traitement à poursuivre à la maison.

Le médecin peut demander l'hospitalisation du bébé (surtout s'il est tout petit) :

  • Ayant une gêne respiratoire importante
  • Ayant fait des apnées ou ayant une respiration irrégulière
  • Ayant des signes de déshydratation
  • Ayant des troubles digestifs ou des difficultés d'alimentation

L'hospitalisation est une mesure de précaution qui permet de mettre rapidement en œuvre des mesures d’assistance respiratoire et de réanimation.

Hospitalisation : quels sont les signes de la bronchiolite qui doivent alerter ?

Si l’état de votre enfant s’aggrave, une hospitalisation peut s’imposer. Les signes suivants doivent aussi vous alerter :

  • le bébé a du mal à respirer, il présente une saturation en oxygène insuffisante
  • des difficultés pour s’alimenter : le bébé mange moins, il ne veut plus prendre ses biberons de lait
  • le nourrisson vomit systématiquement
  • il a des diarrhées
  • il a une forte fièvre ou des toux avec des sécrétions qui doivent faire craindre une surinfection bactérienne
  • une déshydratation
  • il ne dort plus à cause de la gêne respiratoire

Dans tous ces cas, vous devez l'emmener aux urgences très rapidement.

Dans certains cas de figure, les parents ne doivent pas attendre un rendez-vous chez le médecin, mais aller directement à l’hôpital. Il est conseiller de s’y rendre :

  • Si votre nouveau-né a moins de 3 mois
  • s’il est né prématurément
  • s’il est atteint d’une malformation cardiaque congénitale
  • s’il souffre d’une maladie affectant ses poumons ou affaiblissant ses défenses immunitaires.

Selon la situation, le nourrisson recevra de l’oxygène à l'aide d'un masque. Pour les cas les plus sévères, le jeune patient sera mis sous assistance respiratoire. En cas de déshydratation, il sera éventuellement alimenté par sonde naso-gastrique.

« Auparavant, on conseillait d’hospitaliser les enfants dès lors qu’ils avaient une bronchiolite avant l’âge de 3 mois », précise le pédiatre. Aujourd’hui, la recommandation, s’est allégée. Ce sont surtout les nouveau-nés de moins de 6 semaines qui sont surveillés, pour les autres tout dépendra des symptômes, « mais également de l'environnement », conclut notre spécialiste.

Bébé a une bronchiolite : comment le soulager ?

Voici quelques conseils pour soulager votre bébé en cas de bronchiolite :

Conseils pour aider votre bébé à mieux respirer :

  • Bien laver le nez du bébé : en attendant de vous rendre chez le médecin, veillez à bien laver le nez de votre enfant. « Cela est essentiel pour éviter l’obstruction des voies nasales supérieures », avertit le spécialiste. Il faudra procéder au nettoyage du nez au moins 6 fois par jour avec du sérum physiologique, particulièrement avant de manger.
  • Pour dormir, continuez à coucher votre enfant sur le dos comme habituellement. Vous pouvez aussi surélever la tête du lit de votre enfant à un angle d’environ 30 degrés, en plaçant un oreiller sous le matelas, par exemple.
  • Ne fumez jamais à côté du bébé, pour ne pas aggraver sa bronchiolite

Conseils pour aider votre bébé à boire et manger suffisamment :

  • Fractionner les repas du bébé : les repas devront être fractionnés pour diminuer les difficultés d'alimentation liées à la bronchiolite. « Par exemple, au lieu de donner à un bébé de 4 mois 5 biberons de 150 ml, faites plutôt 8 repas de 90 ml ». Un conseil à mettre en pratique pour limiter le risque de régurgitations. « Lorsque le bébé boit son biberon, il aspire beaucoup d’air. Quand il tousse, cela peut provoquer des vomissements. Or, plus l’enfant arrive à garder ce qu’il mange, plus les glaires produites vont être liquides. C’est important pour qu’il ne déshydrate pas », détaille le pédiatre. En effet, le jeune enfant pouvant se déshydrater assez vite, il faudra lui donner régulièrement de l’eau à boire.
  • Donner à boire à votre bébé régulièrement pour une bonne hydratation du bébé, ce qui permet de fluidifier les sécrétions bronchiques.

Conseils pour garantir confort et surveillance respiratoire du bébé :

  • Surveiller sa température et sa respiration. En cas de fièvre, vous pouvez lui donner un antipyrétique (paracétamol sauf en cas de contre-indication)
  • Ne pas trop le couvrir (surtout s'il a de la fièvre), pour qu'il évacue sa chaleur
  • Aérez votre logement tous les jours pendant 10 minutes pour renouveler l'air.
  • Maintener la température de sa chambre à 19 °C au maximum

Quels sont les médicaments efficaces ?

Des médicaments contre la fièvre et la douleur

La bronchiolite débute en général par un rhume, accompagnée parfois d’une faible fièvre. En cas fièvre ou de douleurs associées à un premier épisode de bronchiolite non compliqué, vous pourrez alors administrer les médicaments suivants :

Si votre enfant a plus de 3 mois :

  • du paracétamol
  • de l'ibuprofène
  • du kétoprofène, en ramplacement de l'ibuprofène

Si votre enfant a moins de 3 mois :

  • du paracétamol uniquement

A noter : veillez à respecter scrupuleusement la posologie de ces médicaments selon le poids de votre enfant. Ces médicéments ne doivent pas être administrés chez l'enfant sans avis médical, consultez votre médecin.

Pas d'antibiotiques dans le traitement de la bronchiolite sauf en cas de surinfection bactérienne

Le médecin ne prescrira pas d’antibiotiques. « Il s’agit d’une infection virale, les antibiotiques ne servent strictement à rien. Il n’y a aucun bénéfice thérapeutique », insiste le docteur Werner. Toutefois, si la bronchiolite se complique d'une infection bactérienne, telle une otite moyenne, la prescription pourra évoluer.

Au final, le traitement médicamenteux de la bronchiolite reste limité, explique notre spécialiste. « Il n’y a pas grand-chose. Le recours à la ventoline pourra être envisagée que si un ou les deux parents sont asthmatiques, ou si l’enfant est un peu plus grand, lorsque l’on soupçonne une première crise chez l’enfant », précise-t-il. « Mais seuls 20 à 30 % des enfants sont améliorés avec cette molécule », explique le pédiatre. Quant aux corticoïdes, ils diminuent plutôt les défenses immunitaires et seraient « contre-productifs ».

Contre la bronchiolite, la ventoline peut être envisagée

Contre la bronchiolite, la ventoline peut être envisagée© Fotolia

Bronchiolite du nourrisson : la kinésithérapie respiratoire, désormais contre-indiquée ?

Largement plébiscitée il y a quelques années dans le traitement de la bronchiolite virale aiguë, la kinésithérapie est aujourd'hui contre-indiquée. Alors que les dernières publications de la revue Cochrane, ainsi que la dernière mise à jour datant de février 2016, avaient conclu que la kinésithérapie respiratoire n’était pas efficace contre cette affection, le 14 novembre 2019, la Haute Autorité de Santé a mis à jour ses recommandations sur le sujet.

L'institution indique que la technique de kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n'est pas recommandée. De plus, elle souligne que "les techniques de kinésithérapie respiratoire traditionnelles comme le clapping ou la vibration par exemple sont contre-indiquées".

Comme l'explique le docteur Werner, "il y avait peu d’enfants dont l’état s’améliorait grâce à cette méthode durant la période excrétoire de la maladie.

Une récente étude américaine a aussi démontré que cette méthode ne permettait pas de diminuer véritablement les glaires », insiste le spécialiste. Et de rajouter : « Si les kinésithérapeutes français ont développé une technique particulière, cela reste un geste violent ».

Le docteur Werner est formel : alors que la bronchiolite est très contagieuse, peu de traitements permettent véritablement de la soigner.

Quel est le traitement spécifique pour les bébés vulnérables ?

Il existe un traitement préventif pour les nourrissons fragiles. Et pour cause, les grands prématurés, les enfants nés avec une malformation cardiaque ou un retard de croissance, sont plus susceptibles de rencontrer des complications en cas de bronchiolite.

Ces nouveau-nés vulnérables bénéficient d’une recommandation spécifique. Ils peuvent être traités, en prévention, avec un médicament appelé Synagis. « Ce produit, qui contient des anticorps anti VRS (virus de la bronchiolite), est administré sous forme d’injections mensuelles pendant toute la période hivernale », souligne le pédiatre avignonnais. Il s’agit d’un traitement remboursé par la Sécurité sociale avec un prix extrêmement élevé, qui est strictement reservé aux enfants les plus fragiles.

Un vaccin anti VRS, bientôt sur le marché ?

Si ces injections mensuelles permettent de protéger l’enfant durant une période courte, il sera bientôt possible d’immuniser son enfant une bonne fois pour toute ! « Un vaccin contre le virus de la bronchiolite est actuellement à l’étude. A la différence des anticorps que l’on doit injectés régulièrement pendant 5 mois environ, cette injection crée une immunité définitive », affirme le docteur Werner.

« Ce vaccin est en phase de développement et devrait normalement être commercialisé dans les douze à dix-huit mois à venir. C’est imminent », précise le spécialiste.

Photo : un vaccin contre la briochiolite bientôt disponible ?

Photo : un vaccin contre la briochiolite bientôt disponible ?© Fotolia

Comment éviter que votre bébé attrape la bronchiolite ?

Comme l’explique spécialiste, « le meilleur traitement de la bronchiolite est la prévention ». En suivant quelques règles et en adoptant des gestes simples, vous pourrez limiter le risque de contamination de cette infection virale :

  • En premier lieu, toutes les personnes susceptibles d’être en contact avec le bébé doivent se laver les mains à l’eau et au savon durant au moins 30 secondes avant de le prendre dans les bras, ou s’occuper de lui.
  • Celles-ci ne doivent pas non plus être enrhumées. Si les parents le sont, ils doivent porter un masque chirurgical et ne pas l’embrasser sur le visage et les mains. « L’infection se fait par les éternuements et les mains, s’il n’est pas possible de se les laver, il faut utiliser des solutions hydro alcooliques », recommande le pédiatre.
  • Autre conseil important : bien aérer la chambre de l’enfant quotidiennement.
  • Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne faut pas hésiter à sortir son bébé, en le couvrant correctemen t. « En période d’épidémie, mieux vaut éviter les endroits confinés. Plus les enfants sont dehors, moins ils sont malades », justifie le spécialiste.
  • Le partage de biberons ou sucettes non lavés est aussi à proscrire.
  • Enfin, chose essentielle : il faut « éviter à tout prix le tabagisme passif. Gardez en tête que même en fumant dehors, les odeurs comme des produits irritatifs et toxiques restent sur les vêtements », prévient le médecin.

A noter : le lait maternel, dont la composition répond parfaitement aux besoins nutritionnels des nourrissons, peut constituer une barrière face à la bronchiolite. Les vertus de cet aliment ont été démontrés dans la littérature scientifique. L’allaitement protège notamment les nouveau-nés des infections respiratoires et ORL.

Photo : le lait maternel pourrait prévenir la bronchiolite

Photo : le lait maternel pourrait prévenir la bronchiolite© Istock

Asthme du nourrisson et bronchiolite : un lien ?

Plusieurs études semblent confirmer l'existence d'un lien entre la bronchiolite et l'asthme du bébé. Tous les bébés atteints de cette infection respiratoire ne sont pas pour autant concernés par les risques de développer un asthme du nourrisson…



Bronchiolite et asthme du nourrisson : quelle différence ?


Bronchiolite et asthme du nourrisson : quelle différence ?
La bronchiolite et l’asthme sont très proches par leurs symptômes. Cependant, les deux maladies n’ont pas les mêmes causes, la même durée, ni les mêmes traitements.


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