Sandrine Bonnaire brisée par la violence conjugale : triple fracture de la mâchoire et 8 dents cassées

Après avoir brisé le silence dans le livre A l’amour, à la vie (éd. Flammarion), Sandrine Bonnaire dénonce la violence conjugale qu’elle a subi lors de la marche contre les violences faites aux femmes, le 23 novembre dernier. Pour justifier les œdèmes de son visage à l’époque, la comédienne avait prétendu à une agression… Un glaçant témoignage.

Il lui aura fallu près de 20 ans pour dire la vérité. Au début des années 2000, Sandrine Bonnaire a été victime d’une agression. Les conséquences étaient graves : l’actrice a dû faire appel à un chirurgien pour "réparer" son visage. Mais ce que nous ignorions à l’époque, c’est que l’homme qui l’a frappée était en réalité son compagnon.

Sandrine Bonnaire a été victime de violences conjugales, comme une femme sur trois en France. Et désormais elle le clame lors de la marche contre les violences féminines, samedi 23 novembre à Paris. Au moins 49 000 personnes se sont réunies dans la capitale pour soutenir cette cause selon le décompte du cabinet indépendant Occurence. Et selon le collectif #NousToutes, 100 000 personnes ont défilé dans les rues parisiennes.

"Je suis là pour soutenir ce message : il faut arrêter avec la violence, il y a d'autres moyens de s'exprimer. Je suis aussi là parce que ça m'est arrivé il y a 20 ans", déclare l'actrice française Sandrine Bonnaire, interviewée au milieu de la foule par l'équipe du Quotidien (diffusée sur TMC).

Un témoignage glaçant qui vient détailler un peu plus l'enfer qu'elle a vécu et qu'elle avait relaté pour la première fois à travers le livre A l’amour, à la vie, écrit par la journaliste Catherine Ceylac, paru le 23 octobre 2019 (éd. Flammarion).

"J'ai craché plein de morceaux de dents, du sang"

"C'est un homme avec qui j'ai vécu pendant 4 ans. Je n'ai pas subi des violences à répétition, c'est quelqu'un qui a pété les plombs", précise la comédienne de 52 ans durant la marche contre les violences faites aux femmes.

Dans le livre de Catherine Ceylac, Sandrine Bonnaire expliquait qu'elle était sur le point de se séparer de son compagnon. "Ça n’allait plus, nous savions que c’était la fin. Je lui ai demandé de partir. J’ai été sympa, j’ai tout fait pour qu’il s’en aille le plus confortablement possible. Je me suis portée garante pour qu’il puisse prendre un appartement".

Mais visiblement, son ex-conjoint ne supporte pas les ruptures. Rapidement les choses se dégradent et son mari devient réellement dangereux. "Il m’a strangulée, je suis tombée dans les pommes. Je me suis retrouvée deux mètres plus loin avec le visage complètement de travers, avec la langue en lambeaux comme du tissu qu'on découpe, avec huit dents de cassées, une ouverture au menton. Je me suis réveillée, j'ai craché plein de morceaux de dents, du sang. Il était encore là, il m'a apporté une serviette éponge qui s'est immédiatement remplie de sang. Je suis allé me regarder dans le miroir et j'avais le visage comme ça", raconte-t-elle au micro du Quotidien.

Son mari lui a fait croire qu’elle était tombée toute seule

Je me suis réveillée avec une triple fracture de la mâchoire et huit dents cassées", relate Sandrine Bonnaire.

À l’époque, elle avait fait passer l’affaire pour une agression survenue dans le XVIII arrondissement parisien. "Je n’ai pas osé dire que c’était un homme que je connaissais. Je n’ai pas porté plainte tout de suite, parce que sur le coup, il m’a dit que j’étais tombée", indique-t-elle. Finalement, Sandrine Bonnaire finit par accepter la version de son mari.

"Ce médecin m’a certifié que j’avais été frappée, je n’étais pas tombée"

Dans le livre, la comédienne détaille les conséquences sur son intégrité physique. "Le visage détruit". Sur les conseils du chanteur et comédien Jacques Dutronc et du réalisateur Jean-Pierre Améris avec qui elle tourne "C’est la vie", elle trouve la force de consulter un chirurgien pour se faire opérer de la mâchoire. Les coups de son mari lui auront valu deux plaques de titane ainsi qu’une rééducation des muscles du visage.

"A la fin de la consultation, ce médecin [son chirurgien, ndlr] m’a certifié que j’avais été frappée, que je n’étais pas tombée. Tout s’est éclairé. J’ai porté plainte", révèle l’actrice.

D’après les dires du livre, son bourreau a finalement été condamné par la justice : "La personne a pris deux ans de sursis seulement, avec une condamnation financière importante vu qu'il a fallu mettre 35 000 euros dans mes soins dentaires, plus 20 000 euros dans une thérapie car j'étais très traumatisée", confie l'actrice. Si la condamnation semble bien légère comparée aux préjudices subis par Sandrine Bonnet, cette dernière assure "qu'il faut faire appel à la justice", en cas de violences.

Quatre années de thérapie pour se reconstruire

Pour réussir à aller de l’avant, Sandrine Bonnaire suivra quatre ans de thérapie. Avec le recul, l’actrice se rend compte que son compagnon était un homme tourmenté et qu’elle en était consciente. "J'ai vu qu'il n'allait pas bien, et c'est précisément pour cela que j'ai commencé à m'intéresser à lui", a expliqué Sandrine Bonnaire, aujourd’hui maman deux filles.

Il y a 25 ans, elle donne naissance à Jeanne, née de son union avec l’acteur William Hurt. Puis, il y a 14 ans, elle accueille Adèle, alors qu’elle est l’épouse de Guillaume Laurant.

En 2016, Sandrine Bonnaire confiait que son "agression" lui causait encore des cauchemars.

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Source(s):

À l’amour, à la vie, Catherine Ceylac, éd. Flammarion, 23 octobre 2019

Le poignant témoignage de Sandrine Bonnaire sur les violences conjugales, Quotidien, TMC, 25 novembre 2019

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