Renouvellement de lunettes : plus besoin d'ophtalmo ?

Publié par Edouard Korvaul
le 06/09/2026
opticienne qui tient des lunettes
Istock
Photo d'illustration
Obtenir de nouvelles lunettes sans consulter un ophtalmologiste est désormais possible grâce aux compétences élargies des opticiens et orthoptistes. Pour qui et quelles limites à ce nouveau parcours de soin ? Voici tout ce qu’il faut savoir.
 

Pour fluidifier le parcours et réduire les délais d'attente, l'accès aux équipements optiques a fait l'objet de plusieurs réformes en France dernièrement. Les assurés peuvent ainsi renouveler ou adapter leur correction sans repasser systématiquement par le cabinet médical de l’ophtalmologiste.

Validité de l'ordonnance pour de nouvelles lunettes : quelles sont les règles selon votre âge ?

Selon les critères fixés par l'Assurance maladie, la durée de réutilisation d'une ordonnance dépend directement de l'âge du patient. La prescription reste valable 1 an pour les moins de 16 ans, 5 ans pour les personnes âgées de 16 à 42 ans, et 3 ans à partir de 43 ans. Pour les lentilles de contact, la validité est de 1 an avant 16 ans et de 3 ans dès 16 ans.

Dans tous les cas, pour bénéficier du remboursement de la Sécurité sociale et de la complémentaire santé, la présentation de l'ordonnance originale en cours de validité demeure obligatoire au moment de l'achat chez le professionnel de santé.

Adaptation de la correction : le rôle direct de l'opticien

L'opticien est désormais habilité à réaliser un examen de en magasin afin de délivrer de nouveaux verres adaptés à l'évolution de la vue. Cet ajustement reste toutefois interdit si l'ophtalmologiste a inscrit une mention d'opposition expresse sur l’ordonnance initiale. Dans le cadre de son devoir de suivi, l'opticien doit obligatoirement transmettre une fiche d'adaptation au médecin ophtalmologue prescripteur pour consigner la modification au dossier médical.

En cas d'urgence avérée, telle qu'une perte ou la casse des verres correcteurs, l'opticien peut remplacer les verres sans ordonnance valide, cette situation entre dans un cadre sanitaire d'exception strictement encadré.

Primo-prescription : l'accès direct chez l'orthoptiste

Les patients âgés de 16 à 42 ans peuvent désormais consulter un orthoptiste en accès direct pour un bilan visuel et l'obtention d'une première ordonnance de verres correcteurs, sans passer par un médecin. Les orthoptistes sont également habilités à renouveler les prescriptions de lunettes datant de moins de 5 ans et celles de lentilles datant de moins de 3 ans.

Ce parcours sans ophtalmologiste exclut toutefois plusieurs situations cliniques : une correction élevée (comme un astigmatisme supérieur ou égal à 1 dioptrie ou une myopie supérieure ou égale à 3 dioptries), une baisse brutale de vision ou des pathologies générales comme le diabète, qui nécessitent une consultation obligatoire chez le médecin spécialiste.

Ordonnances express en magasin : les alertes des spécialistes

Une dernière tendance inquiète en revanche les ophtalmologistes. Le déploiement de bornes de téléexpertise qui délivrent des ordonnances en boutique en quelques heures, validées à distance sans contact direct avec le médecin prescripteur. D'après les données de l'assureur Alan citées par le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), ces pratiques concernent majoritairement les grandes métropoles et ne comblent pas les déserts médicaux.

Dans un communiqué relayé par le Figaro le 3 septembre dernier, le docteur Vincent Dedes, président du Snof, alerte sur le risque de sous-détection du glaucome, une pathologie silencieuse touchant entre 400 000 et 500 000 personnes en France sans symptôme initial. Cette affection cécitante nécessite une mesure de la pression intraoculaire et l'examen du fond d'œil en consultation physique. La loi de lutte contre la fraude rappelle d'ailleurs l'obligation d'un échange direct entre le soignant et le patient lors de toute prescription.

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