Été : 3 risques inattendus pour votre microbiote vaginal
La ménopause entraîne des bouleversements profonds dans le corps féminin, et la zone intime n'y échappe pas. Durant la saison estivale, ces changements physiologiques rendent l'écosystème vaginal particulièrement sensible aux variations de température et d'humidité.
Pourquoi la ménopause fragilise-t-elle votre été (et votre vagin) ?
La chute des œstrogènes réduit drastiquement la production de glycogène. Ce nutriment reste indispensable aux lactobacilles, les véritables gardiennes de la zone intime, indique une étude de la revue Microorganisms. En conséquence, le pH vaginal d'une femme ménopausée s'élève. Il grimpe parfois jusqu'à 6 ou 7, contre environ 4 en période de fertilité. Ce changement chimique rend la muqueuse presque aussi vulnérable aux bactéries qu'une plaie ouverte. Parallèlement, l'atrophie vulvo-vaginale affine et assèche les parois. Ce phénomène favorise les micro-lésions et les inflammations lors des pics de chaleur, souligne le site spécialisé Urologie Davody.
Protections urinaires : un risque de mycose exacerbé en été
En période de canicule, la transpiration corporelle s'ajoute à l'humidité naturelle. Pour les 25 à 40 % de femmes ménopausées concernées par les fuites urinaires, le port de protections jetables génère un effet étuve permanent, rapporte la plateforme ThéraFémina. Cette humidité stagnante accélère la prolifération de bactéries nocives et de levures comme le Candida albicans, responsable des mycoses. De plus, la chaleur augmente la sensibilité cutanée de la vulve. Le contact prolongé avec des tissus synthétiques provoque des irritations intenses par frottement, précise encore le Dr Giuseppe Martinelli du Aventino Medical Group. Mais la chaleur n’est pas la seule ennemie de la sphère intime en été. Les baignades par exemple sont aussi enpremière ligne.
Chlore et sel, une agression chimique invisible du microbiote vaginal
Les désinfectants utilisés dans les piscines éliminent les germes du bassin, mais ils attaquent aussi le biofilm protecteur du vagin. Le chlore se comporte en effet un peu comme un antibiotique de surface qui ne fait aucune distinction entre les bonnes et les mauvaises bactéries. Du côté de la mer, le sel attire l'humidité vers l'extérieur des tissus par un phénomène d'osmose saline, ce qui accentue les sensations de brûlure. Le maillot de bain enfin, quand il est conservé mouillé, modifie le pH local et favorise la vaginose bactérienne, une infection fréquente qui nécessite une consultation médicale si les symptômes persistent.
L'hygiène excessive est-elle un danger pour la flore ?
Dernier ennemi de votre vagin en été : la douche. Quand il fait chaud, la tentation de se doucher plusieurs fois par jour devient forte. L'eau seule suffit pourtant à élever le pH vaginal, tandis que les excès de nettoyage éliminent les derniers lactobacilles protecteurs, prévient la plateforme Elsie Santé. L'utilisation de gels douche parfumés trop alcalins aggrave cette vulnérabilité et provoque parfois une dermatite de contact. Les douches vaginales, souvent pratiquées pour se rafraîchir, détruisent l'écosystème interne et introduisent des bactéries opportunistes, avertit le laboratoire Physionorm.
Vagin : quels sont les bons gestes pour un été serein ?
Après chaque baignade en mer ou en piscine, rincez-vous systématiquement à l'eau claire et changez de maillot de bain pour un vêtement sec. Privilégiez des sous-vêtements en coton et des tenues amples afin de limiter la transpiration. Optez pour une toilette raisonnée avec un soin lavant doux au pH physiologique, en vous limitant à deux lavages externes par jour maximum. Enfin, buvez suffisamment d'eau tout au long de la journée pour maintenir l'hydratation de l'ensemble de vos muqueuses et favoriser l'élimination des toxines. Si vous ressentez malgré tout des brûlures ou des démangeaisons, ne tardez pas à consulter.
Afficher les sources de cet article
- Communiqué de presse Intima
- pileje.fr
- aventinomedicalgroup.com
- elsie-sante.fr
- physionorm.fr
- urologie-davody.fr