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La ménopause correspond à l’arrêt du fonctionnement ovarien, donc des règles. En général, elle survient entre 45 et 55 ans, avec une moyenne autour de 50 ans, estime l’Inserm.

Elle consiste en un arrêt de l'ovulation à cause d'un épuisement de tous les follicules primordiaux situés dans les ovaires qui sont responsables de la libération des ovocytes dans les trompes utérines. La ménopause marque l’arrêt définitif des règles et donc des cycles menstruels à cause de l'arrêt de la sécrétion d'œstrogènes.

Les manifestations observées au cours de la ménopause sont liées à l'absence de production d'œstrogènes (hormones sexuelles féminines) et varient d'intensité selon chaque personne. On retrouve notamment les fameuses bouffées de chaleur (qui concernent 80 % des ménopausées), tant redoutées par les femmes, les sueurs nocturnes ou encore la sécheresse intime.

Rassurez-vous, la ménopause implique aussi un lot d’avantages ! Malheureusement, nous avons trop tendance à les oublier.

Ménopause : exit les cycles et la contraception !

"La ménopause, si elle est un passage obligé dans la vie d’une femme, peut se vivre de façon beaucoup plus épanouie qu’autrefois. Non, atteindre la cinquantaine ne signifie pas la mise au ban de la société", nous assure le Dr Odile Bagot, médecin gynécologue, ancienne cheffe de clinique assistante des hôpitaux de Strasbourg, et auteure de Ménopause, pas de panique ! (éd. Mango).

"Certes, il y a des ménopauses qui se passent plus ou moins bien, or, on rappelle trop souvent aux femmes les symptômes contrariants de ce processus et on ne parle pas assez des nombreux avantages qui les attendent !", déplore la gynécologue.

Pour commencer, toutes celles qui subissent des cycles irréguliers, des règles abondantes ou encore des problèmes liés à une endométriose se verront soulagées à l’arrivée de la ménopause.

En outre, la ménopause met également fin au casse-tête de la contraception. Quand elle survient de façon définitive, le contraceptif peut être mis de côté. Il est d’ailleurs recommandé d'arrêter la contraception après un an d'aménorrhée chez une femme de plus de 50 ans, et après deux ans chez une femme de moins de 50 ans.

"Et si vous faites parties des femmes qui ont parfois les seins douloureux, cela devrait changer à la ménopause. A cette période, ils deviennent en principe moins douloureux", prévient le Dr Bagot.

Les avantages de la ménopause ne s’arrêtent évidemment pas là. Sexualité, pilosité, humeur…rendez-vous pages suivantes pour tout savoir !

Ménopause : "le positif, c’est la sexualité !"

Ménopause : "le positif, c’est la sexualité !"© Istock

Odile Bagot est unanime : "contrairement à ce qu’on croit, le positif à la ménopause, c’est la sexualité !". En effet, une fois que vous avez trouvé votre équilibre après ce bouleversement, votre vie sexuelle devrait être plus épanouie. Explications.

"Après l’arrivée de la ménopause, certaines femmes sont plus à l’aise avec leur sexualité"

"Si vous avez un partenaire qui vous convient et si la relation est saine, la ménopause ne va pas mettre à mal votre vie intime, bien au contraire", rassure la gynécologue. De nombreuses personnes se retrouvent enfin "femme à part entière" au moment de la ménopause. "Non seulement, on connait mieux son partenaire mais on connaît aussi mieux son corps et on se consacrent davantage à nous-même, estime le Dr Bagot. A l’âge de la ménopause, les femmes ont en principe plus confiance en elles et ont plus de temps pour décompresser. C’est un âge où, très souvent, les enfants sont plus grands, et la carrière déjà accomplie".

Un avis également partagé par la psychologue Myriam Ott Rabiet, interviewée par Medisite. "Après l’arrivée de la ménopause, certaines femmes sont plus à l’aise avec leur sexualité. Elles sont plus à l'écoute de leurs sensations, elles se connaissent mieux. Alors, le plaisir peut augmenter", nous explique-t-elle.

Une étude de la North American Menopause Society (NAMS) avait déjà prouvé que ménopause ne rimait pas avec baisse de la libido. Malgré la chute des hormones (œstrogène, progestérone) et les symptômes gênants comme la sécheresse vaginale, les femmes gardent une libido bien vivace, selon les chercheurs.

Ménopause : moins de douleurs pelviennes

De son côté, le Dr Bagot souligne aussi que les femmes ont tendance à être moins sujettes aux douleurs pelviennes après la ménopause. "Avant, on pouvait souffrir de douleurs au moment de l’ovulation. Après l’arrivée de la ménopause, ce désagrément appartiendra au passé", ajoute-t-elle.

"Certaines femmes subissent des désagréments de la ménopause dans l’intimité"

Si de nombreuses femmes vivent mal le passage à la ménopause et constatent une baisse de la libido, c’est en partie due à la sécheresse vaginale. En effet, la carence en œstrogènes entraîne souvent un manque de lubrification vaginale, qui peut ainsi être plus longue à obtenir. La muqueuse aura tendance à être plus sèche. Cela peut devenir un véritable cercle vicieux : les rapports peuvent devenir de moins en moins agréables, voire douloureux pour certaines femmes. Et ces douleurs peuvent engendrer une appréhension des rapports suivants, ce qui peut, sur le long terme, avoir un impact sur l'excitation sexuelle et sur l'envie de faire l'amour.

"Et parfois, certaines femmes subissent des désagréments de la ménopause dans l’intimité, note le Dr Bagot. Il n’est jamais agréable d’endurer une bouffée de chaleur en plein ébat. Néanmoins si vous êtes concernées par ces problèmes, vous pouvez tester un traitement en thérapies complémentaires (homéopathie, phytothérapie, acupuncture…). Et si cela ne suffit pas,il ne faut pas avoir peur du traitement hormonal. Si vous n’avez pas de contre-indication, il peut réellement vous aider. En outre, il n’augmente pas le risque de cancer du sein les cinq premières années de traitement. Il va s’agir d’un traitement à base d’hormones biosimilaires : ce sont les mêmes hormones que celles que fabriquait l’ovaire avant la ménopause".

Ménopause : plus besoin d’épiler les jambes !

Ménopause : plus besoin d’épiler les jambes !© Istock

Autre avantage indéniable de la ménopause : plus besoin de s’épiler les jambes. "Si vous faites partie des femmes qui se sont épilées toutes leur vie, vous avez épuisé le follicule pileux à force de les arracher. Donc les poils repoussent moins", annonce le Dr Bagot.

Moins de poils au niveau des jambes et des aisselles

Le système pileux évolue réellement durant la ménopause : les poils au niveau des jambes se font plus rares, au même titre que les poils sous les aisselles et sur les bras. De même la pilosité pubienne se raréfie.

Le bémol : les hormones androgènes (hormones typiquement masculines qui étaient jusque-là contrées par les oestrogènes) stimulent la pousse de poils dans des zones typiquement masculines. Ce n’est donc pas un hasard si certaines femmes ménopausées observent une légère pilosité sur certaines zones du visage, comme le menton.

On est moins frileuses à la ménopause

On est moins frileuses à la ménopause © Istock

Si vous êtes gênée par les bouffées de chaleur à la ménopause, dites-vous que vous souffrirez moins du froid cet hiver. Cela s’explique par le fait que les œstrogènes jouent un rôle dans le mécanisme par lequel l’organisme maintient sa température constante. Leur absence perturbe donc ce processus.

Une sensation soudaine de chaleur peut débuter généralement au niveau du buste et du visage et se généraliser rapidement.

Ménopause : votre organisme a chaud plus rapidement

"Il est vrai qu’à la ménopause, on a tendance à être moins frileuse, assure le Dr Bagot. Le thermostat au niveau du cerveau est réglé un peu plus haut. Quand il y a une variation de température, le corps va vouloir réagir plus vite pour évacuer la chaleur après la ménopause. Cela explique les bouffées de chaleur. Donc, il aura tendance à être plus tolérant à des températures froides".

Ce phénomène aura tendance à s'inverser une fois que la femme aura atteint un âge très avancé. Passé 70-80 ans, les personnes redeviendront plus frileuses.

On n’est moins gourmande à la ménopause

On n’est moins gourmande à la ménopause© Istock

Vous aviez du mal à ne pas craquer pour un dessert ? Vous aviez une envie pressente de sucre à l’heure du goûter ? Ces mauvaises habitudes pourraient bien être révolues à l’arrivée de la ménopause ! Cela pourrait bien être lié à l’arrêt des cycles. L’explication du Dr Bagot.

L’envie de sucre pouvait être liée à l’arrivée de vos règles

"Lorsqu’on va avoir ses règles, on peut avoir des compulsions sucrées", explique la gynécologue. En effet, la chute de la sérotonine pourrait être à l'origine de l'envie de sucre survenant avant les cycles.

Durant la phase lutéale - après l'ovulation et avant l'arrivée des règles - notre production d’œstrogène et de progestérone augmente. Cette montée d'hormones coïncide avec une baisse de notre niveau de sérotonine. On la trouve justement dans le chocolat et desserts sucrés.

Ce phénomène cesse à l’arrivée de la ménopause, ce qui peut expliquer pourquoi vous avez l’impression d’être moins gourmande. L’avantage, c’est que vous n’avez plus besoin de vous faire violence pour réduire votre consommation de sucre !

Prise de poids à la ménopause, un mythe ?

Prise de poids à la ménopause, un mythe ?© Istock

Pour beaucoup d’entre vous, ménopause rime avec prise de poids. Attention aux raccourcis ! Être ménopausée ne veut pas dire que vous allez grossir, selon le Dr Bagot qui assure même qu’à cette période, vous subirez moins de variations de poids.

Si on a tendance à prendre du poids après 40 ans, c’est lié à l’âge et à la fonte musculaire

"Prendre du poids à la ménopause est une idée reçue parfaitement fausse, rassure la gynécologue. Si on a tendance à prendre du poids après 40 ans, c’est lié à l’âge et cela concerne aussi bien les hommes. L’explication ? A cet âge, on perd de la masse musculaire. Cette dernière est chargée de brûler les calories, y compris lorsqu’on dort. Or, en cas de fonte musculaire, si on continue à manger les mêmes quantités de nourriture, on aura tendance à prendre du poids. En outre, on remarque aussi qu’on bouge moins après 40 ans. Ce sont des détails, mais avec le temps, ils auront une incidence sur le poids".

Il se trouve aussi qu’avec l’âge, vous aurez tendance à vous rabattre moins souvent sur les protéines. C’est lié à une modification des goûts et choix alimentaires qui survient lorsqu’on vieillit. Ce phénomène va aussi jouer un rôle sur la perte musculaire. "C’est un fait, on ne grossit pas à la ménopause, mais avec l’âge", ajoute le Dr Bagot.

Ménopause : pourquoi vous serez de meilleure humeur

Ménopause : pourquoi vous serez de meilleure humeur© Istock

Vous étiez sujette à un syndrome dépressif avant l’arrivée de vos règles ? Rassurez-vous, vous en avez désormais terminé si vous êtes ménopausée.

Les variations de l’humeur étaient liées aux cycles

Pour cette même raison, vous êtes susceptible d’avoir envie de chocolat à l’arrivée de vos règles. Après l'ovulation et avant l'arrivée des règles, notre production d’œstrogène et de progestérone augmente. Cette montée d'hormones coïncide avec une baisse de notre niveau de sérotonine. Ce phénomène impacte notamment notre humeur et notre émotivité, qui sont donc particulièrement touchées pendant notre cycle. Ce qui explique pourquoi le syndrome prémenstruel est généralement accompagné par une baisse de moral.

A l’arrivée de la ménopause, vous serez donc moins sujette aux variations de l’humeur.

Ménopause : vous êtes enfin une femme libre

Ménopause : vous êtes enfin une femme libre© Istock

Après avoir accepté le changement de vie lié à l’arrivée de la ménopause, "la femme va se rendre compte que maintenant elle peut penser à elle et s’épanouir. Elle peut devenir elle-même, être à l’écoute d’elle-même, de son intériorité pour trouver un sens à sa vie. Elle va savoir qui elle est et va pouvoir l’expérimenter" nous expliquait la psychologue, Myriam Ott Rabiet.

"Une ère nouvelle s’ouvre à la femme, celle de la liberté !"

Et pour cause, généralement, quand vient le moment de la ménopause, les enfants sont grands, certains ont même quitté le nid (ou ne vont pas tarder)… Une ère nouvelle s’ouvre à la femme, celle de la liberté ! "Elle se libère de ses responsabilités passées, elle peut réaliser de vieux désirs oubliés ou s’en créer de nouveaux. Certaines par exemple, reprennent leurs activités artistiques" ajoutait Myriam Ott Rabiet. D’autres se remettent au sport ou aux joies d’une après-midi détente passée à se faire masser. Le plus important c’est de pouvoir enfin prendre soin de soi".

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Sources

Merci au Dr Odile Bagot, médecin gynécologue, ancienne chef de clinique assistant des hôpitaux de Strasbourg, et auteure de Ménopause, pas de panique ! (éd. Mango).

Ménopause, Inserm

How Important Is Sex to Women as They Age?, NAMS, 28 septembre 2020

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