Piscine : oui, on peut y attraper de graves maladies !

Publié le 04 Juillet 2019 à 12h28 par Louise Ballongue, journaliste santé
Vous avez prévu un après-midi piscine ce samedi ? Arrêtez-tout. En été, les points d’eau sont de véritables nids à microbes qui facilitent la propagation de certaines maladies aux complications potentiellement graves.

Lorsque le mercure grimpe à 35°c et que l’eau cristalline de la piscine vous fait de l'œil, se baigner devient une nécessité. Pourtant, se rafraîchir dans l’eau n’est pas sans risques. La mer, les points d’eau fermés (lacs, plans d’eau…) et les piscines publiques sont de véritables nids à microbes. Explications de Xavier Ballongue, médecin généraliste chez S.O.S Médecins.

Germes, bactéries, virus… Gare au “bouillon de culture”

Appréciées toute l’année et encore plus durant l’été, les piscines publiques accueillent volontiers les baigneurs en manque de fraîcheur.

Pourtant, elles s'avèrent dangereuses pour votre santé. Ces "nids à bactéries" peuvent transmettre des germes aux baigneurs qui peuvent à leur tour développer certaines pathologies.

Les risques de contamination augmentent d'ailleurs en été. La faute aux visiteurs, qui viennent plus et de manière plus fréquente (chacun apportant son lot de bactéries). Les piscines ouvertes sont également "à risque" puisque les produits stabilisants et le chlore peuvent plus facilement s'évaporer avec la chaleur et donc moins protéger les nageurs.

Habituellement, des prélèvements sont faits pour contrôler la propreté de l’eau. Certaines normes indiquent même aux établissements "de remettre de l’eau propre en fonction du nombre de visiteurs", mais malgré ces mesures préventives, l’eau peut être infectée.

"En vous baignant, vous pouvez attraper des virus, des bactéries, des champignons ou encore des parasites", indique le Dr Ballongue. Un risque d’infection d’autant plus important au vu de la chaleur "L"augmentation de la température de l’eau facilite la propagation des germes. L’eau devient alors un véritable bouillon de culture", alerte l’expert.

Les pathologies engendrées sont très variées : otites, gastro-entérites, troubles digestifs en tout genre (vomissements, diarrhées), salmonellose (en raison de germes fécaux présents dans l’eau), mycoses entre les doigts de pieds, infections cutanées (comme le molluscum contagiosum, une infection virale de la peau), légionellose, verrues plantaires, etc...

La légionellose, une infection pulmonaire due à la bactérie Legionella, fait partie, entre autres, des maladies graves que vous pouvez attraper à la piscine. Ce micro-organisme se développe dans l’eau douce et dans un milieu qui lui apporte des sels minéraux spécifiques. Dans 5% des cas, la légionellose provoque une atteinte pulmonaire grave.

Par ailleurs, boire la tasse est vraiment déconseillé. "Les germes contenus dans l’eau ingérées par votre corps peuvent se développer et apparaître quelques heures plus tard sous forme de vomissements, crampes d’estomac ou diarrhées”, met en garde le docteur Xavier Ballongue.

Problème : il n’existe pas de solution "miracle" pour éviter ces infections. "Les virus sont habituellement tués par l’eau de javel ou par une ébullition à 100 degrés. Or, dans la piscine ce n’est pas le cas et encore moins dans la mer”, ajoute l’expert.

Piscine et infection : des chiffres peu rassurants

Aux États-Unis, une étude scientifique a rapporté que plus de 27 000 personnes sont tombées malades à cause de l'eau de piscine ces 15 dernières années. Huit personnes sont mortes d'une infection.

En cause : la présence de cryptosporidies (parasites pathogènes pour l’homme provoquant des diarrhées), de légionelles (bactéries responsables de la légionellose), ou encore de pseudomonas, à l’origine d’infections cutanées ou viscérales, voire de septicémie. Toutes peuvent potentiellement survivre aux substances désinfectantes déversées dans les piscines.

Selon une autre étude parue dans la revue Environmental Science & Technology, les piscines publiques en France contiendraient en moyenne entre 30 et 75 litres d’urine.

Les composants de celle-ci, lorsqu’ils se mêlent au chlore, forment du chlorure de cyanogène. Cette substance peut notamment affecter les poumons, le cœur et le système nerveux central. Sans parler des autres désagréments : picotement des yeux, nez qui coule et jusqu’à l’extinction de voix. Seul moyen d’éviter tout ça : ne pas boire la tasse et bien se laver.

Quelques précautions simples à appliquer

L’ennemi numéro 1 des virus et bactéries ? Le chlore. C’est l'un des désinfectants les plus utilisés pour le traitement de l'eau puisqu’il tue les organismes pathogènes tels que les bactéries et les virus. Si vous avez une piscine chez vous, suivez les dosages prescrits pour traiter correctement votre piscine et ainsi éviter toute risque d’infection.

Dans celles publiques, renseignez-vous vous sur la date des dernières analyses bactériologiques effectuées. Si l’eau n’est pas aux normes, la piscine doit fermer.

"Quand vous vous baignez, vous devez toujours vérifier que l’eau est bien transparente et qu’elle a été correctement traitée", recommande l’expert.

Attention aussi aux points d’eau fermés : "Avec les lacs et les points d’eau non irrigués, les bactéries stagnent et se développent. Vous pouvez donc attraper plus de maladies, voire des parasites nuisibles", souligne l’expert.

Il convient ensuite de reconnaitre les symptômes alarmants liés à l’exposition aux germes dans l'eau : maux de ventres, nausées et vomissements, fièvre et déshydratation. En cas de doute, consultez en urgence votre médecin.

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