Ils ont six mois pour engager une réorganisation complète de leur système de prise de rendez-vous. Après la décision de l’entreprise française Doctolib, spécialisée dans la gestion des rendez-vous santé entre professionnels et patients, 5 700 praticiens seront supprimés des effectifs. Les professions concernées se trouvent du côté des naturopathes, médiums et sophrologues, non-référencés par les autorités sanitaires.

Une récente polémique à l’origine de la décision

La décision prise par Doctolib n’aura pas été fixée sur un coup de tête puisqu’elle intervient à la suite d’une récente et vive polémique. A l’été 2022, de nombreux internautes se sont révoltés à l’idée de croiser des praticiens exerçant des médecines parallèles, sur la plateforme normalement dédiée aux soignants référencés par les autorités de santé.

Doctolib s'était alors défendu, rétorquant que « 97% des praticiens utilisateurs de Doctolib sont référencés auprès du ministère de la Santé», et ajoutant que les spécialistes pointés du doigt pratiquaient pourtant une activité légale, bien qu’ils ne soient « bien sûr pas des professionnels de santé ». Le géant français s’est justifié à coup de chiffres évocateurs : « Les (rendez-vous) avec ces praticiens représentent 0,3% de la totalité des (rendez-vous) pris sur Doctolib ».

Si, face à un tel débat d’ampleur, Doctolib s’était décidé à réagir en supprimant 17 comptes de naturopathes de sa plateforme dès le mois d’août 2022, les dirigeants ont décidé de poursuivre la démarche quelques mois plus tard.

Doctolib évince les naturopathes, sophrologues et médiums

Désormais, il ne s’agit plus d’évincer une vingtaine, mais bien de plusieurs milliers de praticiens de médecines alternatives. Naturopathes, sophrologues et médiums se retrouvent alors dans la tourmente, obligés de revoir leur gestion de rendez-vous. « Même si les activités de bien-être ont leur place et sont légales, elles ne sont pas encadrées et il n'existe aucun moyen de vérifier le niveau de qualification des praticiens », a déclaré Stanislas Niox-Chateau, le fondateur de la plateforme française.

Informés par Doctolib de leur éviction, les soignants spécialisés dans le bien-être concernés par la démarche verront leur compte supprimé de la plateforme d’ici six mois. Ce délai respecte la conformité des conditions d’abonnement mises en place par le site de prise de rendez-vous.

Gain de cause pour les associations

Dès lors, du côté des professionnels de santé, l’inscription sur le site et son application mobile ne sera autorisée que pour les praticiens qui disposent d’un numéro RPPS, qui ne peut être attribué que par l’Ordre des médecins, ainsi que les soignants présentant numéro ADELI, qui recense les professions libérales également. « Nous faisons le choix de la responsabilité pour garantir aux patients une information objective et vérifiée », a déclaré Arthur Thirion, le directeur France de Doctolib.

Une décision qui n’a pas manqué de réjouir les associations de médecins mais également de patients, qui n’ont eu de cesse de dénoncer la présence de praticiens non-référencés sur la plateforme. « On a gagné ! Merci à celles et ceux qui ont œuvré pour ce résultat, merci au staff de Doctolib pour avoir su comprendre l’importance à agir», s’est empressé d’écrire le médecin Eric Marti, président du syndicat de l’Union Française pour une Médecine Libre, sur la plateforme Twitter à la suite de l’annonce de la décision.

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