Qu'est-ce que l'angine de poitrine ?

L’angine de poitrine est caractérisée par une violente douleur thoracique, le plus souvent déclenchée par l’effort physique. Elle témoigne d’une maladie cardiovasculaire. Symptômes, diagnostic, traitements, prévention : tout ce qu’il faut savoir pour réagir rapidement face à une crise.

Définition

L’angine de poitrine, que l’on appelle aussi « angor », est un symptôme cardiaque caractérisé par une douleur thoracique oppressante résultant d’un manque d’oxygène au niveau du muscle cardiaque dû à un « encrassement » des artères coronaires. Cette vive douleur se manifeste la plupart du temps au cours d’un effort physique ou durant un épisode de stress important pour finalement céder en quelques minutes au repos. Le siège de la douleur se situe au niveau de la poitrine, mais elle peut parfois irradier dans le bras gauche, l’épaule ou la mâchoire.

Illustration : représentation de la douleur de la poitrine dans l'infarctus aigu

 Illustration : représentation de la douleur de la poitrine dans l'infarctus aigu© Creative Commons

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On distingue 2 types d’angines de poitrine, l'angor stable et instable :

L’angor stable

Il survient lors d’un effort important au cours duquel le muscle cardiaque augmente sa consommation en oxygène. La douleur est de courte durée (moins de 15 minutes) et rapidement calmée par la prise de trinitrine et la mise au repos. On parle d’angine de poitrine stable car la douleur conserve les mêmes caractéristiques au fil du temps. Conditions de survenue, intensité et seuil d’apparition de la douleur restent identiques à chaque crise.

Une prise en charge médicale globale est dans ce cas nécessaire afin d’éviter que la maladie n’évolue insidieusement vers une insuffisance cardiaque.

L’angor instable

Il témoigne d’une insuffisance coronarienne aigüe. Contrairement à la première, l’angine de poitrine dite instable, il apparaît au cours d’efforts minimes, voire même au repos. Il correspond à une rupture de plaque d’athérome entraînant l’occlusion partielle d’une artère coronaire.

Résistant à la trinitrine, il peut conduire à une crise prolongée et doit être considérée comme une menace imminente d’infarctus du myocarde. Une hospitalisation d’urgence en milieu cardiologique s’impose dans ce cas.

Chiffres

L’angine de poitrine est une affection relativement fréquente. On estime qu’elle touche aujourd’hui plus de 10% des plus de 65 ans dans l’Hexagone.

Dans 9 cas sur 10, l'angine de poitrine  est liée à l'athérosclérose (diminution du calibre des artères coronaires). Le cœur n'est alors plus suffisamment irrigué. Les manifestations d'angor apparaissent lorsque le diamètre artériel est réduit d'au moins 50 %.

Symptômes

Le signe caractéristique d’une crise d’angor est une vive douleur ressentie derrière le sternum de type serrement en étau. Il arrive que cette douleur irradie au niveau du cou, de la gorge, de la mâchoire, des épaules ou au niveau de l’estomac.

D’autres symptômes peuvent accompagner une crise d’angor :

  • Crampes, sensation de brûlures ;
  • difficultés à respirer ;
  • vertiges, transpiration ;
  • état de fatigue inhabituelle.

Selon l’importance des lésions des artères coronaires, cette douleur peut se produire lors d’efforts minimes (marche, toilette, habillage) ou au contraire n’apparaître que lors d’activités physiques intenses. Certains facteurs comme le froid, le stress, la marche contre le vent ou les fortes chaleurs peuvent déclencher une crise.

La douleur de l’angine de poitrine disparaît complètement quelques minutes après l’arrêt de l’effort ou après la prise de trinitrine en comprimé ou en spray à pulvériser sous la langue. C’est la différence essentielle avec la douleur de l’infarctus qui persiste malgré la prise de médicaments.

A noter : la survenue d’une angine de poitrine peut parfois être beaucoup moins typique, notamment lorsqu’elle survient chez une personne âgée. Dans ce dernier cas, les symptômes peuvent se limiter à quelques signes digestifs, une fatigue ou un essoufflement soudain. L’angor peut même survenir de manière silencieuse, en particulier chez les sujets diabétiques.

Photo : il arrive que la douleur irradie au niveau du cou, de la gorge, de la mâchoire

Photo : il arrive que la douleur irradie au niveau du cou, de la gorge, de la mâchoire© Fotolia

Causes

Cette maladie artérielle chronique survient lorsque des plaques d’athérome (dépôts de cholestérol présents en excès dans le sang) se forment au niveau des artères, réduisant ainsi leur diamètre. Dès lors, le taux d’oxygène apporté au cœur diminue.

Plus rarement, les causes ci-dessous peuvent provoquer une angine de poitrine :

  • Une myocardiopathie,
  • ou des lésions des valves cardiaques.

Facteurs de risque

L’âge

L’angine de poitrine augmente progressivement avec l’âge. On note une prévalence chez les personnes de plus de 50 ans.

  • Le sexe : les hommes sont plus touchés que les femmes.
  • Le tabagisme : il constitue de manière générale un facteur de risque important des maladies coronariennes. Le tabac favorise l’athérosclérose en entraînant un spasme des artères et donc une atteinte de leur vasomotricité.
  • L’hérédité : l’existence d’antécédents familiaux d’accident cardiaque précoce constitue un facteur de risque cardiovasculaire important.
  • La sédentarité : l’absence d’activité physique régulière encourage l’apparition d’une crise d’angor.

Personnes à risque

Les personnes souffrant de diabète, d'un excès de cholestérol, d'hypertension artérielle ou d'obésité sont plus à risque de développer une angine de poitrine.

Durée

L'angine de poitrine est une maladie chronique. Elle nécessite un suivi médical régulier et une bonne hygiène de vie pour en limiter la survenue.

Contagion

Il n’existe aucun risque de contagion en cas d’angine de poitrine, et ce, quelle qu’en soit la forme.

Qui, quand consulter ?

Il est essentiel de consulter dès l’apparition de douleurs vives et soudaines dans la poitrine.

Le bilan d'une douleur thoracique est réalisé par le médecin traitant, en coordination avec un cardiologue. L’origine cardiaque de la douleur ainsi que les facteurs de risque cardiovasculaires sont alors recherchés.

Le spécialiste jugera ensuite de la nécessité de poursuivre les examens cardiologiques.  

Quoi qu’il en soit, en cas de douleur dans la poitrine persistante après la prise du traitement anti-angineux, ou prolongée de plus de 15 minutes, il faut immédiatement appeler le 15 (SAMU).

Photo : une douleur de poitrine persistant plus de 15 minute doit faire appeler le SAMU (15)

Photo : une douleur de poitrine persistant plus de 15 minute doit faire appeler le SAMU (15)© Adobe Stock

Complications

L’angine de poitrine est un avertissement du cœur qui souffre d’un manque d’oxygène. Elle doit donc être rapidement prise en charge pour éviter de graves complications telles qu’un infarctus. En effet, bien que la douleur thoracique associée à la crise d’angor finisse par disparaître, la maladie coronarienne doit de toute façon être traitée.

C’est une maladie qui évolue en général très lentement, pendant plusieurs années, de façon relativement stable.

Toutefois, les décompensations sont rares mais imprévisibles et peuvent prendre la forme :

  • D’une aggravation des symptômes : l’angine de poitrine devient très fréquente, invalidante "au moindre effort", au point de ne plus pouvoir avoir une vie normale.
  • D’un infarctus, qu’il faut suspecter chaque fois qu’une douleur se prolonge plus de trente minutes malgré la prise de trinitrine.

Examens et analyses

En général, le diagnostic est posé à partir des symptômes décrits au médecin puisque l’électrocardiogramme ou l’échographie cardiaque sont normaux en dehors des crises dans la plupart des cas.

Il est possible d’étayer le diagnostic par un test d’effort fait sous contrôle médical. Il sera considéré comme positif si une douleur d’angor est associée à des modifications de l’électrocardiogramme. Cette épreuve d’effort peut être couplée à une échographie ou à une scintigraphie cardiaque pour observer un éventuel rétrécissement de l’artère coronaire.

Mais la coronarographie reste l’examen de référence pour évaluer l’état des coronaires et apprécier la gravité de la maladie. Cet examen consiste à injecter un produit de contraste iodé dans les artères coronaires qui deviennent opaques aux rayons X. La radiographie permet alors d’évaluer l’état de ces artères.

Photo : appareil de radioscopie utilisé en salle de vasculaire

Photo : appareil de radioscopie utilisé en salle de vasculaire© Creative Commons

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Parallèlement, on effectue un bilan sanguin pour dépister un éventuel diabète ou un excès de cholestérol.

Traitements

Les traitements prescrits ont un triple objectif : diminuer la fréquence des crises d’angine de poitrine, réduire le risque de survenue d’un infarctus et ralentir la progression de l’athérosclérose.

Le traitement médicamenteux

Le traitement de la crise

La trinitrine en spray sublingual, en comprimés ou en timbres à coller sur la peau sont administrés pour soulager la douleur rapidement. Ce type de molécules d’action immédiate favorisent une dilatation des veines et des artères permettant ainsi de faciliter le travail du cœur.

Le traitement de fond

Il peut comporter différentes familles de médicaments prescrits au cas par cas. On retrouve principalement :  

  • L’aspirine à petites doses qui prévient la formation de caillots sanguins responsables d’une obstruction des artères coronaires.
  • Les bêtabloquants qui ralentissent le cœur, diminuent son travail, le protègent contre les troubles du rythme et préviennent les récidives. Ils sont généralement prescrits après un infarctus. Lorsque ces derniers sont contre-indiqués, des inhibiteurs calciques peuvent être administrés pour dilater les artères du patient.
  • Un hypocholestérolémiant de la famille des statines, en même temps qu'un régime bien conduit, pour faire baisser le taux de cholestérol.

Quels sont les traitements chirurgicaux ?

Réponse du Docteur Fabien Guez, cardiologueà Paris :

"Outre le traitement médicamenteux, il est parfois nécessaire de traiter directement le rétrécissement lors d’une coronarographie.

Il s’agit d’une angioplastie qui à l’aide d’un ballon que l’on va gonfler au niveau du rétrécissement va 'l’écraser'. Pour éviter que le rétrécissement ne se reconstitue, on place un ressort, un stent.

On peut aussi traiter le rétrécissement d’une ou plusieurs coronaires en ouvrant le thorax et en réalisant un pontage aorto-coronarien, sorte de pont entre l’aorte et les rétrécissements à l’aide de veine ou artère prélevées sur le patient pendant l’intervention".

Ce type de traitement est proposé aux patients présentant des lésions très sévères ou à ceux mal contrôlés par le traitement médical. Il reste cependant nécessaire de poursuivre un traitement médical après angioplastie ou pontage.

Photo : chirurgie cardiaque

Photo : chirurgie cardiaque© Creative Commons

Crédit : Jerry Hecht — http://fmp.cit.nih.gov/hi/ - Image ID: 657 C © CC/Domaine public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Coronary_artery_bypass_surgery_Image_657C-PH.jpg

Prévention

Corriger les facteurs de risque et adopter des règles hygiéno-diététiques est fondamental pour éviter les risques de récidive et préserver sa santé cardiaque.

La conduire à tenir est donc la suivante :

  • Arrêter sa consommation de tabac.
  • Pratiquer une activité physique modérée mais régulière. Les sports dits d’endurance sont les plus adaptés (natation, marche) à raison de 30 minutes par jour et avec l’accord du médecin.
  • Adopter un régime alimentaire équilibré et sans graisses saturées pour normaliser son cholestérol.
  • Perdre du poids en cas de surcharge pondérale.
  • Traiter toute pathologie sous-jacente comme un diabète ou l’hypertension par exemple.

Le respect de ces mesures permet de ralentir la progression de l’athérosclérose et de diminuer significativement le risque de développer une angine de poitrine.

Sites d’informations et associations

La Fédération française de cardiologie

La Fondation Cœur et Artères

La Société française de cardiologie

Source(s):

Le site de l'Assurance Maladie sur l'angine de poitrine:

https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/angine-poitrine/comprendre-angine-poitrine#text_1314

Le site de l'Inserm sur l'athérosclérose :

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/atherosclerose

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