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La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie auto-immune. Elle se caractérise “par la fabrication d’auto-anticorps dirigés contre la membrane synoviale des articulations”, précise le site de l’Assurance maladie. Autrement dit, c’est votre propre système immunitaire qui s’attaque à cette partie de votre organisme.

Les symptômes articulaires de la polyarthrite rhumatoïde

Cette réaction auto-immune entraîne une inflammation, qui elle-même occasionne une surproduction de liquide synovial. Résultat : “ce liquide s’accumule, la membrane synoviale s‘épaissit et l’articulation enfle”, détaille le Vidal.fr. Un enraidissement douloureux de la zone se fait sentir, la mobilité articulaire est réduite. Au fil du temps, le cartilage osseux s’érode.

Durant les premiers stades de la maladie, les douleurs et l’enraidissement sont plus fréquents le matin et en fin de nuit. Ils touchent essentiellement les poignets, les mains et les doigts, et s’accompagnent généralement d’une fatigue, d’une lassitude et/ou d’une perte d’appétit. Si le diagnostic est rapidement posé et que le patient est pris en charge à ce stade, “les traitements sont les plus efficaces et les plus prometteurs pour le long terme”, souligne l’Inserm.

Au fil des ans, la polyarthrite rhumatoïde détruit les articulations

Par la suite, la polyarthrite rhumatoïde évolue par poussées de durée variable, auxquelles succèdent des périodes de rémission. Elle s’attaque à toutes les articulations (épaules, cou, hanches, pieds, orteils…) et la destruction de ces dernières peut se voir sur les radiographies.

“Après plusieurs années, l’évolution d’une polyarthrite rhumatoïde conduit à des déformations articulaires et des destructions tendineuses”, explique l’Inserm. Des dommages irréversibles qui peuvent aboutir à la pose d’une prothèse, pour remplacer l’articulation détruite.

Vascularite rhumatoïde : une complication de la polyarthrite rhumatoïde

Si la polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie inflammatoire des articulations, elle ne se manifeste pas uniquement par des douleurs articulaires. Des éruptions cutanées peuvent aussi apparaître - même si ce n’est pas systématique.

La vascularite rhumatoïde est une forme d’éruption cutanée qui peut se développer sur vos extrémités. Elle peut être le signe que la maladie évolue et se généralise, et donc qu’elle est mal soignée. "Ce n'est pas courant, mais nous pouvons observer une vascularite rhumatoïde chez les patients atteints de PR non contrôlée", explique le Dr Juan J. Maya, du Centre de rhumatologie de Palm Beach et conseiller médical de la communauté numérique CreakyJoints, interrogé par nos confrères de Health.com. "Heureusement, en traitant la polyarthrite rhumatoïde, vous pouvez contrôler la vascularite rhumatoïde."

Vascularite rhumatoïde : des lésions cutanées caractéristiques

Concrètement, la vascularite rhumatoïde provoque une inflammation des nerfs, des douleurs articulaires et un gonflement, ainsi que des lésions rouges marbrées sur les extrémités, en particulier les jambes et les mains. "C'est une éruption cutanée impressionnante avec une apparition soudaine et qui peut être effrayante", précise le Dr Robert Koval, rhumatologue au sein du centre Texas Orthopaedics.

En plus de ces taches rouges qui apparaissent aux extrémités, la vascularite rhumatoïde peut entraîner d’autres symptômes. À savoir :

  • de la fatigue, une sensation de malaise général ;
  • de la fièvre ;
  • une perte de poids ;
  • des plaies ou des ulcères cutanés ;
  • des ecchymoses ;
  • une ischémie digitale (perte de tissu due à une diminution de la circulation) ;
  • une sclérite de l’œil (ce dernier est enflammé, il devient rouge et douloureux) ;
  • une faiblesse musculaire ou des picotements.

Dans certains cas, heureusement rares, elle peut aussi affecter vos organes interne, et même provoquer un infarctus, un AVC ou une insuffisance rénale, c’est pourquoi elle nécessite une prise en charge médicale rapide.

Polyarthrite rhumatoïde : les autres symptômes cutanés

Outre cette complication, qu’est la vascularite, la polyarthrite rhumatoïde peut entraîner d’autres symptômes cutanés. Parmi eux, on peut citer le livedo réticulaire, causé par une inflammation des vaisseaux sanguins. Il s’agit d’un “érythème violacé formant des mailles plus ou moins marquées et régulières sur la peau”, détaille la Revue médicale suisse, c’est pourquoi on le mentionne souvent sous l’appellation “marbrures de la peau”.

Le livedo peut être physiologique : dans ce cas, il est bénin et apparaît surtout lors d’une exposition au froid, essentiellement sur les membres inférieurs. Ou bien pathologique, c’est-à-dire qu’il est causé par une maladie sous-jacente : cancer, hypothyroïdie, septicémie, embolie, trouble vasomoteur, arthrite… ou encore la polyarthrite rhumatoïde.

Polyarthrite rhumatoïde : un risque accru d'urticaire et d'eczéma

Fréquemment, la PR est associée à de l’urticaire ou de l’eczéma. Ainsi, des chercheurs ont écrit dans la revue Autoimmune Disease of the Skin que nous aurions “des preuves croissantes” selon lesquelles jusqu'à la moitié de tous les cas inexpliqués d'urticaire chronique peuvent être dus à une maladie auto-immune sous-jacente. De même, une méta-analyse publiée en 2021 dans Allergy, Asthma & Clinical Immunology révèle que les personnes atteintes d'eczéma (ou dermatite atopique) courent un risque plus élevé de maladie auto-immune, y compris la polyarthrite rhumatoïde.

Plus rarement, cette pathologie inflammatoire chronique peut aussi être associée à une dermatite rhumatoïde neutrophile. Cette dernière se manifeste par des bosses rouges, des nodules ou des plaques qui démangent. Elle survient plus souvent chez les personnes souffrant d’arthrite sévère que dans un contexte de polyarthrite rhumatoïde.

Éruptions cutanées : un effet secondaire possible des traitements

Enfin, les traitements utilisés pour combattre la polyarthrite rhumatoïde peuvent aussi être à l’origine d’éruptions cutanées. Il s’agit d’un effet secondaire possible de plusieurs médicaments oraux, notamment :

  • méthotrexate ;
  • hydroxychloroquine ;
  • célécoxib ;
  • diclofénac ;
  • tolmétine ;
  • ibuprofène/naproxène.

“De plus, les solutions injectables peuvent provoquer des éruptions cutanées localement au niveau du point d'injection, et des médicaments comme la prednisone sont susceptibles d’affiner la peau, ce qui peut la rendre plus sensible aux ecchymoses et aux déchirures”, explique l’organisation CreakyJoints.

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Sources

Rheumatoid Arthritis Rashes: 5 Types of Skin Irritations Associated With RA, Health.com, 1 février 2022. 

Comprendre la polyarthrite rhumatoïde, Ameli.fr, 3 janvier 2022. 

Polyarthrite rhumatoïde, Vidal.fr, 10 décembre 2021. 

Polyarthrite rhumatoïde, Inserm, 1 mai 2017. 

Le livedo : physiopathologie et diagnostic, Revue médicale suisse, 4 avril 2018. 

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