Né dans l’archipel du Japon au XVIè siècle, le Kintsugi se démarque des autres techniques de restauration par sa volonté assumée de sublimer les cassures plutôt que de les masquer. Medisite vous aide à adopter cette philosophie qui permet de retrouver paix et sérénité, avec Myriam Greff, artiste Kintsugi et Céline Santini, coach et auteure de Kintsugi et l’art de la résilience (éd. First).

"À la frontière entre l’art et l’artisanat, il utilise comme médium principal la laque du Japon, formée après traitement de la résine d'un arbre asiatique appelé laquier", détaille Myriam Greff. Très adhérente, cette laque saupoudrée de poudre d’or permet de recoller entre elles les brisures de céramique pour magnifier l’objet endommagé.

"Bien qu’au départ, l’aspect thérapeutique du kintsugi n’ait pas été clairement évoqué, il y a toujours eu cette idée sous-jacente d’accepter la beauté de l’imperfection", explique Céline Santini. Aujourd’hui, les personnes qui emploient les services d’un artiste kintsugi pour réparer un objet, le font très souvent, plus ou moins consciemment, dans une démarche de mieux être.

Quelle que soit la blessure, il y a toujours moyen de la réparer

Le kintsugi trouve son inspiration dans le wabi-sabi, un concept esthétique et spirituel dérivé des principes boudhistes et taoïstes. Evoqué dès le XV è siècle dans la littérature japonaise, le wabi-sabi invite à apprécier la beauté à travers le temps qui passe et les épreuves vécues. La perfection est désacralisée, et ce sont avant tout l’usure naturelle et les fêlures d’un objet qui contribue à sa beauté. À l’ère de l’éphémère, du jetable et du neuf, le kintsugi se démarque en cultivant l’art de l’imperfection et de l’authentique.

"Le wabi-sabi - et par extension le kintsugi - véhiculent également un message très optimiste d’espoir : quelle que soit la blessure, il y a toujours moyen de la réparer.

"Inutile donc de rester recroquevillé dans un coin avec la peur de souffrir ou de se blesser, cet art est une invitation à vivre sans retenue", ajoute Céline Santini.

Une dimension thérapeutique en plusieurs approches

Le kintsugi nous invite donc à faire d’une force nos failles et nos fêlures, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Mais comment accéder aux bienfaits de cette technique ? "Il y a plusieurs dimensions thérapeutiques au kintsugi", explique Céline Santini. La simple contemplation d’un objet réparé, l’initiation à la technique, ou encore la sollicitation d’un artiste pour réparer un objet personnel, sont tout autant de moyens d’entrer dans un processus de résilience.

Contempler un objet Kintsugi peut être salvateur

C’est sans doute la façon la plus accessible d’aborder le kintsugi et ses bienfaits. Et c’est d’ailleurs ainsi que Céline Santini a débuté son expérience avec cette art-thérapie, alors qu’elle était en plein divorce. "Le simple fait de s’intéresser à la méthode, à regarder des photos ou contempler un objet Kintsugi peut être salvateur : aussi cassé et meurtri a-t-il pu être, l’objet est transcendé, fort et solide, prêt à aborder une seconde vie", décrit l’auteure.
Premier pas dans le processus de résilience, certains s’en contenteront pour tourner une page difficile.

Le Kintsugi redonne espoir à des personnes victimes de maladies longues

C’est depuis qu’elle s’est formée au kintsugi et qu’elle répare chaque jour des objets cassés confiés par ses clients que Myriam Greff palpe réellement la dimension thérapeutique de la pratique. La restauratrice est passée de l’art de camoufler - avec les techniques traditionnelles de réparation - à l’art de magnifier avec le kintsugi. "Le rapport à la clientèle a complètement changé : je rentre tout de suite dans l’intimité des gens, qui me racontent toujours pourquoi ils veulent faire restaurer leur objet avec cette technique-là", raconte l’artiste. Elle a par exemple souvent affaire à des personnes guéries de maladies longues ou rescapées d’accidents de la route. "En me confiant un objet cassé, ces clients se redonnent de l’espoir à eux-mêmes : ils ne sont plus exactement comme avant, mais ne veulent pas cacher leurs fêlures", résume Myriam Greff.

Les choses se réparent en nous au gré de l’exercice

Si le Kintsugi dans les règles de l’art ne s’improvise pas, et demande une grande expertise qui n’est pas à la portée de tous, il en existe des variantes, plus accessibles et aussi moins onéreuses. "On peut tout à fait s’initier à la pratique du kintsugi, avec des matériaux moins précieux et une technique moins exigeante, qui permettent néanmoins d’en apprécier les vertus", assure Céline Santini qui s’est elle-même prêtée à l’exercice. "Pratiquer soi-même ajoute une dimension supplémentaire à l’aspect thérapeutique de la pratique : c’est un travail de résilience magnifique, les choses se réparent en nous au gré de l’exercice !", conclut l’auteure.

Ikigaï : comment trouver un sens à sa vie ?

Les philosophies de vie japonaises sont nombreuses et expliquent probablement leur incroyable longévité. L’ikigaï est par exemple un concept essentiel au Japon pour mettre du sens dans sa vie. "Ikigaï" ou “生き甲斐” en écriture japonaise, peut se traduire par "ce qui me donne de la joie" ou "ce qui me donne envie de me lever le matin" en français. Il s'agit en réalité d'une philosophie de vie à adopter au quotidien afin de s'interroger sur le sens de notre vie et les objectifs que nous souhaitons lui donner. Héctor Garcia et Francesc Miralles, deux auteurs espagnols passionnés par le Japon, expliquent en préambule de leur livre La Méthode ikigaï, découvrez votre mission de vie, que cette philosophie correspond "au sens de la vie, à ce qui nous fait nous lever chaque matin avec enthousiasme".

Si vous souhaitez trouver votre ikigaï, il suffit de vous poser ces 4 questions :

  • "Qu’est-ce que j’aime faire ?" : cela concerne votre passion, les tâches que vous aimez accomplir au quotidien, etc.
  • "En quoi suis-je doué(e) ?" : cela représente votre vocation, ce pourquoi vous avez un don presque inné.
  • "De quoi le monde a-t-il besoin ?" : cette question est certainement plus délicate à répondre, et il n’y a évidemment pas de “bonne réponse”, mais une réponse personnelle qui correspond à sa propre mission de vie.
  • "En quoi suis-je rémunéré(e) et est-il possible de se faire rémunérer de cette façon ?" : trouver sa raison de vivre est une bonne chose, mais pouvoir en faire sa profession permet d’atteindre son ikigaï avec succès.

Une fois que vous aurez répondu à ces quatre questions,votre ikigaï devrait se révéler par lui-même. Il s’agira forcément d’une activité qui vous passionne, qui vous permet d’exprimer vos talents, qui a un sens pour vous et pour la société, et au mieux, qui est suffisamment bien payée pour vous permettre de vivre comme vous le souhaitez.

Sources

Merci à Myriam Greff, artiste Kintsugi et Céline Santini, coach et auteure de Kintsugi et l’art de la résilience, éd. First

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